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Suites et développement du moaremeiit sensualisie* — neriefl et eootes fae0<|ei» de l'AUemagne au tvi« lièdê. -^ Le curé Amis. —Attaques au c)ergé catlioliquo.
Déjà nous avons signalé (i) k^ pbiikiors repris^ <» grand
(i) y. ho» Études sur le Motin^Agb (JMastien Brandi) ; et celles suru|xvi^tiicu (let Hmn» è^mf^.
BK)ii?emeDt de civilisation qui répandant à la fois les lumières et les jouissanceâ de la vie dans l'Europe moderne» tranisformant définitivement les mœurs chevaleresques du moyenâge, ouvrit la nouvelle carrière des peuples.
Bien d'autres éléments ont oontribué à la réforme. De mille côtés divers part l'attaque contre le catholicisme ; l'esprit oriental du Gnostique et du Manichéen anime les habi« tants des vaUées situées dans les Alpes, les Cévennes, le Languedoc et les Pyrénées; le midi des Gaules est tout rempli de cette doctrine qui accuse Rome d'orgueil et de violence. Les missionnaires de ces sectaires courent le monde, et vont à Rome même prêcher leur doctifae. On les jette dans le bûcher, on les égorge; on ne les convertit pas. Ils se répandent en Allemagne et en Hongrie. Ici et là, de nouvelles flammes signalent leur passage. Ils lèguent à l'Italie l'esprit rationnel de Socin ; à la France le protestantisme des Cévennes ; à l'Angleterre l'esprit démocratique de Wiclet Ces germes semés au hasard commencent à fructifier au seizième siècle. Abrs Luther s'en saisit et Henri YIII en fait un instrument politique. Nous ne suivrons pas dans ses transformations diverses ce mouvement du doute et de l'indépendance à travers le monde; qu'il nous suffise d'indiquer comme -le conducteur puissant de cette révolte immense l'accroissement du bien-être dans toutes les classes et la force nouvelle conquise ^r la( bourgeoisie.
L'Europe entière prit à ce mouvement une part égale et diverse. Au xvi* siècle, pendant que l'Italie se repliait sur le paganisme et puisait dans l'étude des arts antiques l'ali* ment d'une nouvelle gloire, TAllemagne se plaisait à recueillir ses souvenirs populaires, souvent grossiers, quelquefois ingénieux. Elle avait accepté avec une énergique et
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complète naïveté le développement social dn moyen-âge, dévefoppement conlii», obscur, vigooreux de tontes les facaltés hnmaines. Nnile tradition ne la rattachait aa polythéisme des Hellènes et à la discipline des Romains. Elle datait dn christianisme senl, qui reconnaissant la responsabilité de Tâme encourageait la libre expansion de ses forces vives. De là cette singnlière admisnon des types grotesques dans les sculptures de nos églises et surtout dans celles du Nord. Le symbole angélique y prend place à côté du moine bouffon et de ranimai immon^ qui représente une passion ou un vice. La mort elle-même devient burlesque ; telle est l'origine de la danse Macabre. Les prédicateurs n'épargnent pas la satire ^ leurs ouailles qui la leur rendent avec usure. An moment où les Minnesinger chantent la beauté idéale et l'amour platonique, Fironie populaire va s'inscrire sur les murs des cathédrales, et sur les marges des missels.
L'Allemagne, dont une souple et énergique universalité est le caractère propre, tout en admirant ces Minnesinger idéalistes et en répétant leurs douces chansons, n'était pas stérile en facéties. Chez aucun peuple la poésie ne s'est enveloppée d'aussi bonne heure de langes comiques et de parodies, les unes spirituelles, les autres burlesques. Ces fous de cour qui ont donné naissance aux clowns de Shakspeare avaient régné sans partage dans les cours d'Allemagne. De l'Allemagne nous est arrivé le Vaisseau des Fous qui a fait tant de bruit. Un château de suzerain, du xi* au xiv* sièd»^ était un vrai pays de cocagne pour les jongleurs et les bouffons. Le Ménestrel, chantre d'amour, était loin d'avoir autant d'influence et de crédit que l'inventeur de ces blessantes historiettes faites pour dérider qui les écoutait. Les ecclésiastiques consacraient des sermons funèbres à ces grands officicKrs de la plaisanterie, que le seigneur féodal
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Servet, pour se terminer pfir I4 satire Rlénippée et l'assassinat de Henri lit. La presse, n^uveUe et terrible ûiyen-'. tion, recueillait ce qui pouvait flatter la curiosité générale. A côté du roman de la Aose et des commeiitaires de la Bible, elle éditait les romans de chevalerie, les trhrïales gattés du Pogge et les inventions de Rabelais. Le roman du Renard, le Vaisseau des Fous, les aventures de TJBspiègle, les bons tours du moine Rush, du curé de Galemberg et du curé Amis jPurent imprimés à la grande joie des étudiants et des lecteurs de facéties.
Quîs non legit quîd frater Baushius e^tf Sunt qui Smosmannum cupiunt audirç per annum Turpia dîcentem, vel Stiarmum spurca loquentem» Quîque legunt Pfnffl CaUmbergi facta yel Affi,
Ainsi parle Bruno Seîdlius, à la tête du poëme curieux des ParœmicB Ethicœ , imprimé à Francfort en 1589. Nous ne savons pas ce que sont devenus les grands et honorables héros Swarm et Smausmann ; il n^y a pas de petit enfant anglais (]ui ne soit très-lié avec le moine Rush, le plus espiègle des moines ; peut-être Tillustre abbé de Galemberg a-t-il légué à la langue française les deux mots calembourg et calembi^edaine qui ont fort intrigué les philologues.
Ouvrons cette galerie de jovialité allemande par le plus ancien de ses héros, le curé Amis^ dont Thistoire est évidemment dirigée contre le clergé catholique. Il avait l*honneur d'être anglais, s*il faut en croire la ballade allemande,
£r ket kuê hi Mngêilant In einer 9tat xe Tr4nis, Uni hw^ der Phaffc AmU*
8ft LES £St»IÈGLES ÂttEMANDS
« Il habitait FAngleterre, occupait une maison dans la ville de Tranis, et s'appelait Amis. »
Dans cette petite ville de Tranis dont on ne nous donne» et pour cause, ni la longitude ni la latitude, vivait vers le milieu du xvi' siècle un curé plus riche d*esprit que de revenu, et dont le petit champ et les faibles dîmes eussent malaisément suffira des goûts assez dispendieux, si la fécondité de son imagination n*eût suppléé aux ressources qui lui manquaient Pauvre, il recevait et traitait largement ses amis. L*évêque lit une visite pastorale à son subordonné qu*il somma de répondre à diverses questions.
« Si je peux convaincre mon homme d'incapacité , » rexpulsion trouvera un prétexte ; et puisque sa cure rap- » porte tant, je m'arrangerai avec le successeur. » Ainsi avait raisonné Tévêque, dont le code de morale était aussi élastique que celui du pauvre Amis. Nos deux personnages sont en présence. A chacune des questions du supérieur. Amis répond par une plaisanterie si bien tournée et si embarrassante, que le questionneur devient la victime du questionné. C'étaient des problèmes sans fin sur la profondeur de la mer, le nombre des étoiles, la hauteur du firmament, et autres bagatelles dont pas une ne trouble le sang-froid du prêtre répondant. Fatigué de cette lutte inutile, Tévêque s*écrie enfin :
« Quel est le point central du globe terrestre ?
— C'est mon église, répond sans hésiter le curé Amis. » « Qu'apprenez-vous à vos ouailles, demande encore Té-
vêque?
— Tout ce que je peux ; mais ce sont des ânes.
— Et ces ânes, vous les instruisez ?
— De mon mieux.