‹ Études sur l'aménagement des forêts (volume 4)Chapitre 51 sur 112 · CHAPITRE TROISIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE TROISIÈME

DE L'EXPLOITABILITÉ DANS SES RAPPORTS AVEC L’INTÉRÊT DU PROPRIÉTAIRE. s

Il résulte de la discussion à laquelle je mesuis livré dans le chapitre I‘ de cette étude: 1.2.

-4° Que le produit annuel en argent d'une forêt, considéré en lui-même et abstraction faite du capital engagé, s'accroît avec la durée de la révolution ;

2 Que le rapport entre ce produit et la valeur commerciale de l’immeuble diminue au contraire avec cette durée ;

3° Que le taux des placements pécuniaires est la cause principale de cette contradiction qui disparaitrait si l'intérêt de l’argent devenait nul.

Ces lois remarquables expliquent et justifient les différences que nous avons déjà constatées dans les principes d'après lesquels l'État, les communes et

les particuliers exploitent les bois qui leur appar—

tiennent.

Nous allons, du reste, en examiner de plus près l'influence.

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27 "0. ARTICLE PREMIER

» 6 US ES A DE L'EXPLOITABILITÉ DANS SES RAPPORTS Ce AVEC L'INTÉRÊT DE L'ÉTAT.

$ 382 : L'État est éternel ; l'intérêt de l'avenir doit donc

être mis sur la même ligne que celui du présent, __ lorsqu'il s’agit de régler l'exploitation des forêts qui lui appartiennent ; et, pour satisfaire à ce principe dont la justesse me paraît incontestable, il est nécessaire d’abord. d'adopter un mode d'exploitation qui ne puisse pas compromettre la conservation du domaine forestier; or ce mode est, sauf de rares exceptions, celui de la futaie.

.. Tous les membres de la société ont un droit égal * aux produits des forêts de l'État. Ces produits: ne sauraient dès lors être regardés comme un objet de spéculation. Lorsque l'État les vend, il ne poursuit pas le-même but que les autres propriétaires de bois. Il se sert de la vente comme du moyen le plus convenable; pour distribuer aux citoyens qu'il représente, un revenu qui n'appartient pas plus à l’un qu'à l'autre; il ne prétend.pas d’ailleurs xetirer de cette opération ün profit commercial. L'État et la société ne faisant qu’un, l'État propriétaire de bois, quelle qué soit. la manière dont il en fait jouir le public, les consacre en réalité dans tous les cas à son usage, à sa consommation; et, partant, ce qu'il doit = chercher à retirer de ses forêts, c’est sur un point

donné la plus grande quantité des produits annuels les plus utiles. Les longues révolutions sont donc celles qu’il lui convient d'adopter en général, puisqu’elles tendent : à sa la Re et l'utilité de la production *.

Les profits du sol forestier ne consistent pas seulement dans la valeur de la coupe annuelle ; ils consistent aussi dans les ressources que le bois offre au travail national, dans le courant commercial et industriel auquel il donne lieu; ils consistent en outre dans l'influence heureuse que les forêts exercent par leur existence même sur les conditions ni AR d’un pays.

Aucun de ces profits n’est perdu pour le propriétaire, quand ce propriétaire est l’État; et comme leur importance est en raison directe de l'utilité et de la quantité des produits et de la grosseur des arbres, il'y a là encore de nouvelles raisons pour que l'État préfère les longues révolutions : aux Courtes

L'avantage d'une prompte jouissance: ne saurait compenser, pour l'État, la diminution de produits qu'entraîne nécessairement le raccourcissement 7 révolutions. RU

Il est certain que deux coupes de bois à

4. Ce n’est que très-exceptiônnellement qu'il peut y avoir pour V'État ‘intérêt à en adopter de courtes; cependant, si une industrie indispensable à la société réclamait impérieusement, des bois de petites dimensions et qu'on ne pût se les procurer que dans

les forêts domaniales, il faudrait tenir compte de ces psp dans le choix du traitement desdites forêts. 319790

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Fâge de 50 ans donneront moins qu’une seule coupe - à l’âge de 100 ans; mais on objectera que, sion em-

ploie le prix de la première coupe à 50 ans, d’une manière reproductive, jusqu’à l’époque de la seconde coupe au même âge, le profit qu'on en retirera pourra égaliser, s’il ne le dépasse, Fexcédant du produit de la coupe à 400 ans sur celui des deux coupes à 50 ans.

Cela est vrai, mais je ferai remarquer que cet excédant aura été donné en quelque sorte gratuitement par la nature, tandis que le profit qu'on lui compare,

- résultat des efforts de l’homme, aura exigé, consommé

une-main-d’œuvre qui aurait pu être utilisée autrement. :

Pour que l'avantage d'ènté jouissance anticipée: fût réel pour l’État, il faudrait deux choses : 4° qu'il y'eût dans notre pays surabondance de bois; 2° qu’il ne fût pas possible de se procurer-autre part que dans nos forêts des instruments de travail. Or, il y a au contraire pénurie de bois ; et il n’est pas nécessaire de couper les forêts avant leur maturité, pour se procurer: des instruments de production. Une opération qui aurait pour résultat d’amoindrir la puissance productive d’un capital, dont la nature à fait tous les frais, ne saurait donc trouver une justification suffisante : dans l’importance du capital artificiel qu’on pourrait créer au moyen de cette diminution.

Il n’en est pas moins vrai cependant qu’au delà d'un certain âge l'accroissement d’un massif boisé ne représente plus, en valeur pécuniaire, l’intérêt de la somme qu’on réaliserait en le coupant; et on peut

se demander si cet intérêt doit être exclu des considérations qui doivent présider à la gestion des forêts de l'Etat. |

Il y aune raison péremptoire pour que cette — tion soit résolue par l’affirmative :

Cette raison, c’est que l'intérêt de l’argent n’implique pas une augmentation de revenu; c’est qu'en supposant un moment qu’il pût être supprimé, sans que la circulation des capitaux en souffrît, la quantité d’utilités créées, de valeurs ‘produites au bout de l’année, n’en serait pas altérée. Il résulte de là que l'intérêt constitue un bénéfice pour les individus ou pour une fraction de la société considérée par rapport à la masse des citoyens, parce qu'il modifie, en faveur de ces individus ou de cette fraction de la société, la répartition du revenu social ; mais qu'il ne saurait, dans aucun cas, constituer un bénéfice pour l’État. Ho

Cette vérité a longtemps été méconnue; aussi voyons-nous encore une grande partie des forêts de l’État exploitées en taillis; mais les saines doctrines paraissent avoir enfin définitivement prévalu. L'administration est entrée dans la voie des conversions ‘en futaies ; on ne saurait trop l’en féliciter.

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RAPIRÉ TPM PEER

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