‹ Études sur l'Allemagne, ancienne et moderneChapitre 16 sur 55 · DEU90A · texte numérisé non relu

DEU90A

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Mémoires de Hans de Sehweiniehen,

Narrenbucfu

Sebastien Brandt, — Stultifera Navis.

lOSnnilT SEHSUAUSTI M L'ALLHAGin AU XYT SM.

Ëxpansion et développement industriels. — Nouvelles mœurs.

La vieille Allemagne s'écroulait ; les institations populaires allaient naître ; les fragmens du corps germanique, longtemps dispersés et éparpillés, tendaient à se fondre au feu brûlant des guerres religieuses, pour se réunir ensuite en un formidable faisceau. Peu à peu vous voyiez les mœurs domestiques et patriarcales s'éteindre, et l'hospitalité sévère du foyer féodal céder la place à des moeurs plus sociales, moins pures, moins austères, moins grandes. Â la poétique étiquette de ce moyen-âge, où chaque homme avait sa place fixe et son costume arrêté ; à ces guerres acharnées et peu sanglantes ; à ces attaques courageuses; à ces vengeances de famille ; à ces discordes plus que royales qui divisaient les seigneurs suzerains ; à ces rudes vertus mêlées de férocité, de loyauté, de dévouement et d'honneur, succédaient un luxe plus vaniteux, une élégance inconnue, une avidité de ridiesse qui détrôna bientôt l'antique valeur guerrière. La Germanie avait été un camp; elle devint un marché.

 peine quelques rayons lointains de la gloire chevale^ resque oobraient^ihl encore cette ^^oque transitoire. Les

rangs se mêlent ;. la bourgeoisie lève la tête ; Luther sonne le tocsin ; le positif et l'utile acquièrent du prix. La prose, en un mot, pour nous servir d*une locution toute allemande, hérite de la poésie. I^ commerce prend Tessor. L'idéalisme que la religion romaine avait protégé recule, pâlit, fuit dans les profondeurs du sanctuaire, cède à la prépondérance nouvelle et sans cesse plus forte du protestantisme à peine éclos.' C'est cette époque, c*est la réformation qui inaugurent le monde nouveau» De cette source lointaine découlent, on ne Tignore pas, la révoliution française, la philosophie analytique et les premiers essais de l'économie politique ; à elle aussi se rapporte la naissance de nos théories financières; le trois pour cent, les emprunts publics et la dette nationale n'ont pas d'autre berceau. Les princes allemands, sous l'influence des passions religieuses qui les agitaient, eurent recours les premiers à ces panacées ; et les Mémoires authentiques du héros dont je vais m'occuper prouvent que nouç aurions tort de nous attribuer la gloire de ces découvertes et le privilège exclusif de ces ressorts.

su.

Deux chevali«rB du xvi* siècle.

Le narrateur ingénu dont je vais parler ét^t attaché par des liens de vasselage et de dévouement au fib d'une antique famille féodale^, à flenri duc de Liegaitz. Historiographe et écuyer de ce seigneur, il se nommait Hans de Schweinicheny et n'avait pas seulement du courage, de l'esprit, de la vigueur et des aïeux. Il connaissait à fond l'art de faire des dettes. Je doute que les i^us experts

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