CHAPITRE VIII
hommes ces dispositions (jii’il laiit attacher nos regards.
Or, le pays qui réunit par sa contexture territoriale toutes les dispositions physiques et morales, c’est-àdire qui est assez chaud pour imprimer un cachet méridional, assez difficilement abordable pour ne pas faciliter le contact de l’étranger, qui isole les habitants les uns des autres et les parque en groupes de provinces ou de tribus , qui ainsi leur communique cette singulière tendance à l’isolement, qui, en outre, doit être assez peu éloigné de l’Espagne et de la Gaule, lieux 011 nous trouvons pour la première fois les Ibériens, ce pays-là, disons-nous, est \ Atlantide.
A une époque qui peut être comprise entre 3,500 et 2,000 et quelques cents ans avant Jésus-Christ, l’Europe n’avait pas la forme que nous lui voyons aujourd’hui.
Etaient alors réunies : l’Angleterre à la Gaule , les Baléares à l’Espagne, les Canaries à l’Afrique. Une mer méditerranéenne s’étendait là où gît maintenant le Sahara. Le détroit de Gibraltar n’existait pas, les Colonnes d’Hercule, Calpé et Abyla, communiquaient ensemble par une langue de terre.
Or, ce prolongement de terres méridionales, ainsi le Maroc , l’Algérie , la régence de Tunis , tout le système physique de l’Atlas, avec son archipel d’îles, telles que les oasis actuelles du Sahara, les îles ^ïadère , les Açores et les îles du Cap-Vert, était 1’.^/lantide.
Là naquit et se développa la race brune. Par influence assimilatrice, le sol lui communiqua les carac-
DES RACES PRLMITII ES DE L’EUROPE. 165
lèrcs génériques ci-dessus mentionnés et qui se perpétuent immutablement depuis des milliers d’années.
Or, quand depuis des milliers d’années on voit une race rester la meme, comme est la race brune dans les Pyrénées, les Asturies, les oasis et les hautes montagnes de l’Atlas : quand elle est restée la même, malgré les diverses civilisations qui l’ont abordée : quand elle ne s’est pas laissé absorber par les innombrables bouches absorbantes qui l’environnent : alors on peut être certain , quelle est véritablement fille de la terre sur laquelle elle produit ce phénomène d’immutabilité.
Elle est véritablement authocthone lorsqu onia voit, à l’instar d’Antée, puiser dans le sein de sa mère des forces toujours nouvelles.
Avant le dernier cataclysme qui a tracé à l’Europe et à l’Afrique la forme quelles ont maintenant, avant la destruction de l’Atlantide, la race brune était parvenue à un point élevé de la civilisation. On doit le croire : parce qu’Homère, Hésiode, Solon, Platon, Diodore de Sicile* et une foule d’historiens anciens,
' Solon, après avoir donné des lois aux Athéniens, passa en Egypte. Il apprit , dans ses conversations avec les prêtres de Sais , l’histoire de l’Atlantide. Ce sujet l’enthousiasma ; il en parla aux Grecs. Pour vulgariser davantage le fait de l’Atlantide , il avait projeté d’en faire un poème : la vieillesse et la mort ne le lui laissèrent point achever.
Au delà de l’Atlantide, dit Platon, il y a beaucoup d’îles, derrière ces îles un vaste continent , et derrière ce continent la vraie mer.
Diodore de Sicile dit que les Phéniciens ont pénétré fort loin dans l’Atlantide , et qu’ils ont relâché sur une terre fertile où il y avait des fleuves navigables et de somptueux édifices.
Si les textes n’ont point été altérés , il est rationnel de voir l’Amérique dans le continent de Platon et dans les fleuves navigables de Diodore.