CHAPITRE IV
notions do connnerco, d’astronomie et de navigation, aux Phéniciens , qui importaient en Atlantide les objets manufacturés des villes de l’Orient.
Persée, à travers les airs, aborde en Libye. Abrité sous le bouclier de Minerve, il surprend la Aléduse, lui coupe la tête, et du sang de Aléduse naît Pégase, le cheval ailé.
Cela indique l’invasion des tribus arabes en Africjue (1,400 ans avant Jésus-Christ).
Persée est un véritable chevalier errant. Il est nomade. Les Arabes le sont aussi. Il est protégé par Alercure, dieu des voleurs, et par Alincrvc, déesse de la prudence. Les Arabes sont voleurs et prudents. 11 surprend et tue Aléduse, reine de rAtlantidc. Voilà la razzia arabe sur les Autocbtbones de l’Atlas.
Pégase sort du sang de Aléduse. A^oilà le cheval barbe, primitivement d’origine arabe, mais modifié par le sol des contrées barbaresques. Il naquit prés du lac Tritonis, c’est-à-dire sur les plaines situées au sud de la province de Constantine et de la régence de Tunis. C’est là aussi que se développa le cheval numide, auquel, pour exprimer sa rajiidité, les mythologues attribuèrent des ailes.
Le lotos était un fruit qui détruisait le souvenir de la patrie chez ceux qui en avaient mangé. Voilà l’action attrayante du climat africain sur les arrivants. Les anciens avaient remarqué qu’en Afrique on oublie vite la mère-patrie. Nous-mêmes, maintes et maintes fois nous avons constaté l’influence attrayante de ce climat.
Nous posons en fait que la plupart des individus
MYTHES ET ERREURS SUR L’AERIQUE SEPTEIVTRIOXALE. T:i
qui ont passé quelques années en Algérie regretteront le pays s’ils le quittent, ou s’y établiront volontiers sans esprit de retour. En effet , depuis la conquête , beaucoup d’Européens paraissent ici avoir mangé le fruit du lotos.
Et pourtant l’autorité française n’a rien inventé afin d(‘ leur rendre ce séjour agréable. Bien loin de là, nous avons vu les agents du gouvernement s’ingénier à faire du pays un lieu insupportable. Nos gouverneurs-généraux, nos gouverneurs de province, nos commandants de cercle et de place, en paroles, ont épuisé contre les colons le dictionnaire des injures; en actions, se sont plu à exercer contre eux les actes d’un brutal despotisme. Emprisonnement arbitraire, torture morale et physique, expulsion de la localité et meme de la colonie, voilà les expédients employés par eux envers la population civile ! Le régime du sabre et du bon plaisir, la violation des droits du citoyen : voilà leurs lois et leurs doctrines!
C’est pourquoi, si les colons mangent le lotos, s’ils oublient leur patrie et les lois qui leur offraient des garanties contre les violences du despotisme et de l’aibi traire , qu’ils n’oublient jamais certains personnages de l’Algérie. Ici la rancune est légitime à l’égard des oppresseurs , car elle a sa source dans un sentiment de justice et dans l’amour de la liberté. Il y aura des hommes à stigmatiser au nom de la morale publique et de la sainte équité. Espérons donc que tous nos colons, en ce point, n’auront pas mangé le lotos.
Aux yeux des anciens et des modernes, l’Afrique fut
GHAPITRK IV.
loiijüurs la terre des nierveilles. ! ,000 ans avant Jésiis-Clirist , Homère y place le lotos. Vers la même épo(|ue , à peu [irès , Hésiode y met le jardin des Hespérides, les (lliamps-Klyséens et le royaume des Gorgones.
Les auteurs grecs, historiens, poètes ou pliiloso- {)lies, SC complaisent à y voir des choses toutes plus extraordinaires les unes que les autres.
Ainsi, d’après Hérodote, 500 avant Jésus-Christ, a les hœufs, dans le pays des (iaramantes, ne peuvent paître qu’à reculons; car les cornes, au lieu de se diriger en haut, comme chez les autres animaux de cette famille, se courhent en has et en avant du mufle.
Ils regardèrent comme peuples de l’Afrique les cynocéphales , c’est-à-dire des hommes à tète de chiens ; les hémicynes^ c’est-à-dire des hommes moitié chiens; les hlemyes , (pii n’avaient pas de cou et avaient les yeux et la houchc placés sur la poitrine; les siéyanopodes , hommes à larges pieds *. Quand ceux-ci voulaient se mettre à l’abri du soleil, ils se couchaient sur le dos, et levant la plante des pieds en l’air, ils formaient un parasol assez vaste pour avoir le reste du corps à couvert.
Strahon , géographe du temps cf Auguste , dit a que les fleuves de la Alauritanic nouri-issent des sangsues longues de sept coudées et grosses en proportion, et qu’il y a en Libye des scorpions ailés dont la queue compte sept articulations.
^ Selon quelques auteurs, les stéj^anopodes , les cynocéphales, les hémicynes hahiluient l’Inde; selon d’autres ils habitaient l’Ethiopie.