‹ Études sur l'Allemagne, ancienne et moderneChapitre 8 sur 55 · DU GÉNU DB LA LANGUE · texte numérisé non relu

DU GÉNU DB LA LANGUE

» luran^ trogne ^ brmaiUe^ faribole ^ fripon^ rto/fe, taloehe. » briffer^ marmouzet^ badaud, tic, gas^ se blouser y se mus^

• ter^ narguer^ narquois^ fringuer, rechigner ^ dorloter^ » rôder ^ rabrouer ^ geindre^ tancer, bouirer^ bavarder,

• trotter^ hâoe^ minable^ brusque, et une foule d*antrcs. Il faut convenir que ce vieux Trésor gaulois de notre

langue ne se distingue ni par Félégance ni par b grâce. La discipline romaine, les souvenirs de la Grèce harmonieuse, les phases d'une civilisation éclatante et d*une sociabilité la pluà souple qui fut jamais ont prêté à notre idiome ses vrais caractères (1) et ont assuré sa glorieuse universalité.

SHL

Eo quoi Tanglais diffère de rallemand* v- loteosité et puissance de TuQ. — Immensité et nuances de Tautre. — Nimiety, « trop plein » de Tallemand. — Sobriety, « pauvreté vigoureuse » de Tanglais. — Rôle de la langue anglaise dans le monde des faits au XIX* siècle»

L'histoire la langue haine transformée, des variations qu'elle a subies pendant le moyen-l^e, et des divers ruis« seaux qui partant de cette grande source, sont venus, sous des noms divers, alimenter la civilisation moderne des races méridionales; — cette histoire curieuse, tentée plusieurs fois et éclairée par l'érudition ou la sagacité de quelques esprits, reste encore à compléter. On trouve épars' dans les œuvres de Grimm, de Kaltschmidt et de Rask, les matériaux d'une Histoire philosophique des langues Teuto-

(1) Y. nos Étupes sur lb tvi* siàcLv. Dernier chapitre. De la langue françaiee^

niques. Le groupe Scandinave ne nous arrêtera pas; il se sépare de lui-même et s'isole dans sa force spéciale de Tallemand et de l'anglais. Ces deux derniers idiomes auxquels se rapporte aujourd'hui le mouvement du monde intellectuel, issus d'une origine commune, ont couru des fortunes contraires.

On penssût encore il y a cent ans que la langue anglaise ne se rattache qae de loin à la souche Teutonique; on a reconnu cette erreur. On sait, quoi qu'en ait pu dire M. de Chateaubriand, que l'anglais d'ai:gourd'hui même est de l'allemand modifié. L'un des premiers en France, M. Villemain l'a proclamé à la fis de son cours de Uttérature, en 1830. Non que l'anglais n'ait recruté sur sa route une foule de mots étrangers ; c'est même son habitude d'en recruter beaucoup. La langue anglaise vit au milieu de ces mots d'emprunt, comme la Grande-Bretagne subsiste au milieu de ses possessions transatlantiques , australasiennes, africaines, hindoustaoiques, sans cesser d'être eUe. Le nombre des mots étrangers ne décide de rien ; les vocables tentoniques ccHuposent le noyau de l'armée. De même en politique la Grande-Bretagne possédant Madère, Gibraltar, Madras , Québec et même une île chmoise, est encore la Grande-Bretagne. L'anglo-saxon, avec treize mille mots indigènes, commande à trente mille mots asservis, empruntés ou dérobés. Parmi ces conquêtes de la langue anglaise se trouvent des mots japonais, malais et chinois; il y en a qui ne se sont jamais confondus avec le langage victorieux. He was encaredj du mot français encore; shampooing, du mot turc qui exprime l'action de masser le corps, et une multitude d'autres, n'ont rien d'anglais si ce n'est la livrée. Une sorte de hiérarchie des paroles s'est établie; tel mot a une valeur et une puissance supérieures r tel autre une force mé-

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