‹ Études sur l'aménagement des forêts (volume 2)Chapitre 40 sur 121 · EN ARGENT · texte numérisé non relu

EN ARGENT

La marche à suivre pour déterniner l’âge auquel il faut abattre des bois, quand on veut en retirer le plus grand produit en argent n’est pas embarrassante, du moment que l’on est fixé sur les rendements, en matière et en marchandises, des arbres d'expérience ou des places d'essai. Les prix du commerce appliqués à ces marchandises, défalcation faite des frais d'exploitation, de facon et de transport‘, établiront exactement leurs valeurs; les quotients de ces valeurs par les âges correspondants, donneront les revenus moyens, et le plus grand de ces quotients indiquera l’époque de l’exploitabilité cherchée.

La chose essentielle, dans cette opération, afin d'éviter les erreurs, est d'apprécier sainement le prix vénal d’une marchandise dans les éléments qui le constituent ; or, cela n’est pas facile, car le prix du bois est exposé à de très-grandes fluctuations, et …l s’agit, au Cas particulier, d'adopter non le prix du jour, le prix accidentel; mais le prix moyen, le prix normal. Quelques exemples feront mieux comprendre ma pensée :

1. Dans l'évaluation des frais de transport, on tiendra compte de l'influence que l’amélioration des voies de vidange pourrait avoir sur ces frais.

DE L’EXPLOITABILITÉ. 87

J'ai cité, tout à l'heure, le prix du houx comme un exemple de la valeur excessive que pouvaient atteindre des objets d’une utilité plus que contestable d’ailleurs. Eh bien ! si le bois dont on voudrait régler l'exploitation renfermait des sujets de cette essence, en conclurait-on qu'il convient de les multiplier? — Une réponse affirmative serait une erreur grave; car ce prix élevé tient précisément à la rareté de l’essence en question, aux soins que, dans l'intérêt de la sylviculture, on apporte à l’extirper, et il est compréhensible que, pour peu qu'on en favorisât la multiplication, sa cherté disparaïtrait. On fabrique, dans certaines localités, des allumettes avec du bois de tremble, et on en tire, de cette manière, un excellent parti. Serait-ce une raison pour convertir nos forêts en’trembles ? — Évidemment non, car il en serait du tremble comme du houx; son prix ne tarderait pas à être avili.

Ce qu'il faut donc examiner avec attention, apprécier avec sagesse et prendre pour base de son évaluation, c’est l'importance des débouchés qui seule peut garantir le maintien du prix vénal; et on doit rejeter dans les considérations tout à fait secondaires, les circonstances accidentelles et exceptionnelles dont l’influence, sur la valeur des produits, ne saurait être durable.

Si l’on suppose le prix du boiïs constant, c’est-àdire indépendant de l’âge, l’exploitabilité relative au produit pécuniaire le plus élevé, suivra les mêmes lois que l’exploitabilité absolue. Elle se réaliserait,

au contraire, plus ou moins longtemps après, dans l'hypothèse où le prix du bois s’élèverait avec l’âge; et plus ou moins lontemps avant, dans le cas où ce prix subirait une diminution, malgré le mouvement ascendant de la végétation.

ARTICLE IV

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