CHAPITRE IH
Les aurait-on tirés de l’Abyssinie par l’Egypte? On ne doit pas le croire. Les Ptolémées en ont demandé aux Abyssiniens, ["qui en refusèrent, alléguant que rélépbant servait à leur nourriture. Les rois d’Egypte qui en ont possédé les avaient obtenus par des expéditions militaires, et avaient bien soin de ne pas s’en dessaisir. A aucun prix ils ne les auraient cédés aux Cartbaginois. Ptolémée Pliiladelphe ^ Evercjète , Philopator s’attachèrent à posséder des éléphants , et pour cela firent des explorations et des établissements dans les contrées du haut Nil.
Attendu le silence des historiens, le peu de rapprochements commerciaux, l’éloignement des lieux, l’état social des populations intermédiaires, il est prouvé que ni l’Inde ni les îles de l’Asie méridionale ne pouvaient en fournir à cette république. L’histoire a précieusement conservé l’origine des éléphants de Pyrrhus, car on sait qu’ils faisaient partie de ceux qu’Alexandre ramena de l’Inde Or, pareille tradition se
* On sait qu’ils passèrent d’un maître à l’autre pendant les guerres qui se sont élevées à la succession d’Alexandre. Pyrrhus en avait enlevé quelques-uns dans un combat contre Démétrius ; les autres lui avaient été donnés par Ptolémée-Géranus , usurpateur du trône de Macédoine. Les successeurs d’Alexandre s’attachèrent à avoir des éléphants, Seleucus IVicator en reçut 500 d’un prince indien nommé Sandrocottès ; Antiochus-le-Grand en obtint un grand nombre d’un successeur de Porus,
Polybe appelle indiens les conducteurs des éléphants carthaginois. Quelques auteurs, trompés par cette dénomination, ont pensé que ces conducteurs venaient de l’Inde, et que de cette contrée l’éléphant pouvait arriver aux Carthaginois. Cette objection m’a été présentée par plusieurs personnes. A cet égard , il faut se souvenir que les Romains appelaient indiens les étrangers au teint brun dont ils ne connaissaient pas l’origine. Or, les indigènes africains au service des Carthaginois étaient des Mauritaniens ou des Numides, gens au teint brun. Peut-être aussi Polybe, eu nommant
serait conservée, si les Carthaginois eussent pris les leurs dans les Indes.
Ont-ils pu les multiplier autant que cela par la fécondation des couples domestiques ?
Nous ne le pensons pas : car maintes et maintes fois l’expérience a démontré combien la procréation était rare chez ce pachyderme tenu en domesticité. Les princes de Ceylan et de l’Inde en nourrissent un grand nombre sous des conditions peu différentes de celles de leur indépendance primitive, et jusqu’à ce jour ils n’ont pas réussi à les faire procréer. Elien et Coluinelle citent bien quelques exemples d’éléphants conçus et nés en domesticité : nousvoyons que dans l’Asie, au commencement de ce siècle, il s’en est présenté un ou deux cas; mais cela ne forme que de rares exceptions, corroborant la règle générale. Les observations n’ont point été biites assez attentivement pour qu’on soit sûr que les femelles n’étaient pas pleines avant leur domesticité.
Donc J par le fait (pLil xj a en une multitude d'éléphants enlevés à V Afrique du Nord dans iin faible espace de temps y et qu’ils ne venaient ni de l’intérieur, ni de l’ extérieur, ni d’une multiplication obtenue en domesticité ; il faut admettre que leur race alors y était très-répandue , et quelle y vivait à l'état sauvage.
Ce point de zoologie, dûment résolu par l’histoire, est encore corroboré par certaines inductions tirées
indiens ces conducteurs, s’est-il servi d’une dénomination générale, désignant la profession de cornac. Les premiers éléphants qui parvinrent en (irèce et en Asie mineure étaient conduits par des Indiens venus à la suite d’Alexandre.