‹ Études sur l'Algérie et l'AfriqueChapitre 131 sur 135 · CHAPITRE XII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XII

J’ai vu des indigènes arretés sur le cadavre sanglant de leur victime soutenir aux débats qu’ils n’étaient pas coupables, que c’était un autre qu’eux. Ils agissaient ainsi, parce que les Musulmans pensent qu’un aveu est la plus forte preuve de culpabilité, et que, tant qu’on n’a pas avoué, notre justice doit déclarer l’innocence, malgré les preuves les plus certaines de culpabilité.

Eu égard au caractère des populations tant africaines qu’européennes, la crainte du cbâtiment doit être la pierre angulaire de la société algérienne. Que le châtiment veille donc pendant que tout sommeille, (l’est lui qui cmpécbe les Arabes d’assassiner les Européens et les Espagnols de poignarder leur ennemi.

Tout acte qui tend à diminuer cette crainte doit être considéré comme impolitique. Il en sera ainsi jusqu’au temps où le pays se sera moralisé.

OUCAMSATIOX I)KS MILICES.

Les armées régulières et permanentes conviennent aux concpiêtes ou aux invasions du territoire ennemi, mais elles défendent moins bien le sol de la patrie que des milices bien organisées. Nous avons la preuve de cette vérité par les dillérentes phases historiques de la nation française et par celles des nations modernes, tant de l’Europe que des autres parties du monde. Le^i Es[)agnols ont triomphé des armées impériales à l’époque où ils n’oni plus eu d’armées régulières. Les siratéges d’un haut mérile ont admis

CONSEILS A PLLSIELRS.

que riiiiasion de la France en 1814 et .1815 aurait été sans résultat si, au lieu de lancer des héros sur le champ de hataille, on eût éparpillé les Français en tirailleurs.

Je tiens donc comme étant de la plus grande nécessité l’organisation des Européens en milices.

Vu les conditions locales, voici un modp qu’on doit établir :

Dans chaque arrondissement, il y aura un hataillon qui prendra le nom de hataillon de chasseurs africains.

11 sera formé de volontaires et de compagnies infra niuros et extra niuros; dans chaque village, il y aura une section de compagnie, de manière qu’en tout endroit oii il y aura un centre de population on puisse, au premier besoin, réunir quelques bo7is tireurs.

Un jury formé d’un officier, d’un sous-officiei* et d’un milicien, réputés habiles tireurs., sera chargé d’apprécier l’aptitude des candidats et de les admettre dans le hataillon.

L’armement consistera en un fusil Delvigne avec le sabre-haïonnette , plus un pistolet de combat porté en ceinture.

Les officiers auront le sabre d’infanterie nouveau modèle, plus une paire de pistolets de combat portés en ceinture.

Il importe que les miliciens puissent employer, le cas échéant, une arme à feu supplémentaire. Cela leur donnera plus de confiance.

L’habillement et l’équipement devraient être ainsi qu’il suit:

CHAPITHK \1I.

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