‹ Études sur l'aménagement des forêts (volume 2)Chapitre 69 sur 121 · RÉPONSE · texte numérisé non relu

RÉPONSE

On nous reproche, d’abord, d’avoir négligé de faire entrer les coupes claires dans l'hypothèse que nous avons admise, afin de montrer comment on pouvait arriver à apprécier la durée de la période et l'étendue de l'affectation correspondante.

On nous prouve en même temps qu’en tenant compte de la coupe claire, et en supposant qu'elle ait lieu précisément au milieu de l'intervalle de temps qui sépare la coupe d’ensemence-

On ne pourrait, par exemple, affirmer que, telle année, telle parcelle aura besoin d'être éclaircie.

ment de la coupe définitive, la durée de la période nécessaire pour compléter la régenération de l'affectation correspondante, devient égale à cet intervalle multiplié par 4,5.

Cette dernière proposition est parfaitement exacte, lorsque la coupe claire égale en importance la coupe d’ensemencement ou la coupe définitive, et qu'elle intervient en outre précisément au milieu de l'intervalle de temps qui les sépare.

Mais si la coupe claire est plus rapprochée de la coupe définitive que de la coupe d'ensemencement, si elle est moins productive, si elle se fait en plusieurs fois, dans chacun de ces cas elle peut et doit même avoir pour effet de retarder le délai indispensable pour compléter la régénération des coupes formant l'étendue de l'affectation.

En conséquence, si l’on ne considère que le nombre des exploitations à faire sur un point donné, pour en effecluer le repeuplement naturel, on a raison de regarder notre démonsiration comme incomplète: mais si l’on nous accorde que la coupe d'ensemencement et la coupe définitive sont celles dont l’importance et l'écart sont le plus faciles à apprécier, et exercent, en outre, le plus d'influence sur le temps que réclame la régénération complète d'un certain nombre de coupes envisagées dans leur ensemble, on s'expliquera que, pour ne pas compliquer notre démonstration, nous l’ayons dégagée des éléments secondaires et variables qui préoccupent notre correspondant.

Répondons aux autres critiques :

Lorsque nous avons dit qu'il fallait restreindre autant que possible la durée de la période, afin de ne pas être exposé à exploiter des bois trop éloignés d’avoir atteint l'âge d’exploitabilité, nous sommes partis de cette supposition que les agents chargés de l'exécution de l'aménagement auraient le droit et pourraient même être forcés de se mouvoir, pour l'assiette des coupes annuelles, dans toute l’étendue de l'affectation périodique.

Si l’on admettait, au contraire, comme semble le vouloir notre correspondant, que l’on püt assujettir cette assiette à une marche précise, au moyen d'un plan spécial d'exploitation, les périodes

puisqu'on ne sait pas à quelle époque elle sera régénérée; mais on peut affirmer qu'elle aura besoin de

n'auraient plus de raison d'être; car, encore une fois, elles ne sont motivées que par l'impossibilité de concilier l'assiette fixe des coupes annuelles avec les exigences de la régénération.

On voit donc que le seul avantage des périodes ne consiste pas à faciliter la recherche de la possibilité, en diminuant les chances d'erreur inhérentes aux calculs d’accroissement. Si c'était à leur seul avantage, comme il serait d'autant plus grand quel les périodes seraient plus courtes, on devrait logiquement ne leur donner qu'un an de durée.

Mais, cela posé, il est évident que si l’on veut renfermer la latitude laissée aux agents d'exécution, pour l'assiette des coupes, dans les limites strictement convenables, il faut que les périodes de la révolution soient égales entre elles, car, sans cela, il v en aurait qui seraient nécessairement ou trop longues ou trop courtes.

Supposons, avec notre contradicteur, qu'une forêt ait été partagée en cinq parties, savoir : la première de 40 hectares, la deuxième de 12, la troisième de 15, la quatrième de 18, la cinquième de 15, et que chacune d'elles ait été affectée à une période d’une durée égale au nombre d'hectares qu’elle contient : n'y aurait-il pas de grands inconvénients à laisser pendant quarante ans, et pour une affectation qui comprendrait presque moitié de la forêt, l’assiette des coupes annuelles subordonnée à Fappréciation, au bon plaisir, à l'arbitraire des agents d'exécution: et, S'il n'est pas possible de fixer l’imp ortance, l’emplacement et l’ordre des quarante coupes à faire dans cette affeclation, ne pourrait-on déterminer ces différents points pour un nombre de coupes, prises en bloc, inférieur à quarante? L’affirmative n’est pas contestable, et comme il convient que tout ce qui peut être fixé le soit, et qu'on ne s’écarte de la possibilité par contenance que dans la mesure que comportent les exigences de la culture, il est certain que l’on ferait une grande faute si l’on ne diminuait pas la durée de la première période.

Mais si cette période doit être considérée comme trop longue, - celle de douze ans sera probablement trop courte, en ce sens

l'être dans la période qui suivra celle de sa régénération; en sorte que, lorsque les affectations sont constituées, lorsqu'on est fixé sur la période dans laquelle une parcelle devra être obligatoirement régénérée, il devient aisé de se fixer également sur les périodes dans lesquelles elle devra être ultérieurement éclaircie.

On voit combien la division de la révolution en périodes et le partage de la forêt en affectations correspondantes, sont de nature à faciliter les opérations culturales à faire dans la forêt que l’on se pro-

pose d'aménager. Ce règlement n’est, toutefois, qu’un

acheminement au but de l’aménagement; il. ne saurait, quelque bien établi qu'il fût d'ailleurs, constituer à lui seul le plan d'exploitation; il n’en est que la charpente, le canevas ; il remplit dans l’aménage-

ment un rôle analogue à celui de la triangulation dans la géodésie, et de même que la triangulation est faite pour faciliter les levés de détail, de même

aw’elle ne permettra pas, quelle que soit d’ailleurs l’habileté qu’on y apporte, de régénérer dans un aussi court délai les 12 hectares composant l'affectation, et que, bien avant d’arriver à l'expiration de la période, on se verra dans la nécessité d'anticiper sur l’affectation voisine.

On nous dit, il est vrai, que quelle que soit la durée de la période, il est impossible d'éviter que l’on entame avant son expiration l'affectation contiguë. Nous n’admettons pas d'une manière absolue cette impossibilité. Sans doute, les anticipations dont il est question sont difficiles à éviter ; mais c’est une raison de plus pour ne négliger aucune des précautions nécessaires afin d'en diminuer au moins les inconvénients.

Si l'on apandonne ce principe, on tombe dans en

le règlement des exploitations par période est fait pour faciliter celui des exploitations annuelles ; mais il n’y supplée pas. La division de la révolution en périodes, et le partage de la forêt en affectations correspondantes, permettent, comme je le montrerai plus clairement par la suite, de réaliser le rapport soutenu par période; c'est beaucoup, sans doute, mais ce qu’on attend surtout de l'aménagement, c’est la réalisation du rapport soutenu par année, et, pour cela, il faut trouver les moyens de répartir d’une manière égale le produit d'une affectation, entre les années de la période correspondante. Ces movens comportent un règlement qui, joint au premier, complète le plan d'exploitation.

Ainsi, dans la présente étude sur le plan d’exploitation des futaies, j'aurai à traiter successivement :

1° De la formation des affectations ;

2° Du règlement général des exploitations par période ;

3° Du règlement des exploitations annuelles.

Mais dans les futaies, plus souvent encore que dans les taillis, l’irrégularité des peuplements conduit à adopter, tantôt une marche provisoire pour les coupes, tantôt une révolution principale transitoire ou une révolution préparatoire ; et ces nécessités donnent lieu à des complications dont je sortirais difficilement, si je ne faisais de chacun des cas où elles se présentent, l’objet d’un chapitre spécial.

J’appliquerai donc mon étude à trois hypothèses :

1° Celle d’une révolution principale définitive, et d’une marche des coupes, normale ;

20 Celle d’une révolution principale définitive, et d’une marche des coupes, provisoire ;

3° Celle d’une révolution principale transiloire ou d’une révolution préparatoire, et d’une marche des coupes, provisoire.

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