‹ Études sur l'Algérie et l'AfriqueChapitre 18 sur 135 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

Le }3ays est entrecoupé de marais, de lacs, de ruisseaux, de rivières, de bois et de prairies. Voilà pourquoi ils s’y trouvaient plus nombreux que dans les autres points des côtes barbaresques.

Néanmoins , quelques localités de l’Algérie , notamment laMétidja, les plaines du Cbéliff et de la Seybouse, devaient être fréquentées par ces animaux. Plutarque dit (Vie de Pompée) : « Pendant la dicta- 5) ture de Sylla, Pompée ayant vaincu Domitius aux 55 environs d’Utique, passa plusieurs jours à chasser 55 les lions et les éléphants en Numidie, afin, disait-il, 55 de ne pas laisser les bêtes féroces de l’Afrique 55 sans leur faire éprouver la force et la bonne fortune 55 des Romains. 5)

Florus , en son précis de l’histoire romaine , parlant de la guerre d’Afrique de César contre Scipion et Juba : « Les éléphants de Juba, encore étrangers 55 aux combats et nouvellement tirés de leurs fo- 55 rêts, s’effarouchèrent au premier bruit des trom- 55 pettes. 5)

Tite-Live, Quinte-Curce , Diodore de Sicile, une foule d’autres historiens des premiers siècles de notre ère ont parfaitement connu l’éléphant d’Afrique. Ils savaient que sa taille et son courage étaient inférieurs à la taille et au courage de l’éléphant indien. Les généraux romains, dans leurs guerres contre les rois d’Asie, évitèrent de faire combattre les éléphants venus d’Afrique contre ceux que leurs ennemis tiraient de l’Inde. Une grande bataille de Ptolémée Pbilopator contre Antioclius le Grand leur avait appris que la race africaine le cédait à la race asiatique.

Ils savaient aussi, dès les guerres puniques, que chez la première les deux sexes avaient des défenses, et que chez la seconde les mâles seuls en possédaient.

Au surplus, quand bien même les voyageurs historiens ou géographes de nations différentes , qui ont écrit à des époques éloignées les unes des autres, n’auraient pas affirmé l’existence de l’éléphant sauvage en Mauritanie; quand même Solin, Alartien Capella, Arrien , Plutarque, Isidore de Séville, qui ont dû soigneusement examiner et contrôler les faits^ avancés par les premiers, ne l’eussent pas affirmé également : l’énorme quantité qui en a été détruite durant les premières guerres puniques ne serait-elle pas la preuve de leur existence sur ces lieux?

Lisons Tite-Live, Polybe, Rollin, etc. , et les divers auteurs, tant anciens que modernes, qui ont parlé de ces guerres célèbres.

Les Carthaginois en ont de pris ou de tués 41 à Agrigente, 120 à Païenne , 12 contre Régulus en Afrique , 142 contre Métellus au siège de Lilybée.

100 de ces derniers furent conduits à Rome. Le sénat , pour habituer les soldats à les combattre , les fit tous tuer dans le cirque, en public, ne voulant ni les nourrir, ni les donner aux rois alliés. D’autres personnes prétendent qu’ils furent chassés devant le peuple avec des lances dégarnies de fer , afin de montrer combien ces grosses masses étaient peu redoutables ; quelques autres encore , que les Romains les laissèrent périr de faim , ne sachant pas comment les nourrir.

A la seconde guerre , Annibal en conduit 100 en

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