MYTHKS ET ERREURS SUR L’AFRIQUE SEPTENTRIONALE
individu ayant l’œil également entouré de linges ; ajoutez à cela des calottes, un capuchon de burnous et diverses pièces des vêtements usités en ce . pays : vous comprendrez facilement comment l’évêque d’Hippone a pris des crétins pour des hommes sans tête avec des yeux sur la poitrine, et des borgnes pour des cyclopes.
Pourquoi donc cette disposition à voir en Afrique des choses étranges et quasi miraculeuses a-t-elle été aussi invétérée depuis l’époque la plus reculée jusqu’à nos jours ? C’est que tout ce qui frappe vivement l’imagination s’y trouve réuni : oasis mystérieuses , espaces immenses et inconnus, traditions d’antiques catastrophes, et peuples de mœurs, de couleurs, de races, autres que celles des peuples connus. Or, cela devait nécessairement piquer la curiosité et disposer l’esprit à croire au merveilleux.
Pareille chose est arrivée aux Arabes. Héritiers de ces traditions superstitieuses, ils peuplent les mêmes contrées d’animaux non moins étonnants que pégases ^ les manticores et les catohlepas,
«Au désert, vous content-ils, est un serpent fort dangereux : malheur à fliomme qui le met en colère ! car il s’élance contre lui avec tant de force, qu’il lui traverse le corps comme le ferait une flèche. Entret-il par la poitrine, il sort entre les épaules sans que les vêtements puissent l’arrêter.
5) Là se rencontre également le plus redoutable des êtres créés par Dieu : c’est un serpent long de sept à huit pieds ; sa morsure tue comme la foudre, llien plus, à quelques pas de distance, s’il souffle