CHAPITRE IX
et la physiologie ne peuvent pas méconnaître, entraîne latalement l’oppression de la race. Les blancs et les métis négro-blancs l’oppriment avec une cruelle persévérance. Les Européens s’abattent sur elle de tous les points de l’Afrique maritime; les Arabes de l’Asie par le Zanzibar, les Egyptiens par le Sennaar, pai* le Dongolab et le Kordafan ; les Barbaresques, par le Bournou, le Soudan, la Sénégambie ; les métis, tels que les Eellatahs, la traquent sur les bords du Sénégal, de la Gambie et du Niger; les Touarik la traquent par toute la lisière méridionale du Sahara. Quatre cent mille noirs ont maintes fois été enlevés dans un an tant par terre que par mer. Le terme moyen a été longtemps de 150,000 livrés aux négriers, et , de 150,000 tués dans les guerres que la traite occasionne.
Comment interrompre ce fléau?
D’ici à de longues années il sera impossible de l’empêcher dans l’Afrique centrale. Quelle influence pourra-t-on exercer sur les Eellatahs, les Touarik, les Barbaresques, soit des oasis, soit de la rive droite du Sénégal ?
Ainsi , attendons que quelque voie mystérieuse de la Providence, que quelque crise imprévue de l’huinanité supprime la traite et l’esclavage dans Tintérieur.
Mais en dehors de l’Afrique , en Amérique , il y a sept millions de noirs, esclaves ou privés de tous leurs droits. C’est à eux qu’on peut apporter un remède salutaire.
Ce remède, c’est de relever la race de son infériorité par l’intromission en elle d’éléments nouveaux.
ITILITl': ET NÉCESSITÉ DES CROISEMEXTS.
Eli d’uiitres tormos, c e^i déformer des croisements entre elle et la race blanche.
Que les gouverneiiieiits, que les abolitionistes, que tous ceux qui prennent à cœur les malheurs de l’esclavage travaillent à développer les croisements. Alors, dés la première génération, il surgira des métis qui auront en eux les aptitudes manquant à la race noire.
Admettons que dans un ou deux siècles les trois millions d’esclaves noirs qui vivent au Brésil, et que les 2 millions 700 mille qui vivent aux Etats-Unis soient remplacés par des mulâtres : alors bien certainement, la nouvelle race étant douée de nouvelles facultés, ayant l’intelligence du blanc et l’imagination du noir, n’aura plus besoin de protecteurs. Elle saura conquérir sa liberté et, en face des partisans de l’esclavage, constituer une nation puissante. Alors elle pourra employer utilement contre ses oppresseurs la parole, les écrits, aussi bien que le fer et le feu, et l’iin ou l’autre de ces procédés sera une juste représaillc, une équitable nécessité. Elle pourra indubitablement mener à bonne fin sa transformation sociale et tenir son rang parmi les nations civilisées.
Dans quelque vallée des fleuves de fAmérique méridionale , il s’établira un jour une nation composée d’bommes de couleur. Là, tels que les anciens Egyptiens qui provenaient d’un mélange blanco-noir, elle étonnera nos arrière-neveux par les merveilles de sa civilisation.
Le Brésil est la contrée qui me semble destinée à ce pbénomène. Là se grouperont les mulâtres de la