CHAPITRE VIII
La France, où les croisements se sont opérés au hasard, est, malgré cela, le corps social le plus uni, le plus parfait qu’il y ait au monde. Que serait-ce si la physiologie les eût dirigés méthodiquement?
Elle est privée actuellement de quelques aptitudes que son mélange avec d’autres races lui aurait imprimées. Plus tard, nous l’espérons, la création et surtout le mode d’administration de sa colonie algérienne, des relations génésiques avec l’Orient, l’Inde, voire meme la Chine, mêleront son sang à celui de ces races. Alors elle sera plus parfaite qu’elle ne l’est aujourd’hui.
Voici comment elle possède le caractère national le plus complet qui soit sur le glohe.
Du Germain, elle tient son esprit généralisateur; de ribérien, son penchant à l’indépendance; du Grec, son goût pour les beaux-arts; et du Celte, ses sympathies si vives pour tous les opprimés. En termes plus généraux, la France reçoit de la race brune le désir de la liberté et la foi, c’est-à-dire la croyance sans examen, et de la race blonde V amour humanitaire et la sociabilité.
Aussi , dès que ces races se furent mises en contact sur le sol de la Gaule , dès que ces éléments primitivement opposés eurent été jetés dans le creuset d’où devait sortir la nationalité française , les conséquences de ce haut fait social n’échappèrent point à l’œil clairvoyant des papes, alors les possesseurs de l’idée la plus féconde de la terre. Ils j)révirent le rdle providentiel d’une nation qui, la première, s’uniformant avec des éléments hostiles et si complètement
DES RACES PRIMITIVES DE L’EUROPE
hétérogènes, proclamait en actions ce principe de Jésus-Christ, tous les hommes sont frères. Prêtres du paganisme, ils l’auraient appelée une nouvelle Pandore; car, en effet, vu les croisements qui s’effectuaient dans son sein, elle réunissait bien des qualités; ministres de l’Evangile, ils la nommèrent fille aînée de V Eglise^ c’est-à-dire peuple choisi et élu pour défendre la civilisation, pour y initier le genre humain , pour colporter par la force matérielle et la force morale ces mots, source première de la palingénésie nouvelle , amour, égalité fr ai ernité-
Ah certes! depuis cette époque elle a bien justitié ce nom donné par l’espérance.
V'ers le milieu du cinquième siècle, les peuples sur lesquels reposait l’avenir de la société européenne commençaient à s’organiser sous les ailes du christianisme, lorsque tout à coup apparaît le plus terrible enfant que les steppes de l’Asie septentrionale aient lancé sur l’Europe , cet Attila, roi d’une race d’hommes comme on n’en avait jamais vus en Europe. A leur teint basané , leur taille courte et trapue , leurs grandes oreilles , leur nez aplati , leurs yeux obliques; à les voir possédés du génie de la destruction , on les prend pour. des êtres hybrides, issus du commerce des sorcières de la Tartarie avec les dihnons. Infatigables dévastateurs du présent et du passé, ils prennent pour devise : Le roi des Huns est le fléau de Dieu, Oh son cheval passe llierhe cesse de croître!
Les populations, du Volga jusqu’au Rhin, de la mer Xoire à la Baltique , sont broyées sous leurs pieds , ou font cause commune avec eux. La Grèce et