‹ Études sur l'Algérie et l'AfriqueChapitre 45 sur 135 · MYTHES ET ERREURS STR L’AFRIQUE SEPTEXTRIOXALE · texte numérisé non relu

MYTHES ET ERREURS STR L’AFRIQUE SEPTEXTRIOXALE

et les jambes de devant ; le cheval, la crinière ; le cerf, les jambes de derrière, les cornes et la partie supérieure de la tête.

La chair de tortue faisait disparaître la lèpre, si on en mangeait pendant neuf jours, et une lanière de peau d’hippopotame passée autour du cou préservait de l’apoplexie.

Toutefois, n’accueillons pas avec dédain les superstitions des nations aborigènes ; car ce sont là des documents précieux qui nous permettent de remonter à l’antiquité la plus reculée, et nous font apprécier les rapprochements, les contacts que les peuples ont eus les uns avec les autres.

Dans cette gazelle à une seule patte, ne voyonsnous pas une tradition non interrompue de la fable des monocoles ? les léhètes sont -il s autres que les psïjlles? et dans ces maléfices attribués à l’hyène, ne retrouvons-nous pas cette même croyance vulgarisée en Grèce au temps d’Aristote, et une autre à peu près semblable chez les Ihériens de ces vieux âges ? Ils avaient coutume d’enterrer avec heaucoup de précaution la tête des ours pris dans leurs pièges, dans la crainte quelle ne jetât un mauvais sort sur eux , leurs familles ou leurs troupeaux.

En examinant avec soin ces récits fabuleux, on y trouve presque toujours quelque chose de vrai et de positif.

Si les indigènes se forment sur le compte de certains animaux des idées étranges ; si les mœurs, les formes, les qualités qu’ils leur attribuent nous paraissent des contes au premier abord ; si tous les

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faits qu’ils en racontent sortent du domaine du possible et doivent être rejetés par la science , croyez bien cependant que tout cela n’est pas erreurs et mensonges, sachez qu’il y a au fond de tout cela une vérité bien avérée. Tenez bien compte des métaphores de leur langage, et vous verrez que la base de ces superstitions s’appuie sur un fait notoire, dont, par circonstance, ils se sont plu à embellir le cortège. Leur imagination vagabonde a d’abord fait les premiers frais, puis ensuite leur extrême ignorance leur a fait adopter toutes les erreurs de l’illusion.

Donnons pour preuve ce qui suit :

J^a plupart des voyageurs du siècle dernier et du siècle présent qui ont visité les royaumes d’Angola, du Congo, de la Guinée et de la Sénégambie, nous ])arlent d’un serpent noir, de huit à dix pieds de longueur. Lorsqu’il est attaqué ou qu’il veut saisir une proie, il a coutume de lancer son venin dans les yeux de son adversaire ou de sa victime, et cela à plusieurs pas de distance. La malignité de cette sécrétion est telle, que toute personne atteinte devient aiengle, si, à l’instant même de l’accident, on n’a pas soin de lui laver l’œil avec beaucoup d’eau, ou de lui insinuer entre les paupières du lait ou de riniilc tiède.

Or, des ophidiens de cette famille ne peuient-ils pas se rencontrer dans le Sahara. Si leur venin est assez corrosif pour amener la cécité, appliqué sur la j)(‘au , ne peut-il pas déterminer quelques ulcères? Alors les Arabes qui auront vu cet accident et ses suites, pour frapper davantage l’esprit de leurs auditeurs, auroni ehai'gé le lableau cl y auront glissé

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