‹ Études sur l'Algérie et l'AfriqueChapitre 54 sur 135 · DES A\CIE\’S HABITAXTS DE I/AFRIQUE · texte numérisé non relu

DES A\CIE\’S HABITAXTS DE I/AFRIQUE

guerre, attaquant à l’iniproviste, par embuscades , se retirant aussitôt qu’il éprouvait de la résistance ; en un mot, évitant le péril plutôt par son agilité que par la force de ses armes et son courage.

Ils ont eu la meme disposition innée à entreprendre dos expéditions guerrières loin de leurs foyers. Avec les légions romaines , les cavaliers de \umidie ont parcouru l’Angletérre , les marais de la Batavie et les rives du Danube; également, au buitième siècle , les soldats du Prophète ont lancé leurs coursiers des côtes de la mer Noire aux bords du Gange, et des steppes de la Tartarie sur les rivages de la Loire et de l’Océan.

Les émigrations asiatiques ont fourni à l’Afrique septentrionale une partie de ses habitants.

La plus ancienne de toutes sortit des déserts de l’Arabie.

Sous les successeurs de Ménès premier roi d’Kgypte, il se fit, de l’est à l’ouest, une invasion de tribus arabes. Hérodote les nomme peuples pasteurs. Ils ravagèrent l’Egypte moyenne, où les Ethiopiens de Méroë avaient formé une nation florissante, et

vrer à l’élève des chevaux et du chameau , comme l’ont fait les nomade de l’Asie.

Ainsi les Africains commandés par Autolos contre Jean Troglita ne doivent pas être considérés comme des autochthones : ils étaient certainement d’origine asiatique, soit Numides, soit de ces aventuriers qui avaient franchi le \il vers le troisième siècle de notre ère, sous le nom de Sarrasins.

‘ Ménès est considéré par quelques savants et historiens , non pas comme un homme, mais comme la personnification des premiers âges de la civilisation égyptienne.

A cette époque commença la lutte des Egyptiens contre leur sol. Leurs canaux, leurs dignes, leurs réservoirs et leurs villes datent de ce temps.

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s’établirent dans le Delta, dont ils restèrent les maîtres l’espace de 260 à 300 ans.

Ce temps correspond à celui d’Abraham. Les chronologistes croient qu’il vint en Égypte pendant le règne d’un prince de cette dynastie.

1825 ans avant l’ère cbrétienne, Amosis ou Tbetbmosis, roi du A'il moyen et supérieur, réussit à les expulser, après des luttes sanglantes.

Les historiens ne disent pas en quelles contrées ils se retirèrent; cependant il y a lieu de supposer qu’ils reprirent leur route primitive d’orient en occident et se répandirent dans la Libye. En 145^ avant Jésus-Cbrist, il se fit encore en Afrique une émigration arabe. Plusieurs tribus de Sabéens y furent conduites par Ifriqui, chef de l’Arabie-Heureuse. Des auteurs mahométans prétendent qu’il s’ouvrit la route en conquérant; des auteurs chrétiens disent qu’il y fut contraint par les rois d’Assyrie, ayant été chassé de ses États. Quoi qu’il en soit, il n’y eut pas d’autres émigrations sortant de l’Arabie jusqu’au premier siècle de l’islamisme. Les rois d’Egypte, pour éviter les atteintes de ce torrent d’émigrants, avaient fait creuser sur la droite du Xil des fossés et des canaux, et ce simple obstacle physique suffit à les arrêter.

Les historiens racontent que peu de temps après l’invasion d’Ifriqui, Sésostris, avant d’entreprendre ses conquêtes , voulut soumettre les peuples de la Libye. Sans aucun doute, il avait pour but de repousser loin de l’Égypte les Arabes qui l’avaient possédée. Il pénétra dans la Libye occidentale; de là nous pensons que les Arabes fuyant devant lui sont

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arrivés alors dans le Moghreb, aux frontières de la Mauritanie et de la Gétulie, et sont devenus la souebe principale des Xuinides.

Par les armes de Sésostris, l’Egypte, rendue puissante , envoya des colonies dans les trois parties du monde : en Grèce, à Colcbos, près de la mer \oire, et dans les oasis sur la rive gauebe du Nil. Les Ammoniens, qui étaient un mélange d’Egypliens et d’indigènes, au siècle d’Hérodote, descendaient de l’ime d’elles.

D’autres nations vinrent par mer. Ce furent les Sidoniens, les Pbérésiens, les Madianites, les Philistins, les Araméens, les Grecs et les Tyriens. Les uns abandonnèrent leur pays pour éviter le glaive impitoyable des Hébreux; les autres, plutôt dans le dessein de remédier à l’excès de la population métropolitaine , ou bien d’augmenter leurs relations et leur puissance commerciales.

Les Grecs et les Tyriens ont fondé des établissements prospères et durables; les Palestinins et les Cbananéens, au contraire, n’ont rien créé. Cela s’explique sans peine; pour coloniser, les uns avaient les ressources de la mère-patrie, les autres étaient des exilés dont la nationalité avait été détruite;

Du reste, ils offrent une particularité remarquable. (ibacun d’eux s’est arreté sur la partie de l’Afri- (pie (pii lui rappelait le mieux le sol natal. Les Plu’niciens et les Grecs, peuples maritimes et instinctivement portés au commerce, prirent le littoral. Ils y bâtirent des villes commerçantes : Utique, Cartilage, Cyrène et Leptis-Alagna. Les Pbérésiens et

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autres tribus du Liban se fixèrent dans les régions montagneuses de l’Atlas, et les Arabes dans le Beled-Djerid.

Mais, antérieurement à ces migrations, il existait en Afrique une race autochlhone , c’est-à-dire née sur les lieux memes.

C’étaientlesGétulcs et les Libyens, nations farouches et grossières, dit Salluste; ils se nourrissaient de la chair des animaux et broutaient l’herbe comme les troupeaux. Sans mœurs, sans lois, sans chefs, ils n’avaient pas de demeures fixes, erraient à f aventure et se couchaient où la nuit les prenait.

Les historiens et géographes de l’antiquité, tant grecs que romains, ont fait de prodigieux ahus de noms, en parlant des peuples de FAfrique septentrionale. Ils ont vu des nations là où il n’y avait que des tribus, et plusieurs races d’hommes là où il n’y en avait qu’une seule. Leur grand défaut a été de ne pas généraliser leurs idées. Quelques modernes ont suivi cet exemple.

Pour nous, nonobstant f autorité des écrits, parmi les races blanches qui ont habité FAfrique du nord, nous en reconnaissons une, seule véritablement indi~ (jène, savoir : la race (fétulienne.

Son origine, coniine celle de toutes les nations ahorigènes, se perd dans la nuit des temps. Elle occupait es chaînes de l’Atlas et les plages et oasis de la Lih^e : c’est ce qui les fait désigner sous les noms de Gélules et Libyens.

Pres(pie tous les peuples autochthones ont pris naissance au sein des pays de montagnes. Ainsi, les pla-

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teaux de l’Ethiopie, ainsi le Caucase et l’Hymalaïa, les Alpes et les Pyrénées, l’Oural, l’Altaï, renferment des hommes qui, à juste titre, peuvent se dire enfants de la terre, car aucun renseignement ne fait découvrir de premiers parents autres que ceux qu’ils SC donnent.

Or, semhlahle chose existe pour les Gétules; leur race s’est d’ahord développée sur les sommets de l’Atlas, ensuite elle a ondulé vers la Libye. Sur le littoral et dans la région orientale, elle s est altérée par des croisements avec des émigrants de l’Asie et de l’Europe; dans la région occidentale, elle est restée plus compacte, plus purement indigène, vu quelle a trouvé par la composition physique du sol un obstacle et une ressource contre la fusion.

Son antipathie contre les étrangers s’y est conservée avec une énergie remarquable. Elle fut rebelle à la civilisation des Phéniciens, des Carthaginois et des Romains, et c’est là un caractère moral distinctif des autochthones. Ils repoussent tout ce qui est nouveau pour eux, tout ce qui n’est pas né parmi eux.

Nous croyons parfaitement fondée l’opinion des auteurs modernes, qui tiennent les aborigènes pour les descendants des anciens Atlantes, dont Platon nous a révélé l’existence. Ainsi, Atlantes, Atarantes, Lotophages, Occidentaux, Troglodytes, Maurusiens, Maures, Pharusiens, Garamantes, Augiliens, Nasamous, Psylles, Libyens, meme Canariens, et toute cette multitude de peuples à qui les anciens donnent l’Afrique septentrionale pour patrie, se confondent en une seule et meme race, la gétnlienne.

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Fixée primitivement sur les hauteurs, elle a irradié sur toute la surface des Etals barbaresques , de rOcéan en Egypte. Sur la bordure maritime, en \umidie et quelques autres localités, elle fut refoulée ou absorbée par les invasions asiatiques et européennes, dont les premières remontent à dix-buit siècles avant Jésus-Cbrist. Depuis notre ère, elle a éprouvé des modifications, des oscillations plus complètes encore.

A ces différentes nations, ajoutez une colonie d’Israélites, qui vint en Cyrénaïque soixante-dix ou quatre-vingts ans avant notre ère; ajoutez bon nombre de familles italiennes qui successivement ont pris asile à Hippone, à Carthage, à l tique, à Cirta, après les guerres puniques, de Jugurtha, de César contre les partisans de Pompée, après la réduction de la Xumidie en province romaine ;

V ous aurez, comme habitants de ce continent pendant l’antiquité, les Gétules, les Xègres, les Arabes, les Phéniciens, les Syriens, les Chananéens, les Grecs, les Israélites et les Italiens,

Avant l’établissement de l’empire romain , l’élément asiatique, c’est-à-dire les lois, les coutumes, les mœurs, la religion et la population de l’Asie, domina parmi les habitants de l’Afrique septentrionale.

Depuis cette époque jusqu’à l’arrivée des AIusulmans, l’élément européen eut la prédominance.

L’occupation romaine , qui traînait à sa suite , en soldats, alliés ou esclaves, des gens pris chez toutes les nations du nord de la Aléditerranée , altéra

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les caraelèrcs asiatiques , et leur substitua les caractères de la race gra^co-latine.

J^a Alauritaiiie Tingitane conserva son type d’indigène. Elle n’avait pas été modifiée par la domination des Carthaginois; elle ne le fut pas également par celle des Romains. Excepté cinq colonies ou stations militaires, Tanger, Ceuta , Sula, Sus et Lixus, dont les dépendances rayonnaient à quelques lieues, sur tout le reste du pays, le peuple-roi n’exerca qu’une autorité nominale. Les naturels étaient maintenus par la crainte, sans pour cela être soumis. La plupart de leurs peuplades n’embrassèrent pas le christianisme. Au septième siècle , elles suivaient encore le culte des mages et des Sabéens.

En 425 après Jésus-Christ , il aborda en Afrique des hommes bien différents de ceux qui l’avaient précédemment occupée. Leur peau blanehe , leur barbe , leurs cheveux blonds, et leurs yeux bleus, formaient un contraste frappant avec la peau brune, halée, et les cheveux noirs des Africains , tant de souche autocbthone que de souche étrangère.

Sortis des forêts de la Germanie voisines de la Baltique, les Alains , Suèves et Gépides, réunis sous le nom collectif de Vandales, leur principale trihu , pendant vingt ans, s’enrichirent du pillage des Gaules, de l’Italie et de l’Espagne. Ils passent le détroit sous la conduite de Genséric, et se répandent de Ceuta aux frontières de la C;^rénaïque, aidés par la trahison d(* Roniface et par leurs alliances avec les ahorigèiies. De Carthage ils firent leur capitale, s’établirent par l’occupation des terres dans la Xumidie, surtout dans

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