‹ Études sur l'Algérie et l'AfriqueChapitre 111 sur 135 · CHAPITRE VIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII

(le tableau des dan^jers du cliristianismë n’a rien d’exagéré. Si les Arabes avaient assujetti la Gaule, ils y auraient versé des essaims de leurs coreligionnaires, ils y auraient créé un centre vital. Ayant des émirats à Bordeaux, à Toulouse, à Lyon, à Paris, comme ils en avaient à (irenade et Cordoue , ils auraient franchi la Manche comme ils avaient franchi la Méditerranée. Le Rhin et le Danube auraient courbé leur dos humide sous les pas de leurs guerriers, comme l’avaient fait le Tage , l’Ebre et la (îaronne. Leurs flottes déposaient dans le golfe de Gènes des colonies syriennes et africaines. Constantinople, prise à revers , devenait capitale ou ville des califes. L’Italie et la Grèce subissaient la circoncision.

C’était là l’espoir des Musulmans ; de longue main ils avaient préparé la réalisation de leurs projets.

Qu’étaient alors les nations chrétiennes ? L’Espagne haletait sous le cimeterre , l’Italie était sans unité , la Grèce avait épuisé son énergie dans les disputes religieuses , l’Angleterre était au berceau, la Germanie était cernée au nord et à l’est parles Slaves, Tartares et autres nations pastorales qui auraient tendu la main aux pasteurs de l’Arabie et de l’Afrique. Si la Gaule eut été conquise , aucun obstacle n’empécliait les vagues du mahométisme , se précipitant par Gibraltar, de se réunira celles qui seraient parties du Bosphore de Tbrace. L’arbre du christianisme était si tendre! le vent du midi l’aurait desséché dans son germe ou |)rofondément altéré ses produits. L’Europe serait devenue musulmane plus vite et plus longtemps qu’elle ne fut romaine.

DES RACES PRIMITIVES DE L’EUROPE

Lecteurs érudits, vous connaissez , parnii les habitants des mers , le poulpe , céphalopode que sa forme et son caractère ont fait prendre pour üh monstre. Sans système osseux, ayant un corps cartilagineux et facile à entamer vers son centre, il est néanmoins fort redoutable , par la force et la longueur de ses nombreux tentacules, l eut-il saisir une proie , il jette sur elle un dé ses lougs bras , puis im deuxième, puis un troisième, et ainsi de suite, jusqu’à ce que, entassée dans des contours inextricables, elle ne puisse plus échapper. Les nageurs sont voués à une mort certaine, si, aussitôt que le premier tentacule les a atteints, ils ne parviennent pas à le couper ou à farracber du corps de l’animal; s’ils le font rapideinent, le poulpe, étonné, lance ailleurs ses tentacules ou les replie sous lui-méme, n’bsant plus attaquer , et quelquefois se laisse enlever sans résistance.

Tel était f islamisme au huitième siècle. S’il était jiarvenu à enlacer la Gaule , il jetait un autres de ses tentacules sur Constantinople et la Germanie, un autre sur l’Italie, et, les réunissant les uns aux autres, il enserrait l’Europe d’une étreinte mortelle.

Mais la France veillait encore pour le salut de l’Europe et de la chrétienté. Nouveau Jérémie, qui vous apprêtiez à pleurer la ruine de la nouvelle Jérusalem, qui tressiez déjà le voile de ses funérailles, chantez Hosanna! préparez les couronnes! Charles Martel s’avance, et, dans les champs de Poitiers 732 et de Narbonne* 737 , il va broyer le tentacule du poulpe musulman. L’hydre de l’Asie n’osera plus jeter ses autres bras sur l’Europe occidentale; pendant dek

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