‹ Études sur l'Allemagne, ancienne et moderneChapitre 47 sur 55 · ET FRÊOÊBIG DE GENTZ · texte numérisé non relu

ET FRÊOÊBIG DE GENTZ

TËnrope, Frédéric de Gentz, l'un des hommes qui ont déterminé le moB¥emait politique de notre époque. Il dit ailleurs à son amie :

« O bien-aimée ! savez-vous pourquoi nos rapports ont 9 été si grands et si complets? Je Tais yous le dire. C'est » ce que vous produisez toujours et que je consomme tou- » jours. Vous êtes un grand homme, madame, et de toutes » les femmes qui ont vécu je suis assurément la première. » Voici ce que je pense. Si j'avais été une femme physi- » que, ii aurait fallu que le monde fût à mes pieds. Je n'ai » jamais rien inventé, rien imaginé, rien exécuté. Veuillez » faire attention ! ceci est singulier. De moi-même je ne » ferai jamais sortir Tétincelle la plus faible. Je suis iné- » lectrique comme le métal; mais pour conducteur élec- » trique, je suis sans égal. Vous, avec votre immense, vo- » tre étemelle, votre puissante, votre féconde nature, vous » ranimez ma nature pas»ve, et ainsi nous portons à nous » deux des idées, des sentiments, d^ discours inouis que 9 le monde entier ignore. »

C'est le style de toute la correspondance de Gentz et de madame Vambagen d'Ënse. Je vous assure que cela n'a semblé ridicule à personne là-bas !

Mais ce qui doit émerveiller davantage, c'est que Gentz en se qualifiant de femme^ et en attribuant la force de l'esprit et delà volonté à sa correspondante avait parfaitement raison. C'était un poète et un poête-femme que cet homme d'État, né homme d'esprit, que les plaisirs et les succès du monde, la vogue des salons, l'usage des voluptés, le maniement des affaires, Tor^ge d'une vie dissipée, les passions et les espoirs, les regrets et les tortures de la politique avaient surexcité jusqu'à la fièvre. Sa vie peut passer pour un phénomène. 11 fut vieux à trente ans, jeune à soixante, ré-

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Tolutionnûre et ami de M. de Metternicb, plébéien et aristocrate. Né à Brealau, en 176^, d*ane ianïyè bourgeoise, il parut stupide dans la jeunesse ; une le)^ de Kant éveilla aa pensée et la développa violemment La poussière des écoles le porta tout-à<KX)up à la puissance politique. Â peine eut^il mis le pied à Tétrier, il toucha le but. On reconnut rhomme d'action, rhomme d'une époque où tout va vite. ]Sn effet il avait du sang français dans les veines ; son père avait épousé Tune de ces filles de réfugiés français que redit de Nantes et la faute de Louis XIY semèrent à travers l'Europe, comme pour y répandre le génie de l'examen, la sagacité pratique, l'esprit de discussion, la critique, et enfin la liberté.

Un mariage précoce, un divorce qui le suivit bientôt; dettes, plaisirs, mélange deft. voluptés et des études, succès dont la rapidité, l'éclat, et le nombre imprimaient chaque jour plus de violence an tourlnllon qui l'emportait : voilà le commencement de la vie de Gentz. Il y avait en lui une facilité d'entraînement et une sève de raison qui se contrariaient sans cesse. La révolution de 1789 l'enthousiasme; elle avance ; il la quitte. Les puissances du Nord l'appellent à elles ; il prend position sous leur drapeau. Éveillé par Kant, formé par l'exemple de Burke, il achève son éducation d'homme d'État sous le second Pitt. Pensionné par l'Angleterre, admis à l'intimité du comte de Stadion, de "Wyndham et de M. de Metternicb, sa plume rédige la plupart des proclamations qui attaquent Napoléon Bonaparte; enfin ce dernier passe. sur l'Altenn^e et l'abat; Gentz tombe fracassé sans fortime et sansxrédit

M. de Mettemich le rappela aux affaires, lorsque la for-midable union du Nord vint à se former : ligue dont Gents avait conçu la pensée et qai est aqoord'hni même quelque

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