CHAPITRE XI
de lettres, au lieu de re^doubler de zèle, afin de dominer la mauvaise fortune, cherche à obtenir un emploi du gouvernement. Cela restreint les forces indépendantes et productives de la société.
Là ou ils sont nombreux , comme en Algérie, une grande partie d’entre eux n’a rien à faire , de sorte que les contribuables les payent gratuitement. Ne créant pas de valeurs matérielles, d’une part; de l’autre, pouvant faire de fortes dépenses personnelles à l’aide de leur traitement, ils augmentent la cherté de la vie. De là, ils sont une cause de gêne pour la population. Les meilleurs d’entre eux ont peine à se débarrasser de cet esprit de corps qui les porte à mettre les avantages de leur administration au-dessus des intérêts généraux.
Pour ces motifs, la France doit renvoyer à l’industrie privée la moitié au moins des fonctionnaires et employés de l’Algérie. Ocelle s’en tienne à un petit nombre, mais de bonne qualité; quelle les rétribue généreusement, cela lui sera plus utile que d’en avoir beaucoup de qualité médiocre.
N’autorisez jamais la vente des charges de notaire, avoué, commissaire-priseur, courtier, etc., etc. Il vaut mieux vous réserver le droit de les offrir à la capacité. En les laissant accessibles à tout le monde, vous rétrécissez d’autant l’influence aristocratique du capital.
Systématiquement, négligez ici les beaux-arts, et tâchez de faire naître l’esprit de puritanisme. Le sentiment des beaux-arts nourrit l’imagination au détriment du jugement; il s’oppose à l’application des in-
MANDAT UEVOLiTIONNAIRE DK LA FRANCE.
stitutioiis démocratiques et nuit souvent au bon sens du peuple.
L’Italie est douée de l’amour des beaux-arts ; c’est là une des causes de sa dépendance politique et de l’oppression dont on l’accable. Son intelligence est tendue vers la musique, la peinture, les spectacles, et ne songe pas à se tourner vers la liberté.
Si elle était moins occupée du beau idéa'l, qui, en résultat, n’est que le culte des supériorités matérielles ou immatérielles, ellecbercberaità conquérir l’égalité.
Ceux qui implanteront la civilisation en Algérie, comme dans toute société naissante, ne sont ni les peintres, ni les musiciens, ni les comédiens. Parmi une vieille société, ils ont certainement leur utilité, mais ici une douzaine des meilleurs d’entre eux est moins utile qu’un maçon ou qu’un charpentier.
Un architecte, un colon, un industriel quelconque qin, dans son travail, recherche avant tout la perfection du produit, qui sacrifie le gain à la perfection du travail, est aussi, lui, un artiste, et c’est lui que vous devez encourager.
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CHAPITUI-: XII.