CHAPITRE III
Europe; el tous, honnis un seul, sur lequel il traversa ensuite les marais de Clusiuin, périrent soit dans ses combats en Espagne, soit au passage des Alpes, soit lorsqu’il chercha à franchir les Apennins , la plus grande partie par un froid intense qui se déclara la nuit du combat de la Tréhie.
Après la bataille de Cannes, de nouveaux renforts en hommes et en chevaux lui arrivent d’Afrique , avec une quarantaine d’éléphants. Mais en différentes affaires, il en perd successivement : G contre Marcellus, aux alentours de Noie; 3 en venant au secours de Capouc, assiégée parles Romains; G conlre Claudius Néron , près d’Agrumentc en Lucanie , et 5 enfin contre Marcellus à Canouse.
Ce meme Marcellus, après la prise de Syracuse, bat les Carthaginois en Sicile et leur en tue 8.
Scipion, en Espagne, leur en prend ou tue 14 aux environs d’Illiturgis , 39 à Munda et 32 contre Asdruhal, fils de Gisgoii, à la dernière balaille, qui plaça l’Espagne sous la domination romaine : puis enfin 1 1 à Zama sur les 80 qui appuyaient l’armée d’Annihal. Tout le reste lui fut livré d’après les condiüons du trailé de paix avec Carthage. Par ce traité on stipula en outre que les Carthaginois ne dompteraient plus les éléphants sauvages.
Asdruhal, allant au secours de son frère en Italie, en avait amené GO, d’autres disent 15 seulement; quoi qu’il en soit, pas un seul put en échapper.
Jusqu’à ce général, les éléphants rendus furieux par leurs blessures devenaient dangereux pour les troupes qui les employaient. Souvent , au lieu de se
DES ÉLÉPHAXTS ÜAXS L’AFRIQLE SEPTENTRIONALE. :5y
jeter sur reniiemi, ils se ruaient à travers les rangs qu’ils devaient couvrir et y portaient le désordre. Asdrubal sut y remédier, en armant d’un maillet et d’un ciseau en fer l’homme chargé de chacun d’eux. Aussitôt que l’animal entrait en fureur et ne pouvait plus être gouverné, d’un ligoureux coup de maillet, le cornac lui enfonçait le ciseau entre la tête et la première vertèbre cervicale , et par la section de la moelle épinière l’abattait immédiatement.
Ainsi plus de 500 éléphants auraient été enlevés à l’Afrique par les armes romaines, en fespace de GO ans , écoulés entre la bataille d’Agrigente et celle de Zama. A ce nombre ajoutez ceux qui ont du succomber par les combats sans cesse renaissants des Carthaginois contre leurs alliés, contre les mercenaires de leurs armées, contre les Siciliens, les Espagnols et les autres peuples dont ils ont fait la conquête : et vous reconnaîtrez qu’une telle quantité devait se trouver sur les lieux mêmes , ne pouvant venir par importation ni de l’intérieur ni de fextérieur.
Supposons un instant que les éléphants n’y eussent pas existé. Carthage aurait-elle pu les tirer des terres oîi maintenant nous les voyons réfugiés, du Dar-Four, du Bournou, du Soudan, de la Sénégambie, ou de l’Inde, ainsi que des îles de l’Asie méridionale?
\on certainement; car son commerce par terre ne s’est guère étendu jusqu’à l’Afrique centrale, du moins aucun document historique n’autorise à le penser.
Quelques peuplades habitant la lisière septentrionale du Sahara, désignées jadis sous le nom A^Mélano-