‹ Études sur l'Algérie et l'AfriqueChapitre 71 sur 135 · CHAPITRE · texte numérisé non relu

CHAPITRE

L’histoire de l’Afrique septentrionale prouve encore que les insurrections, les perturbations sociales prennent naissance dans l’ouest, et de là, se propageant de proche en proche, eiu^ahissent le reste du pays.

Les nations qui se sont succédé ici, depuis l’antiquité la plus reculée jusqu’à nos jours,' n’ont jamais réussi à étouffer ce ferment d’agitation. Toujours le Moghreb est resté l’Antée de la fable. Là se perpétuent les antipathies ardentes contre toute civilisation. Là se communiquent de générations en générations les habitudes de rapine , les instincts violents, la haine contre tout frein régulateur. C’esf de là que sont partis ces cataclysmes qui ont renversé les dynasties des Edrissites, des Zeïrites, des Almoravides, des Almohades. C’est de là encore que surgira l’insurrection qui détruira avant peu l’empire des chérifs actuels. Qu’Abd-el-Kader proclame hérétique, dissident ou ami des chrétiens, l’empereur Abderrhaman; qu’il promette le pillage de Fez ou de n’importe quelle autre xille du Maroc, à l’instant le Moghreb vomira autour de lui une innombrable multitude d’adhérents.

Aux seizième et dix-septième siècles , les Maures chassés d’Espagne furent bien accueillis dans l’est, à Tunis, à Bône, à Alger; mais ceux qui débarquèrent dans l’ouest , à Mostaganem et dans les ports du Alaroc, furent massacrés par leurs coreligionnaires. Cela devait arriver. Ils apportaient des sciences, des procédés industriels, une civilisation supérieure : par cela même, ils excitaient la haine des Moghréhins.

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