‹ Études sur l'Allemagne, ancienne et moderneChapitre 18 sur 55 · AU X9V SIÈCLE · texte numérisé non relu

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volonté qne nous ne qualifierons pas, à n*étrè sonmis que deux fois à cette correction ignominieuse : il n'a pas oublié, dans ses !!^lémoires, les dates de ces événements.

Quand tous les habitants du château s'étaient enivrés, et que le vieux duc dormait sur les tapis 'de la salie suzeraine qui lui servait de prison, les tours des pages commençaient Souvent aussi le jeune duc, ivre comme son père, se battait avec ceux qui voulaient le porter dans son lit: Hans qu'il aimait avait seul le droit de le calmer un peu. Il couchait dans la chambre du jeune duc, qui se relevait furieux et assommait son gardien.

Le dégoût d'une telle vie éveilla le talent poétique du page, et Hans de Schweinichen, imitant les vengeances provençales des troubadours, écrivit contre le père et le fils un Sirvente en vers allemands. La pasquinade apprise par cœur, répétée par les pages et les varlets du château, redite par les dames des environs, parvint jusqu'aux oreilles des maîtres. Ce crime de lèse-majesté ducale ne pouvait être pardonné. Hans fut renvoyé chez son père. Soie , velours et or, furent remplacés par le pourpoint gris et la toque de feutre. Rester confiné dans la solitude du vieux château de Merkschutz; diriger eu troupeau d'oies et surveiller les poules pondeuses, occupations bien vulgaires! Le triste manoir paternel ressemblait peu aux salles de Liegnitz, étincelantes de torches et de dorures, retentissantes de chants joyeux, pleines de convives et de buveurs insouciants !

Un seul amusement consolait le jeune homme, le plaisir de conter fleurettes : dans les environs pas une beauté qu'il n'eût invitée à la danse et amusée de ses discours. Boire à pleine rasade, fatiguer le parquet en noyer des salles de bal, méditer sur la coupe et la nuance d'un nouvel habit : telle était sa vie. Le dandy n'a jamais varié. Les costu*

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m69 changmit s rbomme ne change pas. Quelle estime a?ait Hanspoar un bel habit I Quelle admiration pour une coupe élégante î Avec quel amour Bans décrit la longue plume blanche qui flottait sur sa toque et le pourpoint de futaine tailladé qui faiaait TeuTie de tons les seigneurs I Grammont et Termes n'étaient pas plus profonds dans cette science : ils n'attachaient pas plus de prix à la recherche, à la splendeur, au bon goût des vêtements. Quand il accompagne h cour à Lublin, Hans ne s'occupe ni des intérêts politiques ni des personnages qu'il rencontre. Il n'y a pour lui qu'une pensée, un intérêt et un sujet d*orgueil; c'est ce beau pantalon de soie qui dessine sa jambe noire et sa jambe jaune , bordées de galons écarlates.

Son journal offre un mélange amusant de détails de costumes, de sentiments pieux, de recettes économiques, de comptes tenus avec des fournisseurs, de mémoranda sentimentaux, d'éjaculations pieuses, de confessions peu édifiantes et de notes licencieuses. Le prix du grain; l'aumônière donnée à une jeune Italienne voyageuse ; les trois brocs de vin fumeux engloutis la veille dans un grand repas; le gain du jeu ; la valeur courante des marchandises ; quelques souvenirs tendres ou mélancoliques y sont confondus de la manière la plus grotesque et la plus caractéristique. Hans est à la fois économe, religieux, libertin, vaniteux, buveur, avide de gain, prodigue d'argent, tout cela dans une seule phrase.

c Cette année, dit-il, j'ai eu le malheur de perdre ma mère : Que Dieu ait son âme, je la [durerai jusfei'à la fin de ma vie. — Le blé se vend deux grotschéns le setier. — -*- Mon père a augmenté ma pension de onze thaleni. -^ n m'a donné un bd habit de deuil ea vdkNuis noir, qui

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pourra ne maoqQer de plaire à Aagustine. ^-^ Il y a de** main grande réonion à la taverne des Trois Anges^ on y boira rudement — Dieu me fasse la grâce de vivre dans la paix, Tinnocence et la santé, Amen I — Voici qodk est la valeur actuelle des comestiMeiB, etc. »

Augustine de Trébec^ jeune fille aux yeux noirs et qui chantait divinement, l'occupa quelque temps ; mais Tintrigue la plus curieuse de sa jeunesse est celle qu'il noua vers l'âge de vingt-un ans avec la belle Catherine de Boek^ fiUe d'un savant humaniste. Entrons dans cette maison aux panneaux de chêne, dans lequeb sont incrustées des verroteries et de la porcelaine ; au fond de la salle ovoide^ derrière un petit escalier à vis^ est assis le vieux de Boek, entouré de bouquins comme d'une triple muraille. C'est un type allemand, cet Albert de Boek : il n'estime que deux choses : son latin et sa bouteille. Il ne comprend pas le latin sans boire, ni l'ivresse sans la grammaire. Les libations sont toutes accompagnées de tirades latines, et c'est en mots Gicéroniens et Virgiliens qu'il boit à votre mité, qu'il vous enivre et qu'il s'enivre. Auprès de ce savant au bonnet de fourrure, entouré d'in-fdios tachés de vin, une jeune personne blonde se tient debout. Son innocent sou-^ rire et ses yeux bleus éclairent d'ime douce lumière la caverne de la lexicologie. C'est elle qui verse le vin dans la tasse d'argent ciselé, vieille relique de lé famille. Pour ga-* gner le père, Hans se remit au latin, et, dès qu*il fut tapa-" ble de trinquer scientifiquement avec de Boek, ses entrées dans la maison furent assurées : c'était ce qu*il désirait Une autre dame de Souabe mérita aussi ses homma^ t un accident alors commun rompit le cours de cette nouvelle intrigue. Hans était inquiet de ne plus revoir cette jetiiktt periMAiè^ w ifiant demande!' de ses ilouvdle»^ fl

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apprit qu'elle était mère avant d'être épouse. Mœurs des temps paasés!

Lovelace de sou temps et buveur infatigable^ Hans racoole avec complaisance ses exploits variés. L'amour du vin, passion septentrionale, était alors à son apogée; l'hospitalité enivrait impitoyablement le convive, dût -il en mourir. La capacité des gobelets, témoignage de la capacité des héros de l'époque , serait un objet de terreur pour nous modernes. Toutes les cours de princes avaient leurs Hercules buveurs. On élevait et on exerçait dans cet art, quelqoe monstre, quelque manant, un nain difforme chaîné de soutenir la lutte du vin avec les étrangers qui se présentaient ; ivrognerie', courage , vertu étaient identiques aux yeux du peuple. Il faut voir avec quelle humilité de repentir le jeune homme avoue la faibleve de son coup d'essai dans la science de boire.

« Je ne m'étais pas encore exercé, dit-il, et le jeune Gaspar Ecke von Tscheswitz eut peu de peine à me battre : il suffisait alors, je l'avoue, de six bouteilles pour me faire quitter ma position horizontale. Pendant deux jours et deux nuits je dormis profondément. Hélas ! c'est une honte, je le sens, mais cela ne m'arrivera plus. J'ai appris mon métier, je suis maître, et je déûe le plus habile à ce combat, n

En effet, jusqu'à la dernière vieillesse la réputation bachique de Schweinichen ne fit que s'accroître et occupa bientôt une place importante dans le drame de sa vie. Les courtisans s'humiliaient devant sa supériorité : un pauvre conseiller du prince, assez téméraire pour le provoquer, perdit la vie dans cette lutte. A Gustrow, dans le Mecklembourg, il avait passé une nuit presque entière à s'exercer^ comme il s'exprime, avec une douzaine de jeunes écuyers. Quand il fallut descendre de la salie haute qui servait de

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théâtre à leur orgie» on appela les valets porteurs de torches. Ivres à l'exemple de leurs maîtres, les valets ne se présentèrent pas, et la troupe joyeuse, incapable de retrouver sa route à travers les escaliers obscurs, y resta éparse et étendue jusqu'à l'aurore. Le matin venu, on chercha Hans, que personne ne put trouver. Vers h fin du jour suivant, un cri plamtif sortit d'une tonne vide placée au bas de l'escalier. C'était l'asile qui avait accueilli Hans dans sa chute : nouveau Réguius, il y était resté, dans une insensibilité complète.

Ivec tous ces défauts, Hans était bon fils, ami dévoué, homme vertueux à sa manière; il parle de sa mère avec une tendresse sentie et profonde. Le duc de Liegnitz rendit enfin ses bonnes grâces au jeune page qoi l'avait chansonné; depuis ce temps les heures de Hans furent partagées d'une manière égale entre les visites de famille et les visites à la cour. Voluptueux, frappé des objets extérieurs, amoureux du luxe, de l'éclat, et, il faut bien le dire, épris de toutes les femmes, Hans devient poétique lorsqu'il décrit les amusements de cette cour et les plaisirs qui l'occupent. Il vante surtout le beau jardin du château de Liegnitz avec ses grandes allées régulières, ses pelouses veloutées, les dames qui s'y promènent, faucons sur le poing, vêtues de robes de satin à queues traînantes que soutiennent de jeunes pages. On chasse, on court la bague, on danse le soir aux lumières; le vin est bon, les femmes sont charmantes.

« Vrai paradis sur terre I s'écrie ie- jeune homme; je ne me souviens pas d'y avoir aperçu une seule figure triste et pensive ; le deuil et la mauvaise humeur en étaient bannis. »

Hans offre ses hommages à plus d'une jeune habitante du paradis de Liegnitz. Sa manière de procéder est

lu

46 LÇS ESNÈ0LES AUB«Ain)S

iiiT«rM>te. ÂTl début sa paissioïKMttfte; on parie dentioM, le dénoAmeut approche, il se refroidit ; et dès qu'il entend ésonner le mot fatal mariùge, il abandonne Bon projet et rompt avec une brusquerie et un sang4h>id fmpertnrbables. Tour-à-tour LueiU PromnitZy Jungfer Hédèe^ Zkkeline Geissler sont Victimes de ses promesses et de ses belles paroles. Elles acceptent sa main et (e voient se désister au moment dn contrat 11 refiise Tnne, pan^ qu'elle mange trop de suicrè et qu'en une seule fois elle en a consommé pour deux ducats; l'aulte, parce qu'eUeest trop jeune, dit-il ; une ttDÎsième, parce qu'eBe ne sait pas faire la euisitte et surtout parce qu^eHe manque ses gâ^ teaux. Dans le couHs de Hfn liaison avec la fille de Grau Kittlitzen , un incident M «ur te point de le décider enfin à ce grand pas. Un vieux juif très-riche demanda la main de la jeune fille ; le duc lui-même invita son page à ne pas balancer plus longtemps et promit sa faveur et sa protection aux deux époux.

« Ce fut pour moi, dit le naîf auteur de ces confessions antiques, un temps de trouMe et de crise. L'indécision la phis cruelle m'agitait. Je me couchai sans pouvoir to'endorftïir ; et je me sentais incapable de prendre aucun parti ; la sueur coulait de mon front et baignait mon oreiller; cette gestion mille fois répétée retentissait à mon oreille : t'épouserai'je ? Fatigué, j'allais m'assoupîr quand une voix secrète sembla me crier : N^ épouse pas ! non^ fC épouse pas!

» Je me levai précipitamment Son Ahesse était encore occupée à boire dans la grande saille. J'y entrai à demivêtu, et remerciant le duc de sa bonté pour moi, je lui déclarai que l'état actud de nfôs aÏÏàîres ne mè permetmettaSt pas de swDger au wartage^ iusatôt je nùte "sëntS^ te

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cœur joyenx et léger ; preuve évidente qae teBe n'était pas la tdonti & Dieu. Beauté, ridiesse, jeunesse, verta, candenf , uti taractère excellent, Anna Rittlitzen avait tout; mais Dîen est poissant, il ne Ta pas vonlo. »

Le roman ^e nôtre héros se termine id «t son drame commence. Les orgies dn cbâtean, le luxe, les dames et les demoiselles dn jardin de Liegnitz, ont vidé rescarceHe d« son altesse. Il fimt vivre; le pays est en paix; et les revenos du doc sont dilapidés. Don Quichotte de Fauûitee, thevaBtt- efrant de l'emprunt, il sort de sa forteresse ; un nouveau plan de tonduite va réparer les torts de la fortune, il vivra d'adresse.

Les boorçeôSs s'enrichissent ; le commerce grandit; l'or conie à fk)ts dans les comptoirs d'Angsboui^ et de Magdebour^ Il y a là force commerçants à rançonner et bourgiïemcstres à faire dupes. Le temps n'est plus où une bande couverte de fer «t commandée par un suzerain prélevait sur les vîBages et les villes la dttae du faustrecht. Notre duc de Liegnitz entre 1672 et 1576 bât les buissons de la Germanie, parcourt vîHes, bonrgs, châteaux, villages, communautés et cours princières, vit aux dépens de tous , emprunte de toutes mains et mendie sans scrupule; bon faiseur de dupes, Panurge infatigable, buvant le vin des manants, s'asseyant à la table des altesses, débiteur universel de l'Allemagne, et gagnant à cet aventureux métier une facilité d'élocutîon, une grâce de manières et une adresse d'escamotage diflSciles à surpasser. Hans l'accompagnait et l'afdait dans ses exploits ; il exécutait les commfsi^ons dont le chargeait son maître et dupait le bourgeois pour le compte du seigneur, sans s'approprier un pfenning de la recette commune. De château en château, de vltte et vffle ; princes de f empire, nobles, paysans,

grandes daines, juifs, abbés, nonnes, courtisanes^ écuyers, valets, jusqu'aux nains et aux bouffons des princes, tout le monde payait contribution au duc de Liegnitz et à son factotum. La plus petite somme était bien accueillie et payée exactement en reconnaissance et en belles paroles. Deux fois arrêté pour dettes à Cologne et à Ënmieridi, le duc multiplia si bien le montant total du déficit paternel, que l'empereur, fatigué de tant d'extravagances, le déposa comme son père et transféra la couronne ducale sur la tête de Frédéric, son jeune frète. Frédéric ne fut pas meilleur économiste que son aîné.

Les trois-quarts du patrimoine de Hans avaient été absorbés par les prodigalités du maître, qui empruntait même à son écuyer ; le fidèle serviteur ne se plaignit pas, ne fit pas une observation et continua bravement à servir le duc de toute son âme. Cette vie lui plaisait Aujourd'hui couvert de brocard et d'hermine ; demain réduit k la besace ; tour à tour mendiant chez un bourgeois et fêté par les comtes de l'empire ; salué jusqu'à terre par les Fuggersd'Augsbourg; poursuivi par les gens d'armes et les recors et forcé de mettre en gage les pierreries et les riches armures achetées trois jours auparavant pour briller dans un tournoi : — cette vie de haillons et de splendeur, vie bigarrée, étincelante et misérable, avait un attrait bizarre infini pour l'imagination aventureuse et l'âme novice du jeune homme. Il aimait ces transformations, ces changements de scène ; cette vie bohémienne ; ruses de guerre, stratagèmes comiques, périls de toute espèce, richesse et détresse, — c'était l'intérêt d'un drame d'intrigue.

Le duc de Liegnitz, dont le lecteur apprécie la morafité, prétendit au trône de Pologne. Il s'y rendit en 1576, escorté de l'inséparable Schweinichen. Le tableau exact de

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h Pologne au seizième siècle offre des traits carieux que nous ne dédaignerons pas de reproduire et qui appartiennent à rhistoire. Â Gracovie le duc Henri fut invité à un magnifique festin par le woivode Pierre Paroskyn; les libations polonaises dépa3sèrent, sll faut en croire le narrateur, la magnifique ivrognerie allemande. Tous les convives, pour prouver leur attachement au futur roi de Pol(^ne dont ils juraient de soutenir la cause, brisèrent à la fois sur leurs occiputs les grandes coupes de cristal remplies de vin de Tokai Sauvages et probes, les Polonais donnèrent un témoignage irrécusable de cette moralité presque fabuleuse. Le duc, ivre après le repas, avait essayé de figurer dans un quadrille. Sa bourse, qui contenait mille florins et une chaîne d'or de la valeur de 1,700 rixdallers, le gênait dans ses mouvements, il confia Tune et Fautre aux premiers valets qu'il rencontra. De la main des subalternes ces bijoux passèrrat dans celles des seigneurs. Liegnitz, qu'on emporta chez lui dans un état peu raisonnable, oublia de redemander la bourse et la chaîne ; et le soir Hans s'aperçut avec douleur que ces deux objets précieux lui manquaient.

En s'éveillant, le duc revenu à lui ne put se rappeler «d ]a figure ni le nom des dépositaires. Dans la cohue bruyante du bal, nul n'avait soi^éà s'approprier leç deux objets ; à dix heures du matin deux Polonais se présentèrent et remirent entre les mains de Hans la bourse et la chaîne : c'étaient de nobles personnages, des courtisans et des se%neurs. Hans donna dix ducats de gratification à chacun d'eux et leur joie fut extrême, ce qui complète le tableau.

Les habitants d'Augsbourg furent consciencieusement rançonnés par le duc de Liegnitz qui demeura longtemps

dans cette tille ; la bonhomie des habitants et leur facilité la lui rendaient chère^ Ses jours et ses nuits se passaient à la table de jeu dont il corrigeait habilement les chances, s'il faut en crofare Schweinichen. Troiâ ou quatre cents ducats par àéance étaient le résultat et le tropkée de ses travaux. Hans lui^néme marchait sur les pas 4e son général,

Hftiid panibat «quls^

mais enfin avec gK^re. Les tiehes citoyens d^Âugsbourg se tirouvaient honorés de tels- hôtes. Fugger d*Augsbourg, le plus ridie négociant de l*époque, «celui qui donna une dot de 200,000 rixdailërs à sa fille atnée, fut Tobjet d'une atattaque vigoureuse dirigée par le duc et secondée par son {M'emier ministre. Le vieux marchand rusé repoussa scieu* ti&quement Tassant II voulut bien satisfaire sa propre vanité en iilvitant le duc à des banquets splendides; quant à de l'argent, « il n'en avait pas, disait-U, attendu qu'il Tenait de prêter au ttii d'Espagne une somme de 11^,000 du* cals d'or comptant. » tdrce fut à notre téros d'accepter fectte réponse et de s'en contenter.

Désappointé par Fugger, il se retourna Vers le grandconseil iet au lieu d'exploiter tes bourgeois individuellement, U résolut de les assaillir en masse. Le vdlà devant les bourgttemestres et commerçants composant le grand-con- Seil de la ville. Couvert de son armure, il exposa ses nécessités et ses détresses à tous ces vieillards attentifs, couverts de drap gris et de velours usé. C'est un axiome évident, que la niaiserie des hommes s'accroît en raison de leur nombre et que rien n'est plus sot que la foute ! Fugger n'a- Vait pas été dupe de Liegnîtt ; sôii^ante commerçants réunis

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cédèrent à fiies séduotioas, A Taspeet de se» pages, de ses écuyers, de ses fauconniers, de cet appareil qui , en prouvant ses goûts de dépense, devait exciter la défiance et décréditer ses promesses, nos marchands furent saisis d'uu respect superstitieux. Un pauvre homme les jurait trouvés iq^orables s ee grand personnage qui les éblouissait de sa splendeur avait droit à kur hommage. Mille ducats d*or loi furent prêtés sur sa reconnaissance pure et simple , sans intérêt, et sous la condition de rendre cette soqime dans un vu Fugger lui-même eut pres<pie honte d'avoir eu du bon sens. Il se reprocha dw avarice «t pria Liegnitz d*ac^ cepter faute de mien un petit vaisseau en verre fondu ^ filé, coulé et tordu, chef-d'œuvre d'industrie, que la mala-^ dresse de Haas, détruisit dans un accès de gaité4)aehique. Les mille ducats prêtés par la bonhomie du grand-K^nseil servirent à liquider les dépenses que le duc avait faites à Angsbourg. Il solda le compte de son aubergiste et laissa crier les fownisseurs. Grâce à la générosité du ^énat mercantile, le iséjour de Ueffùtz dans cette ville, séjour map* que par uae dissipation et une extravagance incroyables, se prolongea beaucoup.

Qqek[u€i traits de moeurs peignefït l'époque de couleurs vives flt bizarres. Un boui^;eois avait prié Hi^ps dn Sdbweinichea d'assister à ses noces. Le duc «lirait bieqf voulu être de la partie ; comme te rang £t le titre d'altesse ne s'accordaient pas avec la oanifeslalion 4'u9 tel désir,, on n'avait pas osé lui fure cette prc^mtion*

< Hans, idit-il k son écuyer^ j'irai et tu oji'emméneras, eo qualité de domestique.

*-« Seigneur duc, c'est Toui compromettre.

-* H^ raisonne pas. Je m'enivrerai ai|ssi ndbdementqBO ledenûerviintdetta joite. *

En effet ils se rendirent ensemble au lien dn festin; le prétendu valet se conduisit si mal et son ivresse fut si scandÉteuse, que Schweinichen se trouva forcé de l'emporter. Le duc après un sommeil de vingt-quatre heures regretta la fête; le bal devait recommencer le soir. Sacrifiant l'orgueil du rang à son plaisir, il écrivit un mot de sa main ducale an ^ nouveau marié , qui fut singulièrement flatté de la demande. La vanité bourgeoise de M. Jourdain n'appartient pas seulement au temps de Molière. Un tel honneur fut apprécié comme il devait l'être; une députation solennelle vint remercier le noble duc et le conduire en grande pompe à la salle du baL Laissons parler Schweinichen : ^

« A Augsbourg, dit-il, c'était alors la coutume que deux personnes vêtues de longs manteaux rouges doublés d'hermine ouvrissent le bal et exécutassent un menuet fort lent, espèce de pavane, avec force révérences et gracieusetés. Quand les deux danseurs ont exécuté toute la figure, deux autres personnes suivent leur exemple ; puis un troisième couple les imite ; k ce troisième succède un quatrième, et ainsi de suite jusqu'aux derniers danseurs. S'il plaît au couple qui ouvre le bal de changer les figures, chacun est tenu de faire comme Hii; s'il se retourne, on se retourne ; s'il balance, on balance ; si le danseur embrasse sa danseuse, chacun en fait autant Les danseurs qui devaient ouvrir le bal avaient reçu la veille de nombreux présents de la plupart des jeunes danseurs qui devaient les imiter et les suivre; et ces présents magnifiques étaient le pot-de- vin d'un traité que je vais expliquer. Le premier couple s'engageait à multiplier autant que possible les marques de tendresse; le pacte était déclaré nul d'avance, si te nombre des étreintes s'élevait à moins de quatre-vingts.

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Moi-même je pris part à cette conspiration singulière, qni rapporta plus de cents ducats aux deux premiers danseurs, et pour quelques florins j'en fus quitte : plus d'une jeune fille à la bouche fraiche^et riante, sur laquelle mes lèvres s'empressaient de se poser, ignorait quel était le prix du baiser.

» Cependant le domestique de la veille, mon seigneur et maître entra tout-à-coup dans le bal, couvert de pierreries et d'or? J'ignorais la démarche qn'H avait faite ; sa présence m'étonna.

• Comment vous trouvez-vous ici ? lui demandai-je.

» — J'accours, répondit-il gravement, sauver l'honneur des damoiselles ici présentes. Je vous connais de loin, mon fidèle écuyer ; je sais que vous venez ici pour y tendre vos pièges accoutumés, et comme je repecte infiniment ces belles, je viens les protéger.

« — Merci, lui dis-je ; je suis touché de l'intérêt que vous inspirent la décence et la morale chrétiennes.

» — En effet, elles étaient là, continue le na!f et plant narrateur, elles étaient là, plus de soixafnte-dix dames admirablement belles et parées, et qui faisaient plaisir à voir. Viei^e du ciel ! quelle soirée \ quelle nuit ! éclatante de figures d'anges, rayonnante de gracieux sourires, ornée de mille clartés ; toutes ces dames en damas blanc et moiré pour faire honneur à la fiancée ! Tant déchaînes d'or et de pierreries qui se jouaient sur des épaules nues ! Des rivières de diamants, moins belles à l'œil que la blancheur des jeunes femmes. On brijllait des parfums dans des vases d'argent. La grande salle, éclairée par des candélabres^ ressemblait à une église tendue de lampas rouge broché d'or et d'argent, chargé de dessins qui représentaient des fleurs et des fruits. Vous eussiez dit le paradis du ciel. Une

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conienrase, dem tbéiffbes, trois sactiiebtlteli^ ti^b tàttlboarins et six flûtes guidaient dans leur Td rapide cette foule enivrée et rayonnante; c'était le bonheur des élus, un spectacle que je ne reverrai jamais.

» Le soir, je reconduisis chez elle une jeune fille belle et riante et qui se recommandait en outre à mon attenfîoti par les charmes non* moins attrayants de sa fortune. Son père lui donnait pour 4ot deut tonnes pleines d*or. Il m'accueillit comme si j'avais été prince ^ l'empire; quand j'eus ramené sa fille chez lui, il eut la complaisance de me faire asseoir, de placer devant moi d'etcelletit vin de Tokai et de boire avec moi pendant deux heni^s ; après quoi il m'offrit son grand carrose, adtmir dtiquel chef auchaient huit pages armés de torches qui me reconduisirent chOitnoL «

Tant que les Augsbourgeois voulurent être dupes, le duc leur fil h grftcé dé lès duper ; cette résidence il Angsbourg, âge d'or du prince et de son compagnon ^ ne pouvait durer loilgtemt)s« A force dé traitei* l'altesse et sa suite, les bourgeois tftt^tmt leura poches, éonsùltërent lèura daisses, y trouvèrent un déficit considérable et réfléchirent aux inconvénients que peut entraîner le (Saisir d'avoir un duc soutendn pour hôte et pont* commensal. Cette leçon leur apprit

Qae tout flatteur

^t aux dépend de celui qui l*écout6

et ils pensèrent qu'il était temps de congédier cet honorable escroc.

Tout fut fini pour Lîegnitz. Se présentait-il à une table de jeuT lés joueurs disparaissaient ! on savait ce qu'il en toûtait de résister à la supériorité de sa fortune et aux

Au jm« siMLtï. f S

ikm^ ^*I1 tflttmsftit Le flynism Am taafto(69 Sdiwel^ nichen frappait en vaiù à toutéë les pdHèé : nitfh^MdBi }tlife, ustiHerSi brocdnleUtii, itobles vanltëtlx^ tobliftalers timiaës, fëtnméë honnêtes, réfagienses oa filll» IMM de leur torp^ éiatigiit flétëtins iourdfii «t liifleMbtos. ChaettU troilf ail de bonnes raisonij ptmt échapper fr la eoittrllMiUdË prélevée ptûT Schweiftichèii el stm tnâttre. Les flmds dea deux at^tnî^et» baiJ!isaienldé]olir en Jonl* $ éi lehott Haiii« totiëfié de là détrësSè dn prinëe, ftit obligé de vMidr« p&tkt Btie sioitintè de 8aixaâte-ëiliè( dbcàta la bëllfe dàêtuè d*of pa^ ternellë.

Haiis ^1 t^alt de doimë^ dii p»ii k là dédessitëtiM altesse et de céder à bas prix ùii bijon (|tli lui était cher se trouYait sans un denier; 11 n^atait t^s gattié uil àëtit delï soixànte-êlhct duéats. Qnàiid il eut bësolÉ de qtiek[tie argent t^hr faire raccOmitiôâ&r sa ehàu^iire, le sëigfietir le tança tertëtnent et fëfosà, non de lui rëtidrë^ bail» de Itii prêter la pins faible j^aHie de cette sodiiÉlë^ Ode àll gétifrretix sacrifiëe de Schweiniëhen.

Après diie telle marque d'ingràtltndë ne cltlyei pàil que Schwehiicheti se ^t rebuté. Le chien h*apt)itftient pte plus âyetlgléniëht l son mèftre ^ë ce pauvfë Hans iu dtic de Uegnitz. On pattit d'Ang^lw^i^ poût te r^lto à (iologtté. Dl» lé début , le dii6 dofit l'e^rëeBe éMî iê^ serte invita à dlhër tddtë là Ville -, ûtHmû ^û9è fttô ^ et huit jôUts âpré^ il deVàît dut} éénté duëàt^ àtt tfiàtti^é de fatiberge. Les antééëdètitÉl diï sHz^ih vagàbôiid étàMt parvenus jtlsqti'slti tàtcrtrièf. Il rêcklriîa thettéiit Éion m)êe de Cotapte et m VàhtM pas. A force de diplëiâ^Së Âfifis obtint qtieJcJne répit; mais le délai de tjtiiilzé jOtirs ëxpÎM, I^atiBërgke détint jSlt» menâçaitt ^tiè jàmaiii. Qtlë fàii^î lëdàe mit ^ iAm rédâsi pf« du toâsdl^générA d'Ati^

78 LES ESPiteEJSS ALLEMANDS

sboarg, qa*il résolut de soumettre à la même épreuve le conseil-général de Cologne.

Hans reçut plein pouvoir de son nuiltre pour traiter avec les bourgeois. Il ne demandait qu'un faillie emprunt de dix mille ducats seulement pour deux années^ avec tous les intérêts imaginables. Hanssepréseata donc devant la vénérable afl^niblée, qui le reçut avec le respect dû au plénipotentiairo. . On Técouta d'autant plus patiemment, qu*on était résolu d'avance de ne rien lui prêter. Tout le monde se leva quand l'éloquente oraison fat terminée. On vota k l'unanimité qu'une garde d'honneur serait accordée à l'orateur , que cette garde le reconduirait jusqu'à son domicile, et que l'on délibérerait en séance solennelle avant de doqner réponse au noble duc.

Trois jours après, la députation des bourgeois revint trouver Hans de Schvireinichen et lui apporter la réponse écrite et la délibération du conseil; — réponse aussi longue, aussi verbeuse, aussi respectueusement hypocrite que le discours de l'ambassadeur avait été diffus. « On admirait, disait-on, l'éloquaice brillante de Hans : on avait pour le duc et ses aïeux une grande vénération. Toutefois, dans l'impossiUlité où se trouvait la ville de prêter de l'argent aux grands seigneurs, elle se contentait d'offrir à son altesse, non le prêt, mais le don gratuit de deux cents ducats. » Cette offre humiliante fut acceptée.

On vivait ainsi d'emprunt et d'aumônes ; on effrayait un fournisseur exigeant; on esquivait les atteintes de la justice ; on fuyait d'une ville dans un couvent et d'une bourgade dans un château : en désespoir de cause on cherchait asile au fond d'une église ; ce genre de vie continuait, quand une nouvelle douloureuse pirvint jusqu'aux deux av^turiers. La noblesse héréditaire et les domaines qpe les an-

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cétres de Liegoitz lui avaient transmis se trouvaient réduits à rien. Le duc avait cessé d'être duc; son frère lui saccédait par décret de Temperenr, et Frédéric de Liegoitz possesseur du château et des terres actuelles de ce nom s'occupait déjà de continuer le travail si bien commencé par ses prédécesseurs. Les créanciers du duc Henri, apprenant cette déchéance, accoururent en foule : l'un d'eux, à qui l'on devait 2,364 ducats, fit saisir les chevaux et équipages de son altesse. On voulut bien laisser au duc la liberté, par considération pour son titre et pour son rang; mais on vendit impitoyablement tout ce qu'il possédait et la chambre électorale de Cologne , auprès de laquelle il porta sa réclamation, répondit: « Que, tout prince de l'empire qu'il était, il devait payer ses dettes, et que l'on ferait saisir et vendre à l'enchère les effets de l'empereur lui-même, le cas échéant. »

Telles furent les paroles mémorables de l'arrêt rendu par la cour électorale de Cologne. Ainsi naissait dans l'ombre la fierté nouvelle de la bourgeoisie ; ainsi elle préludait à ses conquêtes futures et à sa longue résistance. Â ces désastres une calamité inattendue vint se joindre ; la peste se déclara dans la ville où elle fit de grands ravages. De Cologne nos aventuriers partirent pour Enunerich. Un incident que rapporte Schweinichen nous donnera une idée de ce qu'était devenu le courage des chevaliers, au commencement du sdzièake siècle.

« Parmi les suivants de son altesse, dit-il, se trouvait un certain capitaine Grottieken, le plus fanfaron des hommes. Deux dagues et trois pistolets ornaient sa ceinture ; sa magnifique épée à poignée de fer en croix valait bien, pour la longueur et la largeur de la laoae, deux de nos lames ordinaires; VW0 eussiez dit que cet homme allait dépeupler

7» LES ESPIfBQlEa AUfMANDS

la terre et d^vQ^er le sf^nre buipain, |1 ne payait qa^ cki 1^ i^é\^ e( de ses el^p)Qi^.

9 Vn sqir il se prit 4e qu^e}!^ ^Y^c m soldat flfifDaDd, et les de^l^ braves fixèr^t )e jour et Tb^ure du CQipbat l^ )endema|{i d^ trèsrlxjinqe beqre, le soldat flam^pd Tint tro^Y^r Grottiekea qui dormait encore; ce dentier stvait un jambe d^ t^ois. Il laii^ le Fl^m{iud s'fipprqGher de ^oi| lit, (^usa quelque, temps avec loi de bonae ftpiitié, dé-i taob^ ^9^ bruit sa jambe de bois, et au rnomeut oh soi^ s|dYer«iir« i|>pprocbait de spn lit jm\ répondra à mie qiie^ tiçm, il ^îm sur les ép^iules de spp fiDtfigoniste plv^Mrsi copf^ de G^tte arme inusitée. Les coups fureQt si Tigourr reux et si multipliés, que le malbpiif^ux roula par terre, saps GoppjMssaace, eo poussjipt de kmgs cris; on empprff^ la victime, a

Une seconde saisie lancée contre les objets que Ti^ressp du prince s'était procpréa depuis la ipéss^veptuf^ de ÇkdogD0 vint le surprepdre k £qiin]ierich. Le duo d^cpipa sanii avertir d& sa fuite Hap#i qui pu beau Q\atia trouva eett^ épttr^ $ur la t^ble de sçip u^aitr^ i

« Je piiTs; roiaiYeté m'emipîe, Cb^dier|Eiw d^ Tarf^pt, « Adieu, tu me retrouveras «in« peiue.

9, Signé : Ewm* »

Le bénévole écuyer se met aussitôt à parcourir la viUe et les fouboui^s pour trouver Targent que le mattre désire. Un juif nommé Humpel et un^ vieille filk apparemnaent trè»- ^orante de ce qui se passait danf le monde lui prêtent cinq cents ducats.

Tout ee que le romànder espagnol 9 piêté de basQçsse à son Laiarille, appandt chei rabpsse; mm ee fii eit mers

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reillea^» c'est qa^ainrès 9Voir servi de compugMa» d*eiclife» d'iostrumeat à eet boinpie s^o^ foi qi loi, HaiM de Schweioicbeo redevieat moral; U habite le château de aespèrea et y mène une existence très-hopnéte jusqu'à la (in de sea jours»

C'était une nature passive, booue au (oud, ooucbalante et uaïve; un de ces êtres souples et incertaios» sans forma et sans caractère, qui flottent au gré de tous les vents^ On ne peut s'empêcher d'aimer le vieil écuyer souabe, et de reconnaître ce qu'il y a de bieqveitlauce, de tendresse et de bonliomie au loud de ce ccbut plus fadle qiie eor^ rompu.

Dans l'église de Saint-Jfeap, à Lieguitz, vous voyez ua vieux tombeau carré sous lequel est endormi depuis deux siècles un cbevalier couvert de son armure; c'est notre Schweinicben. Une épée, fort biea eonservée, reluit dans sa jpaiu; ot sur upe bauiiière en lambeaux ^ous liseï la date de s»- mi»t« U août ^616, Ne méprisai pas, lui et ses vieux Ulémobrei, C'est le Daugeagi, le Brantftme, le Pepys, le raqpnteur sanp fard, le peintv^ ingénu de son époque : un de ces ^coiiteurp aux p«rt9s qui compensent pour qous (es bypQtb^jse^deVbiatgire ellM foU^miaveotioas de^ f 9PWmqerm

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