‹ Études sur l'Algérie et l'AfriqueChapitre 24 sur 135 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

marais plus fréquemment que de nos jours, et température moyenne plus humide

Là existaient toutes les conditions qui jieueeni assurer r existence de 1 éléphant^ soit comme espèce , soit comme individu.

A ces grands animaux que faut-il en effet pour leur développement naturel? L’espace et la tranquillité. Ils aiment les lieux ombragés, les vallées profondes, le bord des rivières et les terrains humides.

Or, ils trouvaient en Mauritanie tous ces avantages réunis : rornbrage nécessaire, des marécages, des terres fangeuses où ils pouvaient se vautrer à leur aise et donner à leur peau la flexibilité dont elle a besoin; puis, sur les rives d’une myriade de ruisseaux, les herbes suffisant à leur nourriture.

Accord parfait existait donc entre la composition physique, les productions du sol et les besoins de V éléphant.

Que sont devenus ces puissants quadrupèdes? Comment ont-ils disparu d’une terre dont ils étaient les

• Aux temps dont nous parlons , la température moyenne des côtes barbaresques était plus humide. D’abord il y avait plus de forêts : conséquemment des pluies plus abondantes. Ensuite ces mêmes eaux pluviales devaient souvent se former en grandes flaques ; car les hommes de ces contrées n’avaient pas alors l’industrie agricole qu’ils eurent sous Massinissa et principalement sous la domination romaine. Ils ne savaient ni dessécher les marais, ni diriger le cours des rivières. Or, la combinaison de la chaleur et de l’humidité favorise le développement des pachydermes et des reptiles. C’est pour cela qu’il se trouvait jadis dans les fleuves de la Mauritanie des hippopotames , des crocodiles et de ces grands serpents comme celui que tua Régulus au bord du Bagrada. Ces espèces disparurent du pays , probablement à la même époque que l’éléphant, et par les mêmes causes, savoir : le déboisement de l’Atlas, diminution successive de leur propre énergie vitale , etc. , et autres que nous développons ci-dessous.

dominateurs? Y a-t-il eu destruction de leur race sur les lieux, ou bien émigration vers l’Afrique centrale?

A cela nous répondrons par la citation de faits qui nous semblent faire loi en zoologie.

Aux premiers âges de l’ère humaine, certaines races animales, celles surtout qui sont redoutables par leurs armes, leurs forces et leur courage, étaient beaucoup plus disséminées sur la surface du globe quelles ne le sont maintenant.

Les géants de la création, soit sur la terre, soit dans la mer ou les grands fleuves, habitaient indistinctement des climats plus froids ou plus chauds que ceux qu’ils occupent maintenant.

Ils étaient doués d’une vitalité plus énergique, étaient moins influencés par la climature ; car ceux qui vivent maintenant dans le Nord pouvaient alors vivre dans les terres méridionales, et vice versâ.

Ainsi, au temps de Polybe et de Strabon, l’élan et le renne se trouvaient dans la Gaule. Au temps d’Aristote , le lion et la panthère habitaient la Thrace et la Tliessalie. Au quatorzième siècle, les baleines abondaient dans les golfes de Gascogne et de Lion \

A mesure que les populations se sont accrues, que les progrès de l’agriculture ont arraché les forêts, que les communications sont devenues plus fréquentes,

* Les baleines autrefois étaient fort communes dans nos mers méditerranéennes. Lorsque Job parle de la force de son Léviathan , il veut désigner la baleine. Les Athéniens en mangeaient. Au temps de Strabon, les riverains de l’Adriatique les pêchaient avec des appâts , puis les achevaient à coups de lance. Les Hollandais ont fait des pêches lucratives dans la mer de Flandre. Les auteurs contemporains disent que les Hollandais en ont pris qui avaient 200 pieds de long.

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