CHAPITRE I
qu’ils ne doublèrent pas le cap Blanc et qu’ils s’arrêtèrent à l’embouchure de la rivière Noun.
'A l’instar des Carthaginois, les Marseillais, on ne sait pas au juste à quelle époque , envoyèrent deux de leurs navigateurs à la découverte des nouvelles contrées : Pylhéas suivit la roule d’Himilcon , et, comme lui, prit terre en Irlande, pénétra dans la Baltique. Eutbymenès suivit celle d’Hannon, el parvint aux memes parages de l’Afrique Océanienne *.
G09 ans avant Jésus-Christ , les Phéniciens exécutèrent le tour de l’Afrique. Partis des ports de la mer Bouge, ils revinrent en Égypte par le détroit de Gibraltar , dans la troisième année de leur navigation. Ils suivirent les côtes ; quand la mauvaise saison était venue , ils abordaient à l’endroit où ils se trouvaient , ils y semaient du blé , puis , après la récolte, se remettaient en mer.
Cette circumnavigation mémorable est néanmoins tombée dans l’oubli , ou a été considérée comme impossible chez les historiens et géographes de l’antiquité.
C’est àNécos, roi d’Egypte, qu’il faut attribuer la pensée de ce périple. Dominé parla passion des grandes entreprises , il avait voulu réunir la Méditerranée à la mer Rouge par un vaste canal. Cent vingt mille
^ j\îarscille fut fondée 600 et quelques années avant Jésus-Christ. Ses progrès furent très-rapides. Cent (rente ans après, c’est-à-dire vers le temps oh les Juifs revinrent de leur captivité à Bahylone, elle avait déjà un commerce considérable, et pouvait bien , dès cette époque, entreprendre la reconnaissance maritime dont il est question. Thucydide parle d’une vic- 'toire qu’elle aurait remportée sur les Carthaginois à cette époque.
EXPLORATIO.Y DES AXCIEXS EN AFRIQUE.
hommes périrent de fatigues et de misères en le creusant. Forcé, sur l’avertissement d’un oracle, d’abandonner ce projet , il s’occupa activement des armements maritimes; il fit construire un bon nombre de vaisseaux et leur fit sillonner la Méditerranée, la mer des Indes et la mer Rouge. Les Phéniciens qui étaient à son service , par une longue habitude de la mer, acquirent assez de connaissances pour mener à bonne fin cette circumnavigation.
Avant le règne de ce prince, les Egyptiens ne semblent pas avoir eu de marine ; malgré l’état de perfection où ils ont poussé les arts , les sciences et findustrie, ils n’eurent pas de goût pour la navigation. Les navigateurs étaient regardés comme des profanes; les productions de la mer étaient réputées immondes , et se trouvaient frappées de réprobation ‘. Chez eux, les institutions religieuses et politiques tendaient constamment à les isoler des autres peuples, à développer une agriculture nationale, et à tirer du sol de la patrie tous les objets nécessaires à la vie.
Nécos, le premier, les fit sortir de leurs usages. Il créa une marine puissante, avec laquelle il soumit quelques nations de f Inde , du golfe Persique et de la mer Rouge.
Cinq siècles avant Jésus-Christ, sous Xerxès , un des principaux seigneurs de la cour, nommé Satapes, ayant violé une jeune personne , fut condamné à
' Les mariniers et tous les f^cus que leur profession faisait vivre sur l’eau formaient la dernière classe de la société. Les Egyptiens croyaient que le sel marin était récume de Typhon : ils le regardaient comme impur.
CHAPITIIK l
faire le tour de l’Afrique. Il parvint à doubler le cap Blanc, s’avança pendant plusieurs mois dans le Sud, et revint sans avoir achevé les travaux qui lui avaient été imposés.
Précédemment, pendant le règne de Darius , père de Xerxès, Scylax avait été chargé d’exécuter le même voyage qii’Hannon. Il y a aussi dans l’histoire quelques traces d’un périple mené à fin par un mage à la meme époque.
Deux siècles avant Jésus-Christ, un Grec nommé Eudoxe de Cyzique entreprit cette circumnavigation. Les souverains d’Egypte lui en fournirent les moyens. Il prétendit l’avoir exécutée ; mais le récit de son voyage présente trop d’invraisemblances pour être admis comme véritable. Quoi qu’il en soit , une circonstance particulière lui avait fait considérer le tour de l’Afrique comme possible. Sur la côte orientale on avait trouvé un bâtiment semblable en tous points à ceux qui se construisaient dans les ports de la Méditerranée et de Cadix. Cela lui fit reconnaîlre, avec raison , qu’il existait des communications entre les lieux d’où ce bâtiment était parti et les lieux où il s’était échoué.
140 et quelques années avant Jésus-Christ, après la prise et la destruction de Carthage , Polybe fut chargé par Scipion Emilien d’explorer les pays avec lesquels les Carthaginois avaient été en relations. Malheureusement , on ne connaît ce voyage que par quelques mots de Pline. Polybe n’en fait pas mention dans ceux de ces livres qui sont parvenus jusqu’à nous, On croit cependant qu’il visita le? points des