CHAPITRE IV
femmes qui, à tous égards, méritent te nom de gorgones. A les voir, avec leur peau terreuse et chagrinée, avec leur physionomie ignoble, leur allure de sorcière, à entendre leur voix glapissante, on conçoit sans peine que les peuples du Nord ou de l’Orient aient pu les considérer comme une aherration de la nature, comme une espèce particulière qui tenait le milieu entre l’homme et la hête, surtout lorsqu’ils les comparaient aux beautés de la Grèce, de l’Italie et des Gaules. En cruauté, elles égalent les Gorgones. Presque toujours les femmes des tribus sont les premières à exciter les hommes et les enfants contre nos prisonniers.
^ Quant à la fable de la Méduse, voici ce qui en a été l’origine.
Les nègres, connus des anciens navigateurs sous le nom d’Ethiopiens occidentaux, ont toujours eu les serpents en grande vénération. Ils se traçaient sur le corps les figures de ces animaux et se plaisaient à s’entourer de serpents vivants le cou, les bras et la j)oitrinc; de tels usages, qui se sont continués jus- (ju’à nos jours, devaient être alors en pleine vigueur; car alors les communications avec les autres peuples n’avaient pas eu le temps d’amener des modifications.
Les premiers Phéniciens ou Carthaginois, qui auront vu les nègres en tel attirail , auront été frajipés d’étonnement. En voyant ces animaux, si inoffensifs et si familiers avec leurs maîtres, ils ont pu croire qu’ils faisaient partie de leur corps, de même (jue les Mexicains, à l’asjiecl des eavaliei’s ('spagnols,
MYTHES ET ERREURS SUR L’AERIQUE SEPTENTRIOXALE. 71
croyairiît ([iic l’homme et le cheval ne faisaient qii’nn seul et meme individu. Alors, naturellement, voulant représenter leur première impression à la vue des i-eptiles qui rendaient plus horribles encore les traits des nègres, ils auront inventé la Méduse et les funestes qualités (pi’ellc possédait.
En cela ils se conformaient au génie oriental , qui, chez les Grecs, les Egyptiens, les Tyriens et les autres peuples de cette zone, exprimait ses imjires- ^sions par des emblèmes pittoresques.
Pour admettre plus facilement cette explication, rappelons-nous que la Méduse, selon la mythologie, régnait sur les terres situées au nord de l’Afrique, et qu’au dix-neuvième siècle les montagnards, en certaines parties du Maroc, à travers la nuit des temps, ont conservé la coutume d’élever des serpents pour détruire les rats et les autres animaux nuisibles. Ils sont si apprivoisés et si dociles , qu’à l’heure des repas ils se placent par rang les uns à coté des autres, attendant patiemment qu’on leur jette la pitance ordinaire; tout individu peut les prendi*e et jouer avec eux comme il le ferait avec un animal domestique.
Pendant (juelquc temps Hercule débarrasse Atlas * de son fardeau en soutenant le Ciel sur ses épaules, (ie m^the exprime les rapports de bonne et franche amitié ([ui s’établirent entre les Phéniciens et (piel- (pies-unes des tribus de l’Atlantide.
Atlas, en récompense, enseigne an demi-dieu le commerce, l’astronomie, la navigation. Les r\tlanics, l’histoire nous le dit, communiquèrent les premières