‹ Études sur l'Algérie et l'AfriqueChapitre 15 sur 135 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

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pagiié d’un nombreux cortège et de sa musique. Les beys de Alédéa et de Miliana marcbaient à ses côtés, et quelijues pas plus loin deux bannières étaient déployées. C’est là, nous dit-on, l’ordre invariable suivi dans toutes les marcbes. Aux baltes, l’émir n’entre dans le camp que lorsque toutes les tentes sont dressées, et son entrée est signalée par quelques coups de canon. 5,000 bommes à peu près se trouvaient en ce moment avec lui, parmi lesquels 1,400 fantassins et 1,200 cavaliers payés par le trésor, et formant son armée régulière. Le reste est fourni par les tribus, qui lui doivent un certain contingent de soldats à titre de service militaire. Ces derniers doivent se présenter tout équipés, et pourvoir eux-mêmes à leur entretien. La campagne terminée, ils rentrent chez eux jusqu’à ee que leur assistance soit réclamée de nouveau.

Les fantassins réguliers sont tous armés de fusils français, quelques-uns même ont la baïonnette. J.a plupart des cavaliers portent le fusil arabe, les autres portent la carabine d’artilleur. Cette petite troupe, armée à l’européenne , et les quelques ])ièces de canon qu’il traîne avec lui, assurent à l’émir un ascendant prononcé sur les tribus rebelles. Aussi depuis cinq mois a-t-il soumis les habitants nomades du désert, les Bibans, gardiens des portes de fer, et toutes les tribus des provinces d’Oran et de Tittery. Partout il perçoit l’impôt arriéré depuis 1830, établit solidement son autorité présente, et pose les bases de sa souveraineté future.

Le soir du 2 janvier nous eûmes notre audience de congé; et, comme à notre arrivée, nous fumes

VISITE A ABD-EL-KADER

accueillis avec une extrême politesse. Abd-el-Kader nous témoigna alors son désir de rester en paix avec la France, ajoutant qu’il était dans l’intérêt des deux nations de vivre constamment en bonne intelligence.

Le lendemain , 3 janvier, notre caravane reprit le cbemin par lequel elle avait passé quelques jours auparavant, et le 5 au matin rentrait saine et sauve dans Alger.

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