‹ Études sur l'Allemagne, ancienne et moderneChapitre 27 sur 55 · ESPAGNOLE ET FRANÇAISE · texte numérisé non relu

ESPAGNOLE ET FRANÇAISE

causée par cette marche yadUante et cette loBgae ivresse , mêlée d'intervalles lucides, ballottée entre toutes les imita^ tiens et tons les ridicules. Gongorisme et affectations dans le goût du Marino, burlesque pro&iKion de mots sotennels pour peindre les sentiments les plus naïfs, froideur glaciale et pédantesque, hyperboles infinies, madrigaux dignes à% Gotin et de Tabbé De Pure , faisaient l'admiration des lettrés, ^pendant que des armées étrangères ravageaient le sol et que les dissensions intestines , nées d'institutions précaires, creusaient Tat^e sons les pas de cette grande nadon.

« Les savants, dit un historien moderne, n'ayant plus un

• public capable de les apprécier, enseignaient et écri- » valent en latin; les poètes se façonnaient sur des mo- » dèles étmgers. Le langage des courtisans lettrés de Ma- » drid, deYeisatlles et de Paris était le point de mire de nos » Allemands. Les mieux doués se traînaient péniblement » dans la même ornière. On conçoit Taversion que cet or- » dre de choses dut inspirer aux hommes de goût et » leur dédain pour la littérature nationale. On pardi^ne » volontiers à Leibnitz, le penseur le plus profond du » xvu« siècle, ce mépris qui Tempêche de se servir de sa » propre langue. Bientôt la révocation de Tédit de Nantes » peuple les résidences et les villes universitaires de réfu-

• giés français dont la plupart appartenaient aux classes » instruites et élevées. Leur langue , leurs habitudes, leur ' littérature, leiirs préjugés furent adoptés avec fanatisine ; » les pauvres écrivains allemands restèrent obscurs, igno- » rés et découragés. »

Arrêtons-nous un moment et contemplons la course diverse des grandes littératures de l'Europe jusqu'au xviir siè-

1S8 L'AUSMAGMI SEAUBINI, ESFàAM&B ET FRANÇAISE.

de. L'itiiti codienraiit k iiinbeBui du igénîo astique MHMnrdlêe par roprit chrMeft, firt d'anBOHi et rt&oM k dMÉM (BÊUn le monde grec et le moade aedmia La Pftttoe reçdit cet Uritage, l'éiive et le nedlfle. L'Eipagee et r Angleierra» boiéei toMee deax par knr situiikm 9^^ phiqaet déf eloppint, Ymm au Midi les isOuencee du génie gothique mitigé par Timitaiioii romaine, l'autre au Nwd l'esprit germanique mêlé d'iiMuences galto^romaines, créent les deui Uttératores les plus indépendantes et ks plus earactéristiqnei du monde nonireau« Enfin 1* AUemague, la dernière venue , gardant le trésor du génie germawque pur, comme TltalÉe a été la dépositaire de ta pore traditioa gréco-romaine ^IttHe pendant des siècles nonnseulement contre sa propre nalveié, sa force aveugle et son éneigie intime, mais contre tovies les ininences extérieures a contraires qui jaflUssent sur eUo et qui l'oppriment.

Nous venons d'entrer dans l'atelier confus, friein de vapeurs biaarres, d'épaisseï lamées et de brnits étranges, et commo dans ta forge ardenia oè se pr^pam le métal en idnginio

QIIATRIÈHE ÉPHQIJE.

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