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On appelle feuille le recru, la pousse d'une année

DE L'EXPLOITABILITÉ. iOi

savoir s'il serait avantageux de retarder d'une année la coupe d*un taillis de 30 ans qui aurait subi une éclaircie 10 ans auparavant : on ajoutera à la valeur nette S de ce taillis de 30 ans la somme représentative du prix sur pied de Téclaircie à 20 ans, augmenté de ses intérêts pendant 10 ans; puis, on se demandera si la plus-value que le taillis serait susceptible d'acquérir, en restant un an de plus sur pied, équivaudrait au moins à l'intérêt de la valeur S, augmenté de la valeur de la première feuille. ' Il n'y a d'embarrassant dans les calculs concernant l'exploitabilité relative à la rente la plus élevée, quand on est fixé d'ailleurs sur le taux du placement, que la valeur du jeune plant ou du jeunci repeuplement destiné à remplacer l'arbre ou le mas* sif dont l'exploitabilité est mise en question : mais en y réfléchissant avec soin, on comprendra qu'elle ne peut être exprimée exactement que par la somme qui, s'ajoutant à elle-même, d'année en année, et croissant à intérêts, serait susceptible de reproduire la valeur nette de cet arbre ou de ce massif, à l'expiration 4' une période égale à son âge actuel.

Varenne de Feuille estime que la perte résultant de la non-reproduction est égale au quotient de la valeur du peuplement exploitable par le nombre d'années de son âge. Cette manière de voir ne serait logique que si l'on faisait abstraction de Tintérêt des capitaux ; or, c'est précisément cet intérêt qui est le point d'appui de l'exploitabilité relative à la rente la plus élevée ; c'est sur cet intérêt que repose la valeur

capitale à laquelle on compare le revenu ; il ne saurait être passé sous silence.

Qu'est-ce que la reproduction de la première année ? C'est la première feuille, c'est le premier revenu annuel du fonds de bois. Que Ton assimile ce fonds de bois à une somme d'argent placée ou à un fonds de terre, une accumulation déterminée de ses revenus se constituera de la même manière qu'une égale accumulation des intérêts de la somme d'argent ou des rentes du fonds de terre. Choisissons celles-ci pour exemple : si le propriétaire les fait fructifier pendant Ift ans, quelle somme obtiendra-t-il par ces épargnes successives? — Pour le savoir, il faut ajouter à la rente de la 1'^* année augmentée de ses intérêts pendant 14 ans, celle de la 2* année augmentée de ses intérêts pendant 13 ans, celle de la â* année augmentée de ses intérêts pendant 12 ans, ainsi que les 12 autres rentes bonifiées de leurs intérêts pendant le nombre d'années compris entre leur échéance et le terme de leur placement.

Ce qu'on fait pour le fonds de terre, on doit le faire pour le fonds de bois. La perte résultant de la non-reproduction, perte égale à la valeur de la première feuille, ne peut donc rigoureusement êtrereprésentée que par l'annuité qui, s'ajoutant successivement à elle-même et croissant à intérêts, reproduirait, dans le laps de temps indiqué par l'âge du peuplement exploitable, la valeur nette de ce peuplement.

Quant à cette valeur nette, elle s'établira en

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retranchant du prix de Tarbre sur pied : l"" les frais accumulés des inapôts de toute nature; S"" les frais accumulés de garde» d'entretien et d'assurance, s'il y a lieu ; â*" les frais de repeuplement dans le cas où ils ne seraient pas mis en charge sur la vente. Il n'y a pas à se préoccuper du capital plus ou moins grand que le propriétaire aurait engagé dans l'acquisition du terrain ; car il ne s'agit pas ici de rechercher si un propriétaire a fait une spéculation bonne ou mauvaise en boisant une partie de sa propriété ; il s'agit seulement de lui indiquer les moyens de tirer le plus grand profit des bois qu'il possède, en lui montrant à quel âge il doit les exploiter pour que leur rendement soit, par rapport à leur valeur commerciale, élevé au maximum. Je dirai, en passant, que si Ton comprenait dans le calcul les intérêts du capital engagé, on aurait pour la valeur nette à Tépoque d'exploitabilité une expression souvent nulle et quelquefois négative > et cela s'explique, puisque cette valeur représente précisément ces intérêts.

Les déductions que j'ai énumérées sont celles qui constituent les avances obligatoires faites par le propriétaire, les avances auxquelles l'acquéreur ne pourrait pas non plus se soustraire, et sans lesquelles la valeur commerciale de l'immeuble ne saurait être déterminée.

Il va sans dire que ces déductions ne sont point applicables aux produits des éclaircies.

Je me suis à dessein servi de ces termes prioo sur pied pour exprimer le rendement des éclaircies, au

l(Mi AxMÈNAGEMENT DES FORÊTS,

lieu d'employer les mots valeur nette, afin qu'on éviter de retrancher de ce prix les frais d'impôt et de garde, d'entretien et d'assurance, qui ne doivent être déduits que de la valeur brute des coupes prin* cipales, sous peine de donner lieu à un double emploi.

Il va 'sans dire aussi que pour les arbres épars dans les champs cultivés, il n'y a* pas à tenir compte de l'impôt foncier, puisqu'il est compris dans les déductions opérées afin de fixer le revenu net de la portion, de plus en plus grande, du terrain que le développement de ces arbres enlève successivement à la culture.

On s'attend peut-être maintenant à ce que je fasse connaître mon avis sur le taux de placement que Ton doit adopter dans les calculs qu'entraîne la fixation de l'exploitabilité commerciale. Le moment pour cela n'est point venu, et je prie mes lecteurs de suspendre leur impatience, s'ils sont assez bons pour- en avoir. Nous sommes aujourd'hui en pleine théorie ; n'y mêlons pas des questions de fait variables et indépendantes des principes. Le taux des placements est plus élevé en France qu'en Angleterre; il l'est moins en France qu'en Russie. La théorie que jedéveloppe s'applique à tous les pays. Je me bornerai à faire observer dès à présent, parce que c'est encore là un principe, que le taux de placement adopté pour les valeurs qu'on engage dans la production forestière, doit l'être également pour celles qu'on en dégage afin de leur donner une autre des-

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titiation. Avances faites, produits réalisés, le taux de placement appliqué à Taccumulation de toutes ces valeurs ne peut être modifié, si Ton ne veut pas s'écarter du but qu'on se propose d'atteindre. Le taux des placements en bois étant de â pour 100, si on allait choisir un taux plus élevé pour l'accumula* tion d'intérêts à laquelle on aurait à comparer la plus-value des bois laissés sur pied, on sortirait des conditions du problème; l'exploitabililé relative à la rente la plus élevée serai} livrée à toutes les chances aléatoires de la spéculation et deviendrait indéterminable. ^

De rexjyioitabilité relative à la rente la plus élevée, dans son application à un maseif unéoagé.

J'ai déjà prouvé que les calculs de l'exploitabililé correspondante au plus grand accroissement moyen, soit en matière soit en argent, sont aussi bien applicables aux forêts aménagées qu'à celles qui ne le sont pas; de sorte que l'exploitabilité absolue, dans ce dernier cas, ayant été fixée, par exemple, à 120 ans, on devrait en conclure qu'une forêt aménagée, qui serait d'ailleurs placée dans des conditions semblables de végétation, fournirait chaque année le produit le plus avantageux, si elle était partagée en 120 coupes de 1 à 120 ans. Ce principe est indépendant de la nature de l'exploitabilité que l'on envisage, et je pourrais en conséquence me dispenser de rien ajouter

à ce que j'ai dit sur la manière de procéder pour déterminer Tépoque de l'exploitabilité relative à la rente la plus élevée ; mais les forêts aménagées se présentent avec des caractères spéciaux qui permettent, lorsqu'il s'agit d'en obtenir le rapport le plus élevé entre le revenu net et le capital , de recourir à des moyens moins compliqués que ceux dont on se sert pour les bois non aménagés :

Soit une forêt de 100 hectares, peuplée d'une essence susceptible de rester sur pied, sans dépérir, jusqu'à 100 ans; on demande à quelle révolution il est nécessaire de l'assujettir, c'est-à-dire en combien de coupes il faut la partager, pour en retirer la plus grande rente ?

Si les bois n'avaient une valeur commerciale qu'à partir de l'âge de 15, cette forêt pourrait être soumise à 86 révolutions différentes. Choisissons parmi ces révolutions celles de 100 ans, de 75 ans, de 50 ans et de 15 ans, et cherchons quelle serait la plus avantageuse.

Avec la révolution de 100 ans, le revenu annuel se composera du produit de la coupe âgée de 100 ans et de celui des éclaircîes et nettoiements dans les 99 autres coupes.

Avec la révolution de 75 ans, le revenu annuel se composera du produit de la coupe âgée de 75 ans et de celui des éclaircies et nettoiements dans les 74 autres coupes.

Avec la révolution de 50 ans, le revenu annuel se composera du produit de la coupe âgée de 50 ans

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et de celui des éclaircies dans les A9 autres coupes.

Avec la révolution de 15 ans, le revenu annuel se composera du produit de la coupe âgée de 15 ans et de celui des éclaircies et nettoiements dans les lA autres coupes*

Ces produits mis de côté, il restera dans chacun des aménagements prévus un matériel sur pied plus ou moins considérable suivant Tâge de la révolution, mais indispensable pour assurer la continuité du revenu annuel, la succession non interrompue des coupes. Chaque aménagement comporte un certain rapport entre le revenu net annuel et la valeur du dit matériel sur pied. C'est ce rapport qu'il faut établir d'abord^ et, cela fait, l'époque de Texploitabilité la plus avantageuse se manifestera d'une manière évidente.

Un premier point à noter, c'est que, dans l'aménagement à 15 ans, la valeur réalisable du matériel sur pied, nécessaire pour assurer la perpétuité de la production, est nulle, puisque ce matériel comprend les ili coupes de 1 à l/j. ans, inclusivement, dont le peuplement n'a aucun prix vénal. La coupe à exploiter, la coupe âgée de 15 ans, a seule de la valeur, les éclaircies n'en ont pas. Avec cet aménagement» le rapport entre rie revenu net et la valeur du matériel sur pied, permanent, est aussi grand que possible, puisqu'il est infini ; l'âge de 45 ans est donc une limite inférieure au-dessous de laquelle on ne saurait descendre dans la fixation de la révolution, sous peine de renoncer à tout profit. La valeur commerciale de

la forêt aménagée à 15 ans repose exclusivement sur le revenu; elle est égale à la capitalisation de ce revenu au taux des placements; le revenu disparaîtrait, si Ton diminuait la révolution d'une quantité quelconque, et avec lui s'anéantirait la valeur capitale.

Une seconde remarque h faire, c'est que si, à partir de la révolution de 1 5 ans, on suit la marche progressive, d'un côté, du capital obtenu en multipliant le revenu net par le denier des placements, et, d'un autre côté, de la valeur du matériel sur pied que j'appellerai le capital superficiel ou réelj celui-ci, qui est nul dans l'aménagement à 15 ans, s'9.ugmente ensuite dans une proportion plus gran.de que l'autre, de sorte que, après lui être resté inférieur pendant quelque temps, il devient son égal et le dépasse enfin de plus en plus. Cela se conçoit : le premier capital, que je distinguerai d^orm^ais par le mot nominal, est dans un rapport constant avec le revenu ; or, le revenu ne s'accroît point, au fur et à mesure qu'on élève l'âge de la révolution, dans une aussi grande proportion que le capital superficiel, que le capital réel.

Nous ne nous éloignerons pas beaucoup de la possibilité des choses en supposant que, pour l'aménagement à 100 ans, le rapport du revenu au capital superficiel, au capital réel, sera de 1 1/2 pour 100; pour celui à 75 ans, de 2 pour 100; pour celui à 50, de 3 pour 100... ; mais alors, et si l'on admet que 3 pour 100 soit le taux des placements en biens-

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fonds boisés, il est clair que l'âge de 50 ans est une limite supérieure que l'on ne pourrait dépasser dans le choix de la révolution, sans se condamner à une perte d'autant plus forte que la révolution serait plus longue.

15 et 50 ans, voilà donc les âges entre lesquels doit se renferaier la révolution pour satisfaire au but que l'on poursuit ! Si Ton veut noaint^ant préciser le terme intermédiaire auquel il convient de la fixer, on poussera à leur dernière conséquence les considérations sur lesquelles on s'est appuyé pour réduire la révolution de 100 à 75 ans d'abord; puis de 75 à 50 ans. Ces réductions successives pouvaient avoir il est vrai pour résultat de diminuer le revenu net de la forêt; mais elles étaient justifiées surabondamment par l'intérêt seul de la portion de la superficie dont elles permettaient la réalisation. On se disait : Puisque l'intérêt de cette portion, réalisée et placée dans les conditions désirables de solidité, sera plus grand que le revenu qu'elle me fournit sous la forme où elle est, il n'y a pas à hésiter, changeons cette forme. C'était là un raisonnement très-rationnel, d'une justesse incontestable , et qui peut se traduire ainsi : Il y a avantage à diminuer la révolution, lorsque l'amoindrissement du capital superficiel, réel, qui enestle résultat, doit être accompagné d'un amoindrissement proportionnellement moins fort du revenu net, ou, ce qui revient au même, du capital nominal, du capital obtenu par la capitalisation de ce revenu au taux des placements. Il ne pouvait y avoir doute

liO AMÉNAGEMENT DES FORÊTS.

à ce sujet pour les révolutions supérieures à celle de 50 ans. Pour celles qui lui seraient inférieures, l'évidence n'existe plus au même degré ; mais il sera facile de la dégager si nous supposons qu'on soit fixé sur le capital superficiel, le capital réel^ et le revenu net correspondant que comporte l'aménagement à un âge quelconque* En effet, pour reconnaître s'il y a ou non opportunité à adopter une révolution plus petite que celle de 50 ans, il suffira d'ajouter à l'intérêt de la somme que l'on réaliserait en raccourcissant la révolution, le revenu net que la forêt fournirait encore après ce raccourcissement, et de comparer le total au revenu net actuel de la forêt.

Si l'âge de 50 ans était, par impossible, supérieur à celui correspondant au plus grand revenu forestier moyen, la diminution de la révolution, tout eu amoindrissant le capital superficiel^ aurait pour effet d'augmenter le revenu forestier ; et, dans ce cas, celte diminution serait très-avantageuse, puisque à l'accroissement du revenu forestier s'ajouterait l'intérêt du prix de la portion du capital superficiel, du capital réel, que l'on aurait réalisée.

Si le même âge de 50 ans était inférieur à celui correspondant au plus grand revenu forestier moyen, la diminution de l'âge de la révolution entraînerait celle du revenu forestier ; maïs il se pourrait que la différence, entre le revenu qu'on aurait retiré jusqu'alors et celui qu'on retirerait désormais, fût plus que couverte par l'intérêt de la portion réalisée du capital superficiel; l'avantage d'une révolution plus

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courte, pour être moins grand que dans le premier cas, n'.en serait pas moins certain.

Enfin, si cette différence précitée n'était pas compensée par l'intérêt de la portion réalisée du capital superficiel, ce serait une preuve que Ton ne pourrait pas baisser, sans préjudice, Page de l'aménagement.

En résumé, il y a^ dans le raccourcissement de la révolution et dans V amoindrissement du capital super-ficiel, du capital réel qui en résulte, un point auquel on doit s'arrêter, quand on recherche V exploitabilité relative à la rente la phis élevée ^ et ce point est indi-que par le moment où tout amoindrissement nouveau entraînerait une diminution proportionnellement plus forte du revenu net, et par conséquent du capital nominal.

L'exploitabilité relative au rapport le plus grand entre le revenu et le capital, est soumise à certaines lois dont plusieurs méritent d'être particulièrement signalées.

Lois auxquelles est soumise l'exploitabilité relative à la rente

la plus élevée.

i* V eœploitabilité ' relative M la rente la plus élevée se réalise presque toujours avant celle qui correspond au plus grand accroissement moyen; elle est plus rapprochée pour les arbres épars dans les champs cuitivés, que pour ceux qui sont situés dans les terres

inciUtes, et moins rapprochée pour les massifs qui ne sont pas assujettis à des éclaircies périodiques, que pour ceux qui le sont. <

2"" Elle se fait d'autant moins attendre que les essences sont de moijis bonne qualité, et moins susceptibles d'acquérir de l'utilitéel delà valeur en vieillissant.

3*" Enfin, et c'est le point le plus remai^quable, elle est d'autant plus près de coïncider avec celle du plus grand revenu moyen, que l'intérêt de l'argent est moindre ; de sorte que cet intérêt étant nul, les deux exploitabilités se présenteraient à la même époque.

Consacrons quelques instants au développement de ces propositions ; car nous aurons à en tirer des conséquences pratiques intéressantes.

i® V exploitabilité relative à la rente la plus élevée se réalise presque toujours avant celle qui correspond au plus grand accroissement moyen.

Cela provient de ce que la plus-value d'un bois, résultant de l'augmentation annuelle de la matière ligneuse, dans un temps donné, est ordinairement moindre que la somme que procureraient , dans le même temps, les intérêts d'un capital équivalent à la valeur nette de ce bois. C'est dans la phase descendante des accroissements annuels que se rencontre l'époque du plus grand accroissement moyen; or, quand on assimile -un bois à une somme d'argent placée, et qu'on veut en obtenir le plus grand profit, on ne peut, sauf de très-rares exceptions, sous peiire de manquer son but, prolonger la révolution au delà du terme qui marque l'apogée de la végétation. En

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effet, lorsque les bois ont dépassé cet apogée, le prix dit mètre cube ne s'élève plus; la valeur de leur accroissement annuel diminue donc constamment, à partir de cette époque, avec l'accroissement lui-môme, et ne saurait suppléer à l'intérêt toujours croissant du produit en argent qu'on aurait réalisé par l'exploitation. On se convaincra également, sans peine, que Teo?ploitabilité relative à la rente la plus élevée, est plus rapprochée pour les arbres épars dans les champs cultivés^ que pour ceux qui sont situés dans des terrains vagues, si on se rappelle que pour qu'il y ait avantage à. retarder la coupe dans ce dernier cas, il suffit que la plus-value présumée de l'accroissement soit plus grande que l'intérêt de la valeur de l'arbre, pendant un an, augmenté du prix de la feuille ; tandis que dans le premier cas, à ces éléments il faut en ajouter un autre qui augmente chaque année, et qui consiste dans le préjudice causé à la culture arable par le développement, soit des branches, soit des racines de l'arbre. L'accroissement de cet arbre étant supposé le même dans les deux cas, il est évident qu'il atteindra plus tôt dans le premier que dans le second, la limite au delà de laquelle il cesserait d'être rémunérateur.

C'est sans doute à cette raison que tient la défaveur dont les plantations, dans les champs cultivés, sont l'objet de la part de nos agronomes les plus renommés, MM. Dombasle, Gasparin, etc. *.

4 . On applique soaveat aux forêts jardinées dont oit veut régler

Enfin, reœploitabilité relative à la rente la plus élevée, est plus tardive pour les massifs éclaircis périodiquement, que pour ceux qui ne le sont pas. Cela s'explique par les produits intermédiaires que four-* nissent les premiers ; produits qui , en augmentant tout à la fois le revenu net et le capital obtenu par la capitalisation de ce revenu au taux des placements,^ tendent à reculer l'époque où ce capital devient moindre que le capital superficiel.

2"" Lexploitdbilité relative à la rente, la plus élevée est d'autant plus rapprochée, que les essences sont de moins bonne qualité et 7noins susceptibles d'acquérir de rutilité et de la valeur en vieillissant.

Ainsi, pour des bois blancs qui ne seraient propres qu'au chauffage , l'époque de la coupe devrait être plus avancée que pour des bois durs qui, propres au chauffage seulement, dans les premières années de leur existence, ne tardent pas à acquérir des qualités précieuses qu'on recherche pour une foule d'ouvrages, et qu'on paye en conséquence.

Si l'on veut saisir la vérité de cette proposition,

Texploitabilité, le procédé des expériences individuelles, c*esl-àdire qu'on fait entrer les arbres dont elles se composent dans la catégorie des arbres isolés. Ce procédé n'est pas, à beaucoup près, aussi exact que celui qui consisterait à évaluer le revenu moyen annuel et à le comparer au capital superâciel. Dans tous les cas, si on y a recours, il ne faut pas oublier de tenir compte du dommage causé aux sujets environnants par l'arbre d'expérience; ce faisant, on reconnaîtra, comme la culture l'enseigne d'ailleurs» que la méthode jardinatoire est de toutes la moins productive.

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il est encore nécessaire de se rappeler qu'il est avantageux seulement cle retarder l'exploitation, quand l'on est autorisé à espérer que l'intérêt du produit réalisable, joint à la valeur de la première feuille, trouvera une compensation suffisante dans la plus-value résultant de l'accroissement.

Négligeons, pour simplifier la question, la valeur de la première feuille, qui ne saurait exercer une influence importante sur la solution du problème, et dont l'absence est même de nature à corroborer notre démonstration . Ne mettons dans la balance que l'intérêt du produit réalisable, d'une part, et, de l'autre, la plus-value résultant de l'accroissement. Supposons enfin que le prix du bois reste le même, quel que soit l'âge.

N'est-il pas vrai qu'en suivant un arbre ou un massif dans ses développements annuels successifs, on observe que le sacrifice de l'intérêt auquel on se soumet, en retardant l'exploitation, est proportionnel à la somme des accroissements antérieurs; tandis que la plus-value résultant de l'accroissement, au contraire, n'est jamais fonction que d'une année? Progressive d'abord, elle devient ensuite stationnaire, puis de plus en plus petite. En présence d'un préjudice, d'une perte, qui s'augmente en quelque sorte dans une progression géométrique, se trouve donc un avantage variable dans des limites nécessairement étroites. Admettons, au reste, un instant, que l'accroissement annuel soit constant et représenté par 1, hypothèse d'autant plus acceptable que

l'erreur qu'elle renferme affecte également les deux termes de notre comparaison. L'arbre ou le massif qui vaudra 1 à 1 an, 2 à 2 ans, vaudra 100 à 100 ans ; la plus-value annuelle sera toujours égale à l'unité, tandis que l'intérêt du produit réalisable, sera pour le massif de 100 ans, cent fois plus fort que pour celui de 4 an.

Mais si nous supposons actuellement que le prix du mètre cube grandit avec l'âge, il est incontestable que l'écart entre les deux facteurs d« la comparaison en sera atténué. Pour que cet écart disparut complètement, il faudrait que le prix du mètre cube grandit dans une progression semblable à celle que suivrait l'intérêt des valeurs successivement accumulées, ou, en d'autres, termes, que le prix du mètre cube à 100 ans fût cent fois plus élevé que celui du mètre cube à 1 an.

En fait, la progression que suit le prix des bois selon leur âge et leurs dimensions, est fort éloignée de celle qui aboutirait au résultat que procure l'accumulation des intérêts.

Ce que je viens de dire peut encore, et en deux mots, se démontrer de la manière suivante :

Au lieu de considérer l'accroissement annuel, abstraction faite des accroissements précédents représentés par le bois . sur pied, considérons-le dans son rapport avec ces accroissements.

Soit V le volume de Tarbre, a son accroissement annuel, nson âge. Pour connaître le rapport à tant pour 100, on posera

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