‹ Études sur l'Algérie et l'AfriqueChapitre 16 sur 135 · CHAPITRE IIL · texte numérisé non relu

CHAPITRE IIL

DE l’existence DES ÉLÉPHANTS DANS l’ AFRIQUE SEPTENTRIO- NALE PENDANT l’occupation CARTHAGINOISE ET ROMAINE.

Les éléphants qui, en Afrique, ne se retrouvent plus que clans la partie centrale ou méridionale , existaient-ils autrefois entre le Sahara et la Aléditerranée ?

Tel est le fait que nous allons chercher à résoudre à l’aide de l’histoire et de quelques inductions de la zoologie.

Prenons d’abord ce qu’il y a de plus anciennement écrit sur l’Afrique du nord, savoir le périple d’Hannon ( 500 et selon d’autres 1000 ans avant Jésus-Christ.)

cc A deux journées et demie des Colonnes d’Her- 55 cille , nous avons ahordé en un marécage situé as- 55 sez près de la mer , rempli de grands roseaux 55 parmi lesquels était une infinie quantité cfélé- 55 pliants et autres hêtes sauvages. 5)

La suite de ce récit nous apprend que ces marais étaient aux environs de la rivière connue des anciens inditféremment sous les noms de Lixa, de Lixos, de nos jours sous celui de Luccos, à quinze lieues à peu près du détroit de Gibraltar, dans l’empire de Maroc.

DES ÉLÉPHAXTS DAXS L’AFRIQUE SEPTEXTRIOXALE. 33

Polybe, 140 ans environ avant Tère chrétienne, reprochant à Tiniée, auteur comme lui d’une histoire générale , d’avoir écrit que l’Afrique renfermait seulement des plaines sablonneuses et inhabitées , dit : « Chacun sait, au contraire, qu’on y voit des éléphants, des lions , des léopards en quantité et >5 d’une grosseur prodigieuse. 55

Une affirmation aussi positive d’un historien tel que Polybe nous paraît concluante. Le séjour qu’il fit en Afrique pendant le siège de Carthage, où il accompagnait Scipion Emilien en qualité de secrétaire, les rapports fréquents qu’il avait nécessairement avec les princes numides , alliés des Romains , la variété et l’étendue de ses connaissances, le voyage d’exploration qu’il fit autour des côtes sur les traces et à l’instar d’Hannon, sa position personnelle au milieu de la famille Scipion , tout concourait à lui faire connaître mieux qu’à tout autre les productions remarcjuahles de ces contrées.

Le géographe Strahon écrit : a La Maurusie pro- « duit de hautes herbes, des éléphants, de grands 55 serpents, des lions, des léopards, etc.

» Un chef romain trouva sur les bords du Lixus . un squelette humain long de soixante coudées, et » reconnu pour être celui d’Antée. »

Ces ossements étaient sans doute des os d’éléphants. Le peu de connaissances anatomiques de cette époque et cette préoccupation qui plaçait le royaume d’Antée en Alauritanie pouvaient bien faire naître une semblable erreur.

V^ers la fin du premier siècle de notre ère, Pline,

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