‹ Études sur l'Algérie et l'AfriqueChapitre 55 sur 135 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

la Byzacène et la Tripolitainc , laissant par un traité à Valentinien , empereur d’Occident , la possession des Mauritanies Sitisienne, Césaréenne et Tingitane. La sage politique de Genséric contribua autani que la force des armes à consolider leur nouvel empire. Il ne chercha pas l’occupation illimitée des contrées atlantiques : il se contenta de la partie orientale, jugeant avec raison que dans la zone occidentale il était fort difficile de créer des colonies et de les conserver, attendu la haine perpétuelle des habitants contre toute domination étrangère. '

Le nombre des Vandales s’accrut rapidement • cent ans après leur conquêlc , ils étaient IfiO mille en état de porteries armes, sous Genséric, ils n’avaient que 50 mille combattants.

En 533, cette nation, qui avait plus de 600 mille âmes’, fut presque entièrement détruite par Bélisaire. Les hommes furent tués dans les combats, d’autres déportés dans les provinces de l’empire d’Orient. Leurs femmes et leurs filles furent mariées aux soldats de Bélisaire : mille Hérules choisirent des épouses parmi elles, et se fixèrent aux alentours de Carthage, comme fermiers du domaine impérial.

Les Hérules avaient été sur les bords de l’Elbe les

' Le nombre des Vandales, dans le cours d’un siècle, s’était accru au point d’être triple de ce qu’il était à l’époque de leur arrivée. Cette multiplication n’était pas due aux naissances : elle tenait aux émigrations d’Europe en Afrique de la part des Alains, des Goths, des Visigoths et divers rameaux de la race blonde. L’acclimatement dut produire sur les l andalcs ce que nous voyons ici se produire sur les Allemands et généralement sur les. familles d’origine blonde. La mortalité des enfants nés en .Afrique l’emporte sur la survivance.

UES AXCIEXS HABITAXTS DE L’AFRIQUE.

alliés des Vandales. Depuis ils s’en étaient séparés et ils avaient suivi une autre direction. Beaucoup d’entre eux avaient descendu le Danube , et s’étaient mis au service de Justinien. Ainsi, deux enfants de la Germanie, partant du même berceau, vinrent, par deux routes opposées , se croiser en Afrique et augmenter le mélange des races.

Quelques milliers de Vandales se réfugièrent vers le mont Auras, et là, malheureux débris de tout un. peuple, ne purent conserver leur indépendance qu’en vivant à l’état de tribu. Leurs descendants y habitent. De nos jours on en voit répandus partiellement dans le Jurjura, le Flissa, et généralement par toutes les chaînes de montagnes qui entourent le plateau d’Hamza.

Le règne de Justinien fut désastreux pour l’Afrique; les querelles religieuses, les révoltes, les guerres d’extermination entre les chrétiens et les indigènes, les émigrations en Europe et en Asie lui enlevèrent cinq millions d’habitants. C’était une époque de transition; ce fut une voie |)réparée devant la conquête arabe; car la desiruction violente de Vespèce humaine est ici la condition nécessaire de toute ère nouvelle.

Les invasions des Alabométans commencèrent vers le milieu du septième siècle.

La première fut conduite par Abdallah, l’an :23 de l’hégyre , sous le calife Othman.

La seconde, 34 de l’iiégyre, par Aloaiviah, sous le calife AIoawiab-ben-Ali-Sofian.

Elles ravagèrent la Cyrénaïque , la Tripolitaine et la Byzacène.

La troisième , 45 de rhégyre , sous le même calife,

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