CHAPITRE IV
cette particularité , auront vu l’Atlas s’illuminer de feux et auront entendu le fracas des instrumenis de musique, ont dû prendre ces montagnes pour le lieu des ébats des satyres et des égipans.
Quant aux torrents de feu dont parle Han non en son Périple, nous pensons qu’ils étaient des incendies allumés par les indigènes. En effet, pour obtenir de nouvelles pousses et de nouvelles herbes plus nutritives et plus tendres, pour préparer la terre à recevoir les semailles, les Arabes, par toute l’Afrique septentrionale, ont conservé l’habitude de brûler les broussailles, les taillis et les forets, particulièrement pendant le mois d’octobre. La flamme quelquefois couvre un immense espace, et, d’après la disposition des lieux, se montre à vous sous l’apparence d’un torrent de feu.
Le kumrah du docteur Scbavv est un produit que la science ne peut admettre. Un métis issu d’une vache et d’un âne est contraire aux lois de la nature. Schaw, qui vivait en Algérie il y a environ cent vingt ans, aura vu des mulets provenant de l’accouplement de l’ânesse avec le cheval sauvage, et aura pensé, sous la foi des naturels, qu’ils venaient d’un âne et d’une vache. A cette époque il y avait aussi des chevaux sauvages ou devenus sauvages en certaines localités de l’Algérie. Le cheval sauvage a les formes plus épaisses, le pelage plus grossier, la queue moins longue et moins toulfue que le cheval domestique; il a la tète plus petite, plus arrondie, et, sauf les cornes, assez semblable à la tète des bétes bovines. En pareilles conditions, s’unissant à une ânesse, il