NÉCESSITÉ DE LA PEINE DE MORT
Depuis dix années environ, me trouvant constamment en contact avec le milieu ambiant dans lequel les crimes sont commis , je crois pouvoir indiquer sans crainte d’erreur ce qu’il y a à faire et ce qu’il y a à ne pas faire pour en diminuer le nombre.
A cette considération, je me permettrai de donner le conseil suivant au roi des F rançais.
Sauf de très-rares exceptions, il ne faut point faire grâce de la peine de mort aux indigènes coupables de haute trahison ou d’assassinat sur la personne des Européens. V oici ce qui résulte de cet acte de clémence.
L’éducation politique et religieuse des indigènes, la fourberie innée de leur caractère , le mépris /ju’ils affectent à notre égard, les engagent à nous trahir nonobstant les serments les plus solennels. En leur enlevant la crainte de la peine capitale, on ajoute plus d’action encore à leurs mauvaises dispositions. Cela multiplie les trahisons.
L’assassinat d’un chrétien, aux yeux de l’immense
CO.VSKILS A PLI SIKURS.
majorité, est une simple peccadille. Aux yeux des lanati(|ues, c’est meme une œuvre méritoire.
Les occasions d’assassinat sont fréquentes; attendu les circonstances locales, les assassins échappent à la justice. En les graciant, on leur laisse entrevoir uuc chance de plus d’échapper. On expose d’autant plus la vie des Européens.
Etant fatalistes, ils attrihuent un acte de clémence, non pas à une bonté naturelle, non pas à la bienveillance, mais à la volonté supérieure de Dieu. « Si le roi des Français est humain, c’est que Dieu veut qu’il le soit. Ce n’est donc pas lui que nous devons remercier, mais le Très-Haut.
Ils déduisent de singulières conséquences. Ils disent : Si le sultan français n’a pas voulu que la tête d’un tel tombât lorsqu’il était condamné à mort, c’est qu’il a reconnu (pie lès juges avaient rendu contre le coupable un mauvais jugement : ils avaient condamné un innocent. Une telle opinion déconsidère notre justice, tant des conseils de guerre que des tribunaux civils.
La politique et la protection due aux Européens imposent l’obligation au chef du gouvernement français de laisser les arrêts de la justice avoir leur cours.
Le seul cas où une commutation de la peine capitale pourrait être utile est lorsque les coupables font un franc aveu de leurs crimes. Cela servirait d’exemple et tendrait à diminuer chez les indigènes celle habitude innée du mensonge ; car, sachant qu’en avouant, ils se créent une chance favorable, ils seraient moins portés à tromper la justice.