‹ Études sur l'aménagement des forêts (volume 4)Chapitre 54 sur 112 · PRINCIPES FONDAMENTAUX · texte numérisé non relu

PRINCIPES FONDAMENTAUX

- Quand on a complété la statistique de la forèt à aménager ; quand on a terminé la description spéciale des parcelles dont elle se compose ;. quand on a choisi le mode d'exploitation et fixé l’âge d’exploitabilité qu’on estime être applicables à ces parcelles, on possède les éléments nécessaires pour arrèter la durée de la révolution, la quotité et la marche des

ours annuelles.

… Les documents relatifs à ces divers objets forment ce qu'on appelle le plan d'exploitation.

… J'ai dit que le mot Révolution s’appliquait au temps nécessaire pour qu'une série de coupes de : régénération pût revenir au point de départ et se renouveler dans les mêmes conditions. C'est là le La vrai sens du mot et par conséquent, si on voulait

s'exprimer correctement, on devrait n'employer ce mot que pour l'exploitation des forêts normales, car c'est dans les forêts normales seulement que les coupes de régénération peuvent se renouveler périodiquement dans les mêmes conditions. Mais cependant, par suile de la pauvreté de notre langue, on a abusé du mot Révolution comme de beaucoup d'autres, et on l’a employé indifféremment pour les forêts qui sont susceptibles d’un aménagement définitif et pour celles qui ne le sont point, de sorte qu'il ne se lie pas toujours à l’idée d'une rotation régulière de coupes d’une nature déterminée.

Il en est ainsi, par exemple, lorsqu'on se sert du mot Révolution pour exprimer le temps pendant lequel une forêt devra être parcourue par des coupes préparatoirés à la futaie. Il est évident que ces coupes préparatoires ne sont pas destinées à se renouveler indéfiniment; que souvent même, on n’attend pas qu’elles aient parcouru toute l'étendue de la forêt, pour entreprendre les coupes de régénération. Le mot Révolution ne leur convient donc pas grammaticalement. L'usage l’a pourtant admis et consacré et je ne prétends pas le proscrire. Seulement, pour prévenir toute confusion, je prendrai les asser suivantes : |

J'appellerai Révolution principale normale a temps nécessaire pour l'exploitation, pour la régénération totale d’une forêt, lorsque ce temps correspondra à l’exploitabilité des essences; Révolution principale transitoire celle qui bien que s'appliquant aux

| coupes de régénération, ne différera de la précédente que parce qu'elle devra exceptionnellement être plus courte ou plus longue qpe ne le sr cc ar l'exploitabilité des essences.

Mais puisqu'il est fort embarrassant de déonoiner l’âge d’exploitabilité d’une forêt, même lorsque

cette forêt est dans un état que l’on peut croire

stable au point de vue de la consistance et de da végétation des peuplements qui la composent, le pro- blème devient bien plus difficile à résoudre quand elle “est évidemment destinée, sous ce double rapport, à ‘éprouver des changements; de sorte qu’à l’incertitude des circonstances économiques s’ajoute celle des circonstances physiques. Telle exploitabilité excellente aujourd’hui, susceptible par conséquent d’être

considérée comme normale, pourra ne plus l’être

dans un siècle. Aussi sera-t-il raisonnable d'adopter comme normale ou définitive toute révolution principale qui n’imposera pas des sacrifices probablement trop grands d’accroissement et d'utilité.

J'appellerai Révolution préparatoire, bien que ce soient les coupes et non la révolution qui préparent,

le temps pendant lequel une forêt devra être par-

courue par .des coupes qui auront pour but d'y

« rendre possible le début des coupes de régénération.

On s’est quelquefois servi, dans ces dernières années, pour exprimer ce temps, des mots période d'atteñte. . Or la période avait toujours été prise jusqu’alors dans

une acception restreinte. C'étaitet c'est encore une partie de la révolution qui ne saurait se dérouler en

"y: AMÉNAGEMENT DES FORÊTS.

dehors d'elle; il y aurait des inconvénients à lui donner une autre signification.

La révolution préparatoire, telle que je la comprends, remplacera dans certains cas, la révolution transitoire telle qu’elle est définie par MM. Lorentz | et Parade. |

L'établissement du plan d’ erphidaiies repose sur plusieurs principes essentiels et qui consistent :

4° À faire arriver autant que possible chaque parcelle en tour de régénération, à l'époque correspondante à son âge d’exploitabilité et, en tour d'exploitation intermédiaire, à l’époque mer: par l'état du peuplement;

2 A prescrire pour les exploitations successives des parcelles, un ordre qui soit conforme aux règles sur l’assiette des coupes ;

3°: À former pour la répartition des produits, dans le cours de la révolution, un règlement qui, tout en se conciliant avec les exigences de la culture, soit de nature à assurer le rapport annuel soutenu.

L'application de chacun ri ces principes est soumise à des conditions particulières plus ou moins importantes, plus ou moins impérieuses, et souvent opposées,

Cette opposition est une des plus grandes diffi-

cultés que l’on rencontre dans l'établissement du plan

d'exploitation.

Cet établissement varie suivant les modes d’exploitation; nous l’étudierons d’abord, dans le cas le

DU PLAN D'EXPLOITATION. hr

moins compliqué, c’est-à-dire en admettant que la forêt à aménager doive être exploitée en taillis simple; nous verrons ensuite quelles modifications il faut y apporter, quand il s’agit de former une forêt > régulière, exploitée d’après la méthode du réensemencement naturel et des éclaircies périodiques. Quant aux taillis composés, comme ils ne diffèrent des taillis simples que par l'importance de la réserve, et comme d’ailleurs cette importance est . subordonnée à des circonstances culturales très-va- riables, je ne crois pas nécessaire de faire de leur aménagement l'objet d’une étude particulière .

-— 4. Le lecteur qui aurait besoin d’être mieux fixé sur la question de l'aménagement des taillis composés, consultera avec fruit le livre de M. Nanquette, pages 297 et suivantes. (Note de la 2° édition.) |

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“ARTICLE PREMIER

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++ DU TABLEAU DES inpibihigens ET DES DIFFICULTÉS : Fr dibce! QUE RENCONTRE SARA

Héirmob alt none affaire x un ntnillis dont. la néon -est de 200 hectares, dont les parcelles sont toutes exploitables à 20 ans,.et par conséquent dans une révolution principale de 20 ans‘. Nous avons sous -les yeux le cahier de la description spéciale et le plan topographique sur lequel les parcelles ont été figu- - réestavec: l'indication de leur étendue et de leur âge respectifs. Nous remplirons le tableau ci-contre : Pour savoir quelle est celle des 20 dernières Colonnes à laquelle appartient une parcelle quel- <onque, il suffira de prendre la différence entre l’âge md’exploitabilité et l’âge actuel de cette parcelle; si la : différence était de 5 nonÿte, ce serait dans la cin-

Le LE Dette” sibdé! que. ce cite » 20: ans est mittruire. On n’en a pas pris un plus élevé, afin de 808 la démonstration. (Note de la 2° édition.)

quième colonne qu'il faudrait placer la parcelle en question ; si elle était nulle ou négative, ce qui indiquerait que la parcelle est exploitable depuis plus ou moins longtemps, on la colloquerait dans la première colonne.

Au lieu du classement rigoureux que je suppose ici et qui implique que dans la reconnaissance de la forêt on est parvenu à distinguer les peuplements dont les âges ne diffèrent que d’un an‘, on pourrait adopter un classement de 5 en 5 ans, et remplacer les 20 dernières colonnes du tableau par 4 colonnes seulement, dont la première comprendrait les bois exploitables dans la première période de 1 à 5 ans; la deuxième, les bois exploitables dans la deuxième période de 6 à 10 ans, etc., etc. Je conserverai néanmoins le classement que mes lecteurs ont sous les yeux, parce qu’il est propre à rendre plus intelligibles les observations auxquelles la formation d’un plan d’exploitation est susceptible de donner lieu.

La contenance de la forêt étant de 200 hectares, l’âge d’exploitabilité de 20 ans, il est clair que, si toutes les parcelles étaient placées dans les mêmes conditions de végétation et présentaient la gradation d’âge convenable, on devrait trouver au total de chacune des 20 dernières colonnes du tableau un

4. Contrairement aux règles que j'ai exposées au sujet du parcellaire, pages 48 et suivantes, règles qui n’admettent pas non plus qu’il faille plusieurs parcelles pour former une coupe. (Note de la 2° édition.)

PP ANUS EU PO ER ET Pr

chiffre égal au quotient de l’étendue de la forêt par l’âge d’exploitabilité, et, par conséquent, 40 hectares.

Si, d’un autre côté, en rapprochant l'assiette des coupes résultant de ce classement de celle que prescrivent les règles de la culture, on constatait qu'elle n’y déroge pas, on en conclurait que ledit classement ne laisse rien à désirer, et il n’y aurait plus qu'à l'appliquer sur le terrain, au moyen de laies sommières et séparatives, de fossés, de bornes et de numéros indicateurs.

Le plan d'exploitation se trouverait parfaitement en harmonie avec les principes que nous avons posés dans le premier chapitre de cette étude : la produc- ‘tion maxima serait assurée, puisque chaque parcelle arriverait en tour d'exploitation à l’époque correspondante à son âge d'exploitabilité; les règles sur l'assiette des coupes seraient observées d’après la supposition que nous avons faite ; et le rapport soutenu serait réalisé, puisque les conditions de végétation étant les mêmes pour toutes les parcelles, chaque coupe donnerait à surface égale un produit égal ; enfin, la méthode d'exploitation du taillis simple consistant à couper, à blanc étoc, les peuplements destinés à être régénérés, il en résulte que l'on peut, sans contrarier l'application de cette méthode, préciser l’année et l'emplacement où chaque coupe devra être’effectuée, et que les prescriptions du plan d’exploitation, à ce sujet, se concilient avec les exigences

de la culture.

| Ce plan ne serait copiidhi pas complet, si l’on

n’y ajoutait, comme annexe, les indications nécessaires, relativement aux coupes d'amélioration (nettoiements) et à la réserve en baliveaux de l’âge, que l’état. du peuplement ou l'intérêt du propriétaire pourrait réclamer. !,

Les nettoiements danses taillis n’ont, en général, aucune importance, au point de vue de leur rende-

ment. immédiat en matière ou en argent; ils en ont.

une plus ou moins grande, quelquefois nulle, au point de vue cultural; il n’était donc. pas nécessaire de:les faire figurer dans le tableau d'exploitation qu’ils auraient compliqué sans utilité. Quant aux baliveaux à réserver, on ne saurait d'avance en préciser ni le nombre ni la grosseur.

L'aménagement d’une forêt placée dans. les conditions favorables que nous avons admises serait, comme on le voit, bien facile à faire; mais ces conditions sont, on peut le dire, imaginaires. Nos forêts offrent, presque toutes, une grande irrégularité de peuplement, qui tient en partie à la nature même des choses et. qui les éloigne plus ou moins de la forêttype que nous avons prise pour exemple : tantôt c’est l’âge d’exploitabilité qui n’est pas le même pour tous les massifs qu’on voudrait comprendre dans le même aménagement; tantôt c’est la gradation des âges qui. est insuffisante ou qui ne s'accorde pas avec les règles d’assiette. des coupes; ou bien c'est la. puissance productive du sol qui est inégale... et ces circon-. stances fâcheuses font du règlement d'exploitation. une opération quelquefois très-délicate et très-ardue.

RÉ, ct

+ ÆExaminons successivement les principaux em- Le qui peuvent se produire, et cherchons les vie de les surmonter. :

- Ces embarras sont presque toujours Lens et bein en ce sens qu'il est rarement possible de remédier à un inconvénient sans en faire naître un autres:

La drbtion est déue #e savoir, entre Fan maux, choisir k le moindre.

ÉMCLEÉNEE

penid 0! 2: ARTICLE 1.

25 Han | 20.142 CLASSEMENT DES PARCELLES SUIVANT L'AGE, D'EXPLOITABILITÉ.

: . Cette considération de l’âge. d’exploitabilité est celle qui se présente la première à l'esprit, quand on veut procéder au classement des parcelles dans le à es SRE = -enaRiel de plus facile que de s'y conformer, ps À. âge d’exploitabilité est le même pour toutes les nbtelle de la forêt, et qu'aucune raison ne s'oppose … àce que les peuplements que renferment ces parcelles puissent rester sur pied jusqu’à l’époque Farrempon: à dante à cet âge.

. Mais, l'âge d’exploitabilité étant le même pour “ii Fi des parcelles, il arrive souvent que, par suite, - soit d’une exploitation vicieuse, soit d’un abroutisse- | ment; d’une gelée ou de toute-autre cause acciden-

184 ANÉLRGENENT DES FORÊTS.

telle, le peuplement d'une ou oi d'entre elles exige une exploitation anticipée. Les faits de ce genre sont consignés dans le cahier de la description spéciale; on doit y avoir égard, et pour cela on classe les parcelles dans les colonnes du tableau qui correspondent, non à l’âge normal d’exploitabilité, mais à l’âge où elles devront être réellement exploitées, à raison de l’état accidentellement mauvais de la végétation.

Lorsque l’âge d’exploitabilité n’est pas le même pour toutes les parcelles, on adopte pour base du règlement d'exploitation l’âge d’exploitabilité le plus reculé, et l’on partage en conséquence le tableau de classement en autant de colonnes qu’il y a d’années dans cet âge. On colloque ensuite les différentes parcelles dans ces colonnes, de manière que chacune d’elles arrive périodiquement en tour d'exploitation à l’âge qui lui convient; mais, pour cela, il faut que l’âge d’exploitabilité le plus reculé soit un multiple des autres, et, alors, on fait figurer chaque parcelle dans le tableau, autant de fois qu’il y.a d’unités dans le quotient de cet âge d’exploitabilité par le sien. Une parcelle en châtaigniers qui serait, par exemple, exploitable à 10 ans, figurerait deux fois dans le tableau d'exploitation d’une forêt dont la révolution serait fixée à 20 ans. hi

Lorsque certaines parcelles ont un âge d séloi tabilité qui n’est pas renfermé un nombre exact de fois dans la révolution adoptée, elles ne peuvent être comprises dans le même aménagement, à moins qu'on

ne se résigne à les couper avant ou après leur âge d’exploitabilité, ou qu'on ne les destine à une transformation qui les ferait rentrer dans les conditions désirables. Si un peuplement, exploitable à 45 ans, appartenait, par exemple, à une forêt dont le surplus serait exploitable à 20, on pourrait classer ce peuplement dans le tableau d’exploitation de manière à le faire arriver en tour d'exploitation, dans la première révolution, à l'époque correspondante à son âge d’'exploitabilité de 45 ans; seulement, pour le … maintenir dans l’aménagement sans être forcé de modifier à chaque révolution le plan d'exploitation, il … faudrait, à partir au moins de la deuxième, ou porter à 20 ans son âge d'exploitation, ou le réduire à 10, ou substituer à l'essence dont il se compose, une essence dont l’âge d’exploitabilité serait conciliable avec celui des autres parcelles.

: La divisibilité de l’âge d’exploitabilité le plus 4 reculé par les autres, est donc la seule condition rigoureusement indispensable pour que l’on puisse comprendre dans le même aménagement, des par- : celles dont l’exploitabilité différerait; mais on verra . que cette différence est souvent un obstacle à l’application des règles d'assiette et rend, dans tous les cas, l'établissement du rapport soutenu d’autant plus . difficile, que les parcelles exploitables à l’âge le plus reculé sont moins nombreuses par rapport aux : autres.-Aussi, dans la pratique, adopte-t-on pour … base du classement l’âge d’exploitabilité qui convient A à la majorité des parcelles, et laisse-t-on en dehors

de l'aménagement tous les peuplements exploitables à un âge plus avancé, lorqu’on croit devoir se conformer à leur âge d’exploitabilité. GrheLE Quant aux parcelles exploitables à une époque plus rapprochée, leur classement se fait . l'ai indiqué. 6 | SANT EL Une fois le ‘elassemént. dés lairesliés établi d après les considérations précédentes, il faut voir s’il est en harmonie avec les règles sur l'assiette des coupes.

ARTICLE JL.

CLASSEMENT DES PARCELLES CONFORMÉMENT AUX RÈGLES D'ASSIETTE DES COUPES, v#

Les parcelles de la forêt que nous avons à amé-.

nager se trouvent dans des conditions de végétation

tout à fait identiques; les essences dontelles secom- -

posent, la consistance qu’elles présentent, le sol sur lequel elles reposent, les circonstances climatériques auxquelles elles sont soumises, sont les mêmes. Elles

ne diffèrent que par la contenance et par l’âge; mais

on remarque qu'en additionnant les contenances des

parcelles de même âge, on obtient, pour chacun des.

âges que présente la suite des nombres de 1 à 20, si même total. |

Cet état de choses, que je suppose chnstaiél par -

le tableau d'exploitation dont j'ai donné plus haut le modèle, est-il suffisant. pour constituer un état normal ?

Non, car s’il remplit deux des ‘conditions auxquelles j'ai dit que le plan d’exploitation devait satisfaire, il n’est pas prouvé qu’il remplisse la troisième ; s’il s'accorde parfaitement avec le principe qui veut que les peuplements arrivent en tour d'exploitation à : l'époque correspondante à l’âge d’exploitabilité; s’il s'accorde aussi bien avec celui qui demande que les exploitations soient distribuées dans le cours de la révolution, de manière à procurer chaque année un produit soutenu; rien ne démontre qu’il se concilie avec les règles sur l'assiette des es règles que voici 4 "L ‘1 :

“+ 4° Dans une même série d'exploitation, les coupes doivent être assises de manière à se succéder de : proche en proche, et recevoir la forme la plus ge lière possible.

2° Elles doivent être disposées de manière que les bois d’une coupe en exploitation ne soient pas däns le cas d'être transportés à travers d'autres coupes précédemment exploitées.

3 Dans toute forêt ou série d'exploitation, les | coupes ‘ doivent être assises de manière que celles quisont à exploiter au commencement de la révolution-se trouvent placées du côté du nord ou de l'est, etles dernières du côté du sud oude l'ouest.

+ l° En montagne, il faut couper d’abord les parties inférieures, et conserver les supérieures pour les dernières exploitations. |

F4. étu en a AY au Cours de culture de MM. Lorentz et Parade. | ei

5° Dans tous les cas, les coupes en montagne, autant que les localités le permettront, devront être longues et étroites et présenter leur moindre largeur aux vents dangereux.

Il faut donc que notre plan d'exploitation ne contrarie pas l'application de ces règles; or, en l’examinant de près, on reconnaît qu'il s’y oppose sur plusieurs points : ainsi, une parcelle qui n’a que 5 ans est contiguë à une autre âgée de 15 ans et qui, si l’on ne modifiait pas le classement, devrait être exploitée 10 ans plus tard. Une troisième parcelle se trouve en pente immédiatement au-dessus d’une quatrième qui est moins âgée. Les parcelles les plus âgées sont situées précisément du côté du sud d'où viennent les vents les plus violents. Enfin, aucune des coupes n'offre, sous le rapport de la forme, la régularité convenable...

Que faire en présence d’une pareille situation ?

Si on maintient l'ordre des coupes fondé sur l’âge d’exploitabilité, il en résultera des inconvénients; si on le modifie pour le conformer aux prescriptions des règles d’assiette, ces inconvénients disparaîtront, mais ils seront remplacés par d’autres. Quel que soit le parti que l’on prenne, il faut d’avance se résigner à des sacrifices. Seulement, ces sacrifices peuvent être plus ou moins considérables, et c’est à les diminuer que l’on doit tendre naturellement. Je ne saurais indiquer le moyen infaillible d'arriver, sous ce rapport, au but le plus désirable. La nature des choses ne le comporte pas. Je ne peux qu’ex-

poser les principes éintoie qui me paraissent propres à éclairer le jugement de l'opérateur et à mes. 2 À de faire fausse route

Les principales circonstances qui influent sur

importance de l’application des règles d’assiette sont : la configuration du sol et le mode d’exploitation. or

: C'est en montagne que l'assiette des coupes réclame une attention toute particulière, parce que les accidents météoriques y sont plus nombreux et plus violents que dans la plaine, et que, d’ailleurs, la déclivité et l'escarpement du sol augmentent naturellement les difficultés de la surveillance, de l’exploitation, et de la vidange.

Mais c’est dans les futaies que la dérogation aux règles d’assiette est surtout dommageable. Dans les taillis, et dans les taillis simples notamment, les deux premières règles sont, en général, les seules qu'il soit véritablement utile d'observer; en effet, les vents, dont les trois autres ont pour objet d’atténuer la violence, ne sont guère à redouter pour le sousbois qui croît à l’état serré jusqu'au moment de son abatage ; qui ne s'élève jamais beaucoup, et qui est toujours assez flexible pour plier, sans se rompre ou se déraciner, sous l'effort de la tempête.

» Quant aux réserves, comme elles sont clair-plantées et qu’elles dominent le massif, la disposition des coupes ne saurait avoir, sur leur conservation, une influence appréciable.

Quels que soient, au reste, les motifs qui rendent

de

190 AMÉNAGEMENT DES FORÊÉTS.

l’application de telle ou telle règle utile et même nécessaire, il n’est pas indispensable, pour que cette application atteigne le but désirable, qu’elle assujettisse à la même loi toutes les coupes à faire durant la révolution. Il y a, dans le nombre des coupes dont on ‘veut déterminer l'assiette, une limite au delà de laquelle les avantages de certaines règles disparaissent complétement. Ainsi, lorsqu'il s’ agira d'appliquer la première règle, qui demande que les coupes soient assises de manière à se succéder de proche en proche, on pourra souvent, sans renoncer à aucun des avantages d’une semblable disposition, partager la révolution en périodes, et ne réaliser l’ordre régulier que pour les coupes de chacune de ces périodes, envisagée séparément. : lt

Les règles d’assiette ne s'accordent pas toujours entre elles. Il arrive même fréquemment que l'application de l’une met obstacle à l'application de l’autre. Cette opposition est la difficulté à laquelle il faut remédier d'abord, en choisissant entre les deux règles qui se contrarient celle qui emprunte à la configuration du so}, à la nature du climat, à l’état du peuplement la plus grande importance. : 00

IL y à une règle, la deuxième, qui est indépen:dante de l’ordre des exploitations, en ce sens que, quel-que soit cet ordre, elle peut être observée au moyen de travaux d'art plus ou moins coûteux. Il faudrait que ces travaux fussent bien considérables pour qu'on s’abstint de les faire, en présence des inconvénients qui résulteraient de l’inobservation

PT CPI PEOUS PPS EEE PONS TR PE

LE .. même partielle des règles d’assiette. L'intérêt du ‘capital que lesdits travaux nécessiteraient, comparé + à la perte que subirait la production annuelle, si on Maissait les, choses dans le statu quo, servira de guide “pus! les appréciations de cette nature.

« L'est à l’aide de ces principes que l'on se fixera sir d'ordre. dans lequel il serait à souhaiter ‘que les parcelles de la forêt à aménager se. succédassent, “et sur les changements qu'il y aurait lieu d’intro- -duire en D AE dans le classement de, ces parcelles +1 | ENT + it naisinéni, es néeichis qui + -résulteraient de la non-observation des règles d’aswsiette.à ceux que leur application entraînerait, “s£e plan d'exploitalion ayant été établi d’après “âge d’exploitabilité des différentes parties qui constituent la forêt, on ne saurait le modifier, d’une manière quelconque, sans reculer.ou avancer, pour un ou plusieurs massifs, l’époque de l'exploitation, vet;-par conséquent, sans porter atteinte au produit le «plus avantageux, sans amoindrir le revenu -que la forêt eût éreneile de procurer dans un temps -*donné.

: «nQ1È Tel: est le . inconvénient qu ’entrainerait la. vmodification du classement fondé sur l’âge d’exploipts.

… Quelle est sa gravité? Est-elle plus grande. düand con és PV l'âge ne nus que Est 5l on, le Fi g devance? | On. Naf qué- ces y ne Se

pas une solution rigoureusement exacte. Il serait : téméraire d'y répondre d’une manière So soit dans un sens, soit dans l’autre.

On peut, cependant, poser en principe qu'il est presque toujours moins désavantageux de laisser les bois trop longtemps sur pied, que de les couper trop tôt; car, dans le premier cas, on ne perd guère que sur la quantité, tandis que, dans le second, on est exposé à perdre, à la fois, et sur la quantité et sur la qualité. On a vu, d’ailleurs, dans la théorie de l'exploitabilité, que le retard apporté à l'exploitation d’un bois se traduit par une accumulation de produits; sicette accumulation est fâcheuse, parce qu’elle ne rend pas l'intérêt qu’on aurait pu retirer de ces produits en les réalisant et en en plaçant le prix, elle l’est moins toutefois que ne le serait une exploitation prématurée par laquelle on compromettrait, en même temps, son capital et son revenu. aol té

Voilà un premier principe; en voici un second:

La perte causée par une exploitation ‘prématurée ou tardive est en raison de la différence qui existe entre l’âge d’exploitabilité et l’âge correspondant à l’époque de cette exploitation ; d’où il suit que c'est dans les bois qui sont soumis à de longues révolutions, que les difficultés de l’espèce ont le plus de gravité. cast Mais, quelle que soit la perte que puissent occasionner les modifications dont je viens de prévoir l'opportunité, il faut considérer qu’elle est subordonnée à des circonstances transitoires, destinées à dis-

paraître ordinairement après la première. révolution, c'est-à-dire après le temps nécessaire «pour l'établissement de l’état normal. .

ré Les pertes qui résulteraient de la Bart ns tion des règles d'assiette tiendraient, au contraire. à: des circonstances permanentes, et se reproduiraient à chaque révolution. Pour qu'il en fût autre-

ment, il devrait s’opérer dans la configuration du

| Fa le climat et dans les autres. conditions 4 de Ja. végétation » des Rencren évidemment

i&i Si par. FE ‘on n Asties pas . des coupes de, proche en proche, en ayant soin de leur donner la. forme, la plus convenable, on se condamnerait, pour toujours, à aggraver les difficultés de la surveil- lance,.et les dommages inévitables causés par le couvert des arbres voisins, par Feanioions et la vidange des produits.

Sion ne les disposait pas de smsièes à ne point . être obligé de transporter les bois d’une coupe en . exploitation, à travers d’autres coupes récemment exploitées, chaque année verrait se renouveler et s'’augmenter les dégâts ruineux occasionnés par le’ charroi des produits, etc.

1 C'est là un caractère, la permanence des causes de perte, qui est de nature à peser d’un grand poids dans la balance des inconvénients qu'entraînent, d'une part, la dérogation aux règles d’assiette, et, dé l’autre, l'exploitation soit avant, soit après l’âge | Pope

Ayant à choisir entre une perte de produits, accidentelle et temporaire, et un dommage susceptible de se renouveler indéfiniment, le choix ne saurait être douteux, et le simple bon sens veut qu’on prenne les dispositions nécessaires pour faire disparaître la cause du dommage, sauf à ménager la transition de l’état actuel à l’état désirable, de façon à répartir sur un plus grand nombre d’années, la perte de produits inhérente à une ‘'exploitation tardive ou prématurée.

- On y arrivera, en ne modifiant qu'en partie la marche des coupes pour les premières révolutions.

Exemple. 1 s'agit d’un bois partagé en vingt coupes, situé en pente rapide, dont les exploitations ont toujours été faites, jusqu’à présent, de bas en haut, mais dans lequel, l'impossibilité de construire des chemins de vidange, impose à l’adjudicataire la nécessité de transporter les boïs de la’ coupe en exploitation, à travers d’autres coupes précédemment exploitées.

Le maintien d’un pareil état de choses est inadmissible. Il faut renverser l’ordre des coupes; mais on ne peut songer à effectuer ce changement sans transition, puisque de la coupe exploitable on tomberait dans les bois d’un an. On prendra donc les dispositions suivantes :

Pendant la première révolution, les cinq ère coupes seront assises dans les bois âgés actuellement de 16 à 20 ans ; les cinq autres, dans les bois de 44 à 45 ans; les cinq suivantes, dans les bois de 6 à

dés D TE NB EN OET S CPPTENN Eee

40 ans, et les dernières, dans les bois de 4 pie 5 ans.

« Un an après la première révolution, les cinq \estiis situées à la partie supérieure de la pente, aufont, en commençant par la plus élevée, de 5 ans à À an; les cinq autres coupes auront de 10 à 6 ans; les cinq suivantes, de 15 à 11 ans, et les cinq plus ses; de 20 à 16 ans.

Pendant la deuxième révolution, on commencera le Ébloitations par la coupe âgée de 15 ans, et on les continuera en descendant successivement jusqu’à la coupe inférieure, qui, alors, aura 25 ans; puis, on se portera à la partie supérieure où l’on trouvera des bois de 15 ans, et on descendra successivement jusqu’au milieu de la pente où l’on terminera. l’exploitation par des bois de 25 ans. .: A partir de la troisième révolution, l’ordre définitif sera suivi, et, à partir de la-quatrième, chaque coupe sera exploitée à l'époque correspondant préci- sément à son âge d’exploitabilité. Le maximum de . Ja différence entre cet âge et celui où aura lieu l’ex- … ploitation, sera de 5 ans, tantôt en plus, tantôt . en moins, pendant trois révolutions. Cela n’a rien

prtitant.

Fai supposé un cas extrême et par conséquent En. La formation du plan d'exploitation des - laillis n’exige pas ordinairement ces ménagements et ces précautions, dont je viens de donner des exem- - ples. Toutes les fois que cette formation n’impose . que des transpositions de parcelles d’une faible éten-

196 AMÉNAGEMENT DES FOBÊTS.

due ou le redressement des contours des coupes, les avantages qu'on réaliserait, en appliquant à lopération les mesures transitoires indiquées précédemment,

ne vaudraient pas ceux que procurerait ARE « ment immédiat de l’état définitif. |

Voilà pourquoi on se borne le plus souvent, din les aménagements de taillis, à partager la forêt en coupes parfaitement régulières qu’on exploite ensuite, de proche en proche, conformément aux règles d’assiette, en s’efforçant, il est vrai, autant que possible, de ne pas trop s'éloigner de l’âge d’exploitabilité, mais en considérant toutefois comme secondaires, les difficultés que rencontrerait l° pe ag de Dee dernière condition. ei

Dans tous les cas, et quand bien nord on croirait devoir adopter un plan d’exploitation provisoire, il n’en faudrait pas moins arrêter le plan définitif, le plan normal, et c’est même la première opération à laquelle il conviendrait de procéder. Ce plan n’en serait pas moins appliqué sur le terrain, et.le plan provisoire ne figurerait que sur le papier, sous la forme d’un état d’assiette motivé.

On connaît maintenant là plupart des obstacles qui peuvent s'opposer à l'observation des règles d’assiette, et l’on voit qu’il n’y en à pas d’insurmontables. Cependant il en est un dont je n'ai pas parlé et qui le serait : c’est celui qui consisterait dans l'existence, au milieu d’un bois exploitable à un cer- {ain âge, d’une parcelle dont l’exploitabilité serait différente et qui devrait, en conséquence, arriver en

tour d'exploitation, deux ou plusieurs fois dans le cours de la même révolution. Il est certain que cette parcelle ne pourrait être placée dans les conditions désirables. de végétation, de vidange, et de surveillance. Aussi, est-ce là un motif de plus pour que l’on ne mêle pas, dans le même aménagement, des bois exploitables à des âges différents.

4 Je l'ai déjà dit et je le dis encore en finissant, car D j je croïs que cela est de la plus grande importance : E piston des deux premières règles d’assiette est de rigueur, J'insiste sur ce griannei parce qu'on 4 serable le méconnaître généralement. : .

‘ Les dommages causés par le couvert des bois F Minh: ceux qui résultent de l'inefficacité de la surveillance rendue plus difficile; les frais qu’occa-

. lignes séparatives sinueuses; les dégâts mêmes occasionnés par la vidange ; tous ces inconvénients ne

paraissent pas bien graves quand on les considère

séparément; ils passent inaperçus, et, cependant, ils

setraduisent finalement par une diminution, beaucoup

plus forte qu'on ne croit, du produit net. "at

… C'est surtout-en matière d'exploitation forestière 4 ” + pes de petiles économies.

sionne le réarpentage des coupes ou la recherche des

ARTICLE JV.

CLASSEMENT DES PARCELLES CONFORMÉMENT AUX EXIGENCES DU RAPPORT ANNUEL SOUTENU.

SECA

Conditions nécessaires pour que le rapport annuel soutenu puisse être réalisé.

Pour que l’on puisse retirer d’une forêt un rapport annuel et soutenu, il faut, de toute nécessité, deux choses :

1° Que les âges des différentes parcelles dont cette forêt se compose, soient gradués de manière qu'il y ait possibilité de livrer chaque année à l'exploitation, une portion du peuplement, sans s'imposer de trop grands sacrifices sur l'accroissement ;

2° Que chacune de ces portions soit sisi de fournir, à l’époque fixée pour son exploitation, le même produit et occupe, en conséquence, une étendue inversement proportionnelle à sa puissance PORTER comparée à-un terme commun.

Établissons d’abord dans quels cas et à quelles conditions le rapport annuel est possible : nous chercherons ensuite les moyens de dr à soutenu ce rapport annuel.

Pour l'intelligence des ivehes AR soit à l’âge d’exploitabilité, soit à l’assiette des coupes, il

Mr ds à

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n'était pas indispensable de supposer, comme nous l'avons fait dans les chapitres précédents, que la gradation des âges était parfaitement régulière et ne présentait pas de lacune. Ces principes trouvent en effet leur raison d’être, dès que l’on admet qu’il existe dans une forêt des massifs dont les âges diffèrent el qui. demandent, par conséquent, à ne pel être exploités à la même époque.

La réalisation du. rapport annuel exige, au contraire, qu'il y ait dans les âges une gradation, sinon parfaitement régulière et complète, telle, du moins, que ses défectuosités s'arrêtent à de certaines limites.

b b 2Quelles sont ces limites ?

… Nous-continuerons à nous maintenir dans l'hypothèse que l’âge d’exploitabilité de la majorité. des pores est de 20 ans. :

Nous. classons ces parcelles. dans. les diverses colonnes du plan d'exploitation, et nous ne trouvons rien à porter dans les dix premières colonnes, ce qui montre que la forêt ne renferme pas de bois âgés de plus de 10 ans.

Si l’on voulait, dans cet état de choses, réaliser D ann le rapport annuel, il faudrait se i à exploiter des bois de 10 ans, et à perdre, en. conséquence, le bénéfice de l'accroissement des 10 dernières années. Ce sacrifice serait considérable, . etil est d'autant moins admissible que l’on consente à le faire, que des bois de 40.ans n’ont, d'ordinaire, qu’une très-faible valeur vénale. On attendra, pour

commencer les exploitations, que l’on ait des peuplements plus âgés. |

Donc, une première condition pour qu’une forêt soit immédiatement productive d’un rappôrt annuel, c'est qu’elle renferme des bois exploitables ou assez près de l'être, pour qüe lon puisse en effectuer l'exploitation, sans subir une trop grande perte d’accroissement.

Au lieu de ne renfermer que des bois au-dessous de 40 ans, la forêt n’en renferme que de 15 à 20 ans.

Il est clair que si l’on ne voulait consentir à aucune perte sur l’accroissement, l'aménagement ne serait pas plus possible dans ce cas que dans le précédent, puisque après 5 ans, il n’y aurait plus de . bois à exploiter; la forêt se trouverait transformée en un jeune taillis de 4 à 5 ans; les coupes sd tit être forcément interrompues. |

Admettons que l’on tienne beaucoup à établir immédiatement le rapport annuel. Pour cela, il sera nécessaire de n’exploiter qu’en 20 ans le peuplement existant, et, dès lors, de laisser sur pied pendant encore 20 ans, des bois qui en ont déjà 45. Ces bois auraient, à l’époque de leur abatage, 35 ans, soit 15 ans de trop. Il est probable qu’un âge aussi reculé ne saurait convenir ni à l'intérêt bien entendu du propriétaire, ni aux exigences de la reproduction:

Donc, une deuxième condition pour qu’une forêt soit productive d’un rapport annuel, c'est qu'outre des bois exploitables ou sur le point de l'être, elle en

LT dent de ho md LE Mr an ee EE PER EE

contienne d'assez jeunes pour que l'on puisse, sans de trop grands inconvénients, les laisser sur ge

jusqu'à la fin de la révolution.

La forêt renferme des bois de 2 ans, de 20 ans, et de quelques autres âges intermédiaires; mais les bois de 3 à 42 ans manquent complétement. Pour assurer la continuité des produits, il faudrait remplir ces lacunes et remplacer les bois de 3 à 12 ans, absents, par une partie de ceux de 2 ans et une

‘partie de ceux de 43, et exploiter les uns 5 ans

avant l’âge d’exploitabilité, les autres 5 ans après. Lorsque les vides. à remplir sont trop grands, ils s'opposent à l'obtention immédiate du rapport annuel.

Donc, une troisième condition pour qu'une forêt soit productive d’un rapport annuel non interrompu, c'est que la différence d’âge entre les peuplements dont les exploitations doivent se suivre, soit telle qu'en la partageant en deux, on ait un nombre d'années qui ne dépasse pas le maximum de l'écart que l'on est disposé à tolérer, entre l’âge d’exploitabilité et l’âge correspondant à l’époque de l’exploitation.

Telles sont les conditions auxquelles le rapport annuel est subordonné, lorsque la révolution définitive est immédiatement applicable. -

Si l’on était forcé d'adopter une révolution principale transitoire, il faudrait, en outre, que cette révolution fût assez longue pour que les parties de la forêt qui auraient été régénérées à son début, pussent

être de nouveau exploitées à son expiration.

En résumé, le défaut de gradation dans les âges d'une forêt, peut être tel qu’il empêche absolument lannualité du rapport; il peut être tel que cette annualité ne soit possible qu’au moyen d'une révolution transitoire. 11 peut enfin ne pas être assez grand pour s'opposer à ce qu’elle se concilie avec la révolution définitive. |

Nous avons vu que: l’application des règles d’assiette avaitsouvent pour résultat de faire modifier le tableau d'exploitation, ce qui entraînait la nécessité d'avancer ou de retarder l’abatage des peuplements -dont le classement était changé. La réalisation du rapport annuel expose aux mêmes inconvénients.

Nous avons vu que, dans le classement suivant les règles d’assiette, pour diminuer, autant que possible, la perte d’accroissement occasionnée par la non-exploitation à l’âge d’exploitabilité, on pouvait être réduit à adopter un état d’assiette, c’est-à-dire un plan provisoire d'exploitation. C’est un expédient auquel ôn a recours quelquefois pour réaliser le rapport annuel, quand la révolution est définitive, et qu'il faut nécessairement employer, quand elle est transitoire.

Il résulte de ce qui précède :

Que lorsque le tableau d'exploitation, dressé tout d’abord d’après l’âge d’exploitabilité, a été ensuite successivement modifié : une première fois, pour qu’il se concilie avec les règles d’assiette; et, une seconde fois, pour qu’il présente une succession, non interrompue, de coupes annuelles, on peut avoir

à assurer le rapport soutenu dans les circonstances suivantes : :

+4° Révolution principale définitio: marche des dupes: normale.

2° Révolution principale défaites: marche des coupes, provisoire.

8° Révolution principale pates marche des

cale provisoire. ;

Du rapport soutenu dans l'hypothèse d’une révolution principale définitive et d’une marche Vert coupes, normale.

1e classement des parcelles dans le tableau d’ex- | ploitation est terminé. Chacune des colonnes de ce tableau présente au total, une égale contenance; le rapport annuel est assuré; lé rapport soutenu ne le serait que si les conditions de végétation étaient les mêmes pour toutes les coupes : ES elles sont, au poar y remédier?

On a imaginé, à cet effet, plusieurs moyens que je. vais passer en revue; je dirai ensuite dans quelle mesure leur emploi me paraît admissible.

xt à Des moyens de remédier à BE inégalité des conditions de la néséiasion

? “4 On Pis Pars le Dit par hectare, que don-

nera chaque parcelle au moment où elle arrivera en tour d'exploitation, et on le compare au produit moyen par hectare de la forêt. On obtient, ainsi, pour chaque parcelle, un rapport qui exprime de combien sa: puissance productive est supérieure ou inférieure à la puissance productive moyenne, et qui indique, en même temps, ce qu’il serait nécessaire d'enlever ou d'ajouter à un hectare de cette parcelle, pour en obtenir un produit égal à celui de l’hectare pris pour terme de comparaison. à

Le chiffre qui exprime le rapport par hectare entre le produit d’une parcelle quelconque et le produit moyen, est donc un coeflicient par lequel il suffit de multiplier la contenance réelle de cette parcelle, pour. connaître à quel nombre d'hectares d’une puissance productive moyenne équivaut cette conte- : nance réelle. |

Ce nombre est substitué dans le tableau de classement à la contenance réelle. On modifie en conséquence les totaux des colonnes, et s’ils sont inégaux, on y remédie en transportant, de proche en proche, et conformément aux principes exposés précédemment, l’excédant des colonnes trop riches dans celles qui ne le sont point assez. Ces transferts en entrainent nécessairement d’autres lorsqu'on veut opérer rigoureusement ; car ils ont pour résultat d'avancer ou de retarder l’époque de l'exploitation des parcelles déclassées. On tient compte de cette circonstance, et, par des tâtonnements, par des remaniements successifs, on parvient à rendre les contenances

. coupes, inversement sas st: à leur puissance productive.

+ Eæemple : Le produit moyen par: Dole æ est représenté par l'unité. On trouve que, calculé pour l’époque de son exploitation, le produit de la parcelle A sera.de 50 pour 400 plus fort que le précédent. Il est donc représenté par le ‘chiffre 4,50. On multiplie la contenance de la parcelle, qui est de 8 hectares, par 4,50; on obtient 42 hectares. On substitue ces 12 hectares aux 8 hectares portés dans le tableau de classement. Après avoir opéré de cette manière pour les autres parcelles, on constate que la,colonne, dans laquelle figure la parcelle A, est trop riche et qu'il faut transporter une -portion de cette parcelle dans la colonne voisine. C’est ce que l'on-fait; mais ce transfert modifie nécessairement la puissance produetive, par hectare, de la portion déclassée, puisque cette dernière ne sera pas exploitée à l’époque que l’on avait fixée primitivement. On tient compte de cette circonstance, en réduisant ou en. augmentant proportionnellement la contenance fictive de ladite portion, etc., etc.

+ La principale difficulté dans l’application de ce procédé, porte sur l'évaluation du volume que les parcelles présenteront, quand arrivera le moment de lesexploiter. Pour faire cette évaluation, il n’y a que deux moyens : calculer, d’après l'accroissement passé, l'accroissement futur, et ajouter l’un à l’autre; ou bien, adopter comme devant être le volume qu'acquerra cette parcelle, celui d'un peuplement qui serait

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placé dans de semblables conditions de végétation, et qui aurait l’âge fixé pour son exploitation.

Le calcul de l'accroissement, d’après la marche antérieure de la végétation, est impossible dans les taillis, par beaucoup de motifs qu’il est inutile de développer ici, et, entre autres, parce que leur accroissement annuel suit ordinairement, jusqu’à l’époque de leur abatage, une progression qui ne permet pas de préjuger, avec quelque chance de succès, le volume qu'ils acquerront pas celui qu’ils ont acquis.

C’est donc par la comparaison avec des massifs situés dans les mêmes conditions de végétation, que l’on peut espérer de parvenir au but de ses recherches. Cette opération est plus ou moins difficile, suivant l'état des lieux et les caractères plus ou moins variés des parcelles que l’on envisage. Les exploitations effectuées dans la forêt même dont on règle l’aménagement, suppléent quelquefois aux termes de comparaison que la localité n’offre pas. S'il existait des données expérimentales sur l’accroissement annuel des différentes essences, suivant les sols, les climats et les modes d'exploitation, il suffirait de recourir à ces données pour obtenir les renseignements désirables. Malheureusement elles n’existent pas.

2° Le second moyen qui a été conseillé pour rendre le rapport soutenu, consiste dans l’appréciation directe des éléments mêmes de la végétation, c'est-à-dire, des circonstances qui sont de nature à exercer une influence sur la production. On fait, pour

ces éléments, les mêmes calculs que pour les produits présumés des parcelles, et on obtient de cette manière les coefficients qui servent à fixer les contenances qu'il faut donner à chaque coupe, pour en retirer le même produit.

On prend par exemple, pour rte de comparaison, un massif situé dans des conditions moyennes de végétation. On exprime par l'unité l’état du peuplement et la fertilité du lieu d'habitation. On compare à cette fertilité et à cet état de peuplement, la fertilité et l'état du peuplement de chaque parcelle. On obtient ainsi, pour chaque parcelle, deux facteurs. On multiplie ces deux facteurs l’un par l'autre; le produit exprime précisément dans quel rapport se trouve la puissance productive de la parcelle que l'on considère, avec la puissance productive du massif choisi pour terme de comparaison.

Exemple : La parcelle A renferme un susbdhent dont l'état est de un quart moins satisfaisant que celui du peuplement moyen pris pour type. Son terrain, son climat, son exposition dénotent une fertilité qui, comparée à celle du peuplement moyen précité, est moins bonne de un cinquième. Il en résulte que son coeflicient de puissances productive est, pour l'état de peuplement, de 0,75, et pour la fertilité du lieu d'habitation de 0,80. En multipliant ces deux rapports l’un par l’autre, on trouve au produit 0,60. Cela signifie que six dixièmes d’hectare ou soixante ares d’un peuplement, placés dans des conditions ordinaires de végétation, équivalent, en puissance

“it +

productive, à un hectare de la parcelle A, et que pour rendre, par conséquent, la contenance de cette parcelle inversement proportionnelle à sa puissance productive, il faut la porter sur le tableau de classement pour une contenance fictive ou réduite, égale à son étendue réelle multipliée par le coefficient 0,6.

Des deux procédés que je viens d'exposer, quel est le meilleur?

C'est ce que j'ai maintenant à apprécier.

Pour peu qu’on y refléchisse, il est facile de reconnaître que celui dont on a parlé en dernier lieu ne constitue pas une méthode particulière; qu'envivisagé d’une manière absolue et en soi, il serait même dépourvu de toute valeur pratique, et qu'il ne peut servir qu'à compléter et à contrôler les renseignements sur lesquels, par le premier procédé; on base ses appréciations. À

Tous les deux reposent d’ailleurs, éhidèmient, sur le même principe. Le second implique comme l’autre, que l’on connaît la‘ production possible d’un peuplement, à un âge et dans des conditions de végétation donnés; et lorsqu'on compare entre eux les éléments de cette végétation, un terrain à un autre terrain, un état de peuplement à un autre état de peuplement, on a nécessairement, pour éclairer cette comparaison, une idée plus ou moins nette des résultats que ces éléments seraient susceptibles de fournir à des époques déterminées. Sans cette idée indispensable, la comparaison n’aurait pas de conclusion possible. Un terrain n’est préféré à un autre, que parce

red

que l’on présume qu’il rapportera davantage. Un état de peuplement est plus ou moins satisfaisant par des raisons analogues. Dans cette matière, comme dans toutes celles où il s’agit d'apprécier la valeur relative des agents physiques, on ne peut juger des causes que par leurs effets.

Le second procédé n'échappe donc pas à la difficulté que présente l'estimation du volume futur. 1] rend, au contraire, cette difliculté plus grande en la compliquant, et il a, sous ce rapport, des exigences auxquelles il est impossible de satisfaire. Ainsi, il demande que l’on détermine l'influence particulière de chacun des éléments de la végétation sur le résultat futur plus ou moins éloigné de cette végétation; il demande que l’on fasse, dans ce résultat, la part qui revient, soit à la fertilité du lieu d’habitation, soit à l’état du peuplement. 4] implique, dès lors, que l'on trouvera autant de massifs placés dans des conditions spéciales qu'il y à d'éléments divers spécifiés. Cela n’est pas admissible; et cependant il faut remarquer que, dans l'exposé du procédé en question, on a partagé les éléments de la végétation en deux catégories seulement : l’une comprenant les circonstances relatives au peuplement, l’autre celles qui concernent la fertilité du lieu d'habitation. Les difficultés ou plutôt les impossibilités pratiques de ce procédé, dans l'état actuel de nos forêts, seraient bien plus manifestes, si l’on voulait former les coefficients de

production en fonction de chacune de ces circon-

stances. ,

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