ÉTAT NORMAL DES FORÊTS
méthode du réensemencement naturel et des éclair-* des, et celles qui seraient jardinées. *
On distinguerait, parmi les terrains dénudés, ceux qui devraient être boisés, de ceux qui devraient être simplement gazonnés. Sans entrer dans les détails de la culture, on indiquerait les essences à propager, soit par le semis, soit par la plantation.
Lorsque ce périmètre, dans lequel la conservation des forêts et des pâturages serait regardée comme étant de rigoureuse nécessité, aurait été tracé, on rechercherait, en dehors, les forêts qui, quoique ne présentant pas d'utilité manifeste comme sauvegarde du territoire' et des intérêts généraux du pays, en présenteraient assez cependant pour qu'il fût utile d'en prévenic la destruction. Ce seraient en premier lieu toutes les forêts domaniales; car il n'en reste certainement plus une seule dont Taliénation ne fût pas déplorable. Ce seraient aussi, sauf un petit nombre d'exceptions, les forêts communales ; car toutes celles dont la transformation en terres agricoles était avantageuse ont été aliénées depuis longtemps. Ce seraient, ensuite parmi les bois des particuliers, ceux dont le défrichement aurait pour conséquence de rendre le sol tout à fait infertile ou dé compromettre l'existence dé sources qui, quoique n'étendant pas au loin leur action, sont cependant précieuses pour les populations locales.
A ces diverses forêts on ajouterait, pour compléter le second périmètre, les terrains vides, les pâturages, leé paquis appartenant à l'État ou aux communes,
dont on ne pourrait tirer parti que par le boisement ou le gazonnement, et que l'initiative individuelle serait inhabile à mettre en valeur.
Puis viendrait Tétat des travaux à faire :
V Dans le périmètre dont le boisement ou le gazonnement serait de première nécessité ;
2"* Dans celui où ces travaux n'auraient qu'une utilité secondaire.
On indiquerait pour le premier périmètre, et toujours par catégorie de propriétaires, l'étendue des terrains à reboiser, celle des terrains à gazonner, le prix approximatif des terrains, et le coût des travaux, en séparantles travaux d'art, tels que Pes barrages, des travaux de gazonnement ou de reboisement.
On donnerait les mêmes renseignements pour le second périmètre, mais en ce qui concernerait seulement les propriétés domaniales et communales.
On ferait connaître pour ces dernières forêts les dépenses approximatives qu'entraîneraient leur délimitation, leur aménagement et leur vidange.
On exposerait d'une manière générale les réformes qu'il serait convenable d'apporter au régime économique et légal des routes nationales, départementales, vicinales, des canaux, des rivières navigables et flottables, pour faciliter le transport des produits forestiers.
On examinerait les entraves mises au commerce des bois .par les droits de- navigation, de douane et d'octroi, ainsi que les conditions faites à la propriété forestière par l'impôt foncier, et on signalerait les
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mesures à prendre pour supprimer les unes et améliorer les autres.
Voilà un aperça des travaux qu'il y aurait à exécuter, afin de remettre le territoire de la France, au point de vue des forêts et des pâturages, dans un état normal . On ne saurait en concevoir qui pussent contribuer plus que ceux-là au bien et à la prospérité de notre pays. On les a, du reste, déjà commencés, et sur un point ils sont même très-avancés : dans quelques années, les dunes seront reboisées, mais, après cette opération, que d'autres resteront encore à faire ! L'administration des forêts, qui est la mieux outillée pour mener à bonne fin cette grande entreprise, l'est-elle suffisamment? Je ne le crois pas. Je veux dire par là qu'elle ne trouverait ni dans les lois, ni dans le personnel dont elle dispose, ni dans les fonds qu'on lui alloue, toutes les ressources dont elle aurait besoin. Je ne saurais, sans sortir tout à fait du cadre de ces études, examiner les réformes dont l'organisation de l'administration forestière serait susceptible. Je ne dirai rien non plus du budget, chose variable qui n'a rien à faire avec la science; mais je jetterai un coup d'œil sur les lois, afin de montrer leur insuffisç-nce et les points principaux sur lesquels il conviendrait de les modifier.