QUE
J. — Exposé, des méthodes applicables. — La
suppression de la révolution préparatoire atténue
donc la diminution de produits inhérente à la conver-
sion, et permet d'adopter, pour la révolution princi-
pale, une durée qui se rapproche davantage:.de la durée normale. Toutefois son effet, surtout sous de premier rapport, n’a point. paru -assez sensible, et l’on s'est demandé si l’on ne pourrait point recourir à des moyens plus énergiques, soit pour augmenter les produits pendant la transformation, soit :pour rendre possible l'adoption immédiate d’une révolution principale normale? La réponse étaif facile : On
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: Be PLAN D'EXPLOITATION. 351
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“svait sine lès coupes préparatoires pour la première affectation, il n’y avait ns les supprimer aussi pour les autres.
Sion les supprime effectivement, He il y a nécessité de continuer les coupes de taillis dans toutes les affectations, sauf la première. La conversion n’est plus immédiate sur toute l’étendue de la forêt; elle est graduelle, et rien ne s'oppose à ce que l’on adopte la révolution principale normale. Pendant qu’on régénère la première affectation dans le cours de la période normale correspondante, on continue le taillis dans les autres affectations jusqu'à ce que leur tour de régénération en futaie soit arrivé. Quant aux produits, si on ne les considère que dans leur ’ensemble, non pas pour une affectation plutôt que pour
l’autre, non pas par année, mais par période, ‘ils
seront nécessairement un peu plus forts dans la première période qu'ils ne l’auront été auparavant dans le même espace de temps; car, sur toute l’étendue de la première affectation, au lieu de se borner à receper les taillis sous la réserve d'un nombre d'arbres plus ou moins grand, on aura tout à couper. La diminution de la production périodique ne se manifestera qu'à partir de la deuxième période, parce qu'alors, dans la première affectation, à la place des anciennes coupes de taillis, il n’y aura à faire que des éclaircies; et cette diminution ira en augmentant, de période en période, pendant la première révolution, jusqu’à ce que les bois précédemment régénérés soient assez âgés pour que l’on en
obtienne, par de simples éclaircies liént de produits qu'on en obtenait des coupes de taillis.
Ces résultats se comprennent facilement. Je vais cependant les mettre mieux en évidence, et.montrer comment on peut les assurer par le roulement général des exploitations, quand on se résigne d’ailleurs à sacrifier les règles d’assiette, et, qu'on ne tient pas à avoir pendant la période une suite non interrompue,
tout à la fois, et pour les coupes de “égénération ei -
pour celles de taillis.
En effet, quelle que soit la composition des: lions tations normales ; dès que le nombre des coupes du taillis à convertir est divisible par le nombre de ces affectations, — et il n’y a pas d'empêchement à ce qu'il le soit, — toutes les hypothèses de distribution des coupes de différents âges entre les affectations, peuvent se ramenér à trois types auxquels je: donnerai des chiffres pour qu'ils soient plus saisissants.et, pour cela, je supposerai que le nombre des coupes de taillis est de 36 ainsi que le nombre des années de la période, et celui des affectations de 4. Chaque affectation contiendra dès lors 9 coupes et: il se pourra : ché 4° Que les 9 coupes les plus âgées soient dans la première affectation, les coupes de 19 à. 27 ans dans la deuxième, et les coupes les moins âgées dans le dernière ;
2° Que cet ordre étant renversé, les 9 coupes les moins âgées soient dans la première affectation, et les 9 coupes les plus âgées dans la dernières
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18° Que dans chaque affectation, il y ait des coupes dont les âges ne se suivent pas régulièrement,
Dans le premier cas, l'augmentation des produits aura lieu au commencement de la première période dans la première affectation, dont les neuf coupes seront exploitées à blanc étoc et régénérées. Après ces neuf coupes, les produits annuels, qui seront fournis par les autres affectations, reviendront au chiffre où ils étaient auparavant, pour se maintenir ainsi pendant 27 ans, c'est-à-dire jusqu’à la deuxième période. A cette époque, il n'y aura que des éclaircies à faire, pendant 9 ans, dans les coupes
régénérées de la première affectation dont les bois les plus vieux n'auront que 36 ans et, par conséquent, la production baissera plus qu’elle n’aura haussé au début de la première période; puis, on entreprendra la régénération des coupes âgées de 28 à 36 ans de la deuxième affectation et, pendant 9 ans, les produits se relèveront de nouveau. A partir de la dix-huitième année de la deuxième période, et jusqu’à la première année de la troisième, les produits fournis par les coupes de taillis dans la troisième et la quatrième affectation seront ce qu'ils étaient avant le commencement de la conversion; mais désormais il n’y aura que des éclaircies à pratiquer dans les deux premières affectations et il s’ensuivra une forte baisse dans les produits, baisse qui, en moyenne, sera plus prononcée que la précédente, à moins que les éclaircies à faire dans la première affectation ne soient aussi-productives que
l'étaient les coupes de taillis, chose improbable. Cette baisse ne cessera que lorsqu'on pourra entreprendre la régénération des coupes de la troisième affectation, c’est-à-dire à la dix-huitième année de la période correspondante. Après avoir régénéré ces coupes, et pendant les dernières années de la pé-
riode, on coupera les taillis devenus exploitables de
la quatrième affectation ; après quoi, il n’y aura plus de coupes de taillis à faire, mais simplement des éclaircies, jusqu’à la vingt-huitième année de la dernière période, et il est possible que parmi ces éclaircies il y en ait, celles de la première affectation par exemple, qui fourniront autant de produits qu’en fournissaient les coupes de taillis ; de sorte que, pendant la dernière. période, les produits pourront ne pas être moins élevés qu'ils l’auront été pendant la période précédente. A la fin de la quatrième période, les coupes de la quatrième affectation seront régénérées, la transformation sera complète et la hausse croissante des: pee se manifestera de ee en plus. | Dans le douxièine cas; la première affectation n'étant régénérée qu’à la fin de la période correspondante, c’est à la fin de cette période qua lieu l'augmentation des produits, et la baisse ne survient qu’à la fin de la deuxième période, au lieu de se faire sentir au commencement. | Dans le troisième cas, les variations dans les produits ne suivent plus aucune marche régulière : selon la disposition des peuplements; d’après leur
âge; la hausse peut avoir lieu, soit au commence- - ment, soit à la fin, soit au milieu d'une période ; mais la baisse n’en est pas moins inévitable; et, comme dans les deux autres cas, elle l'emporte de plus en plus sur la hausse, jusqu'à ce que les éclaircies soient devenues aussi productives que l’étaient les coupes de taillis. Voilà la loi qui douiine toutes
les autres.
Lorsque la bonne formation É des séféctitions normales sé concilie avec là collocation ‘des taillis les | plus vieux dans la première affectation, des plus | jeunes dans la dernière, de ceux d'âge moyen dans 4 les intermédiaires, on ne doit pas hésiter à adopter; | pour là marche des coupes, le règlement général que j'ai exposé premièrement. Outre l'avantage de retarder l’époque de la baisse des produits, il a celui, beaucoup plus sérieux, de permettre que la durée de la période ne soit pas égale à la révolution des taillis, sans qu’il en résulte une perte d’accroïssement. Ainsi, les taillis devant être coupés à 36 ans, rien ne sopposerait, pourvu toutefois que le nombre des coupes de taillis fût toujours divisiblé par celui des : affectations où ces coupes devraient être assises, rien * ne s’opposerait à ce que la période, dans le règlement général provisoire, fût fixée, comme dans le règlement définitif, à 24 ans ou à tout autre’ chiffre qui s’accorderait mieux avec les exigences de la régénération en futaie. C’est là ce qui est impossible quand les coupes sont distribuées entre les affectations comme on l’a indiqué dans les deux derniers cas. Il .
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est-obligatoire alors, si l’on veut tout à la fois ne couper les taillis qu’à l’âge d’exploitabilité, et régénérer chaque affectation en futaie dans la période correspondante, que la durée de cette période soit au moins aussi longue que l’ancienne révolution du taillis. Il est visible, par exemple, que si cette durée était de 24 ans seulément, tandis que la révolution du taillis serait de 36 ans, la première affectation ne pourrait, tout entière, être régénérée dans la première période, que si elle contenait au début de la conversion des taillis âgés de plus de 42 ans.
Un autre défaut des modèles de règlements qui précèdent, et ce défaut existe pour le premier modèle comme pour les autres, c’est la brusquerie dans les mouvements de hausse et de baisse, brusquerie qui devient très-accentuée quand on considère à part les produits de chaque affectation, et que l’on sépare ceux des coupes de régénération de ceux des coupes de taillis. On a eu recours à diverses combinaisons pour y obvier. La meilleure est sans contredit celle qui consiste à disposer les peuplements dans les affectations, de manière que chacune forme une série complète de coupes de taillis se suivant de proche en proche et d'âges gradués, depuis l’âge d'un an jusqu'à l’âge d’exploitabilité du taillis. Mais
cela ne se peut guère que lorsqu'on a autant de séries de taillis à convertir que d’affectations de futaie à constituer. Toutefois, quand la chose est faisable, la marche des coupes, soit de régénération, soit de . taillis, est parfaitement régulière : Pendant qu'on
régénère par coupes successives, non interrompues et égalementproductives, la première affectation; on continue les coupes de taillis dans les autres; et, durant toute la première période, on a une augmentation de produits équivalente, chaque année, à la différence entre le rendement d'une coupe de taillis et celui d'une coupe à blanc étoc.
L'amoindrissement des produits commence au début de la deuxième période et se traduit, chaque année, par la différence entre le rendement d’une coupe de taillis et celui d’une coupe d’éclaircie ; mais l'augmentation, pendant la première période, et
l’amoindrissement, pendant la dernière, se répartis-
sant également entre toutes les années de chaque période, on évite ces alternatives brusques de hausse et de baisse qu'entraînent les autres modes de transformation, et c’est un grand avantage. Malheureusement, on ne peut non plus se le procurer qu’à là condition d'adopter pour la période une durée égale à celle de la révolution du taillis, ce qui est regrettable, attendu que la durée des périodes ne doit, en bonne règle, être subordonnée qu'aux exigences de la régénération en futaie. D'ailleurs, je le répète, la possibilité de composer les affectations de telle sorte, que chacune d'elles forme une série de coupes de taillis, se présente très-rarement. Dans la plupart des cas, la gradation régulière. dans les mouvements de la production ne peut être obtenue que lorsqu’on se résigne à des sacrifices d’accroissement, c’est-à-dire à ne pas couper le taillis à l’âge auquel on l'avait.
coupé jusqu'alors ; et ce qu'on gagne au point de vue du rapport soutenu, on le perd et au delà au point de vue de la quantité des produits. f:
Ainsi, quoi que l’on fasse, la conversion, même graduelle, d’un taillis sous futaie en futaie pleine, amène une diminution de produits, à partir de la deuxième période de la révolution principale. Cette diminution peut être régularisée ou retardée, rejetée du commencement de la période, au milieu ou à la fin. On ne saurait dans aucun cas l’éviter, à moins qu'en même temps que l’on convertit la première affectation en futaie, on ne transforme les autres en taillis simples en y exploitant les vieilles réserves. On comprend que par ce moyen, dont je montrerai plus tard tout le danger, on arrive à combler dans une large mesure, le déficit causé dans les produits par la substitution des coupes de nettoiement et d’éclaircie aux coupes de taillis. On comprend que l’on puisse même, par l’abatage de ces vieilles réserves, rendre encore plus forte l'augmentation de produits qui est la suite, dans la première période de la révolution principale, de la substitution des coupes de régénération à celles de taillis composé ; et là est tout le secret de ces merveilleux projets de transformation sur lesquels on s’est appuyé, pour soutenir que la conversion des taillis composés en futaie peut avoir lieu, sans occasionner temporairement une baisse dans la production de la forêt. Cependant, qu’on ne s’y trompe pas : même quand on a recours à l’exploitation des vieux arbres, la baisse des produits n'est
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que retardée, et l’on ne se procure plas de rendement
dans les premières périodes que sous peine d'en avoir moins dans les dernières. : re
. En tout cas, et-qu'on pas l un ou l'autre des ne de transformation ci-dessus décrits, le règlement général des exploitations par période se dresse toujours conformément au cadre donné p. 318 et 319 pour la marche provisoire des coupes, la révolution principale étant définitive ; il. y.a place dans ce cadre pour toutes les coupes à-.faire. de quelque nature qu'elles soient.
I, — Obserr ations sur les méthodes de conversion exposées dans l'article précédent. — Les dispositions qui ont été imaginées, pour. éviter les inconvénients de l’ancienne méthode de transformation des taillis composés en futaies pleines, se caractérisent toutes par ces trois circonstances : suppression des coupes prépara-. toires; continuation des coupes de taillis dans les différentes affectations jusqu'à l’époque où elles arriveront en tour de régénération en futaie; extraction des vieilles réserves. Nous en connaissons la. valeur économique, no1s allons en appréeier le mérite cultural :
Suppression des coupes préparatoires. La suppression. des coupes. préparatoires a pour effet
- d'amoindrir, jusqu'à des annihiler quelquefois, les
chances du repeuplement naturel. Elle est donc contraire à l’un des principes fondamentaux de la culture forestière. Il est extrêmement important d’ailleurs, surtout lorsque cette culture.se pratique sur de vastes
étendues et réclame une nombreuse administration, que l’homme ne se charge pas à la légère des opérations que la nature peut faire elle-même. Les soins minutieux, les travaux de tout genre, que comporte" la gestion des forêts, seront toujours assez multipliés pour qu’on ne les augmente pas sans nécessité absolue. Or, pour transformer un laillis composé en futaie pleine, il n’est pas nécessaire de recourir aux repeuplements artificiels. Étant donné un taillis simple de chêne et de hêtre, âgé de 25 à 30 ans, il est certain qu’en le laissant croître jusqu’à l’âge où il pourra donner des semences fertiles, jusqu’à 70 ans par exemple, on le mettra dans de bonnes conditions pour le repeuplement naturel ; tandis que si on le coupe aujourd’hui, on ne pourra se dispenser de repeupler le sol artificiellement. Cette obligation du repeuplement artificiel s’appliquera sans doute, toutes proportions gardées, à une moins grande étendue, si au lieu d’avoir affaire à un taillis simple, on a affaire à un taillis composé; mais il est facile de se rendre compte de l’économie que les réserves, par leurs semences, permettront de réaliser dans les repeuplements à faire de main d'homme : nous n'avons pour cela qu'à ouvfir le cours de culture de MM. Lorentz et Parade à l’article concernant le balivage normal : nous y verrons que le couvert des réserves, au moment de la coupe du taillis, peut comprendre 4/3 de l’aire de la coupe. Dans les circonstances les plus favorables, les travaux de repeuple ment qu’entrainerait la suppression des coupes
én | DU PLAN D'EXPLOITATION. 361
préparatoires, s’étendraient donc encore aux 2/3 de
la surface d’une coupe. Quand on peut éviter des
travaux aussi considérables, on doit le faire; d'autant
qu'il n'y aurait rien d'étonnant à ce qu’un brin de
semence provenant d’un semis artificiel, fût moins
vivace qu'un brin provenant d’un semis naturel. N'y
a-t-il pas dans le travail de la nature, une force mystérieuse que la science de l’homme n'a point
pénétrée et ne saurait mettre dans ses œuvres ? Quant
à moi, je penche, je l’avoue, pour l’affirmative, et, de
même que toutes ces précocités artificielles si mer-
veilleuses obtenues pour la viande, pour les fruits,
ne fournissent pas des aliments aussi substantiels que
ceux qu'on retire des productions qui ne sont pas
forcées et dont la marche reste conforme aux lois de la nature; de même, j'incline-à lé penser, un plant,
élevé en pépinière, ne vaut pas celui qui est venu
spontanément en plein bois , et des graines, semées
dans une autre localité que celle où elles ont été
récoltées , ne sauraient produire des sujets aussi
robustes que ceux qui proviennent de graines récol-
tées et semées dans la même région. En outre,
quelle que soit la préparation que l'homme donne au
terrain, quelle que soit l'abondance avec laquelle il y jette les semences, cette préparation ne vaut pas lhumus, et cette abondance n’est que de la parcimonie à côté de la prodigalité de la providence.
= La suppression des coupes préparatoires tendant en un mot à substituer l’homme à la nature, dans un travail qu’elle fait mieux que lui, n’est donc pas
une bonne chose; ces coupes d’ailleurs sont trèsutiles : | as 4° Afin que le sol, souvent appauvri par un mode d'exploitation qui empêche l’humus de s’y accumuler, ait le temps de se refaire; |
2° Parce qu'il est de la plus grande importance pour les repeuplements, soit naturels, soit artificiels, de n’exploiter les taillis qu’ils sont destinés à remplacer, qu'à Fâge où l’on n’a plus à craindre leur reproduction par la souche ; cette reproduction est en effet, aucun forestier praticien ne l’ignore, une des entraves qui nuisent le plus aux jeunes plants et dont il est le plus difficile de les débarrasser ;
3° Parce que, dans le cas même où on se décide par des motifs quelconques à renoncer au repeuplement naturel, il est économique, pour le repeuplement artificiel, de se procurer un abri, abri qui ne peut être assuré suffisamment que par des sujets dont la tête est bien formée.
Ces observations ne soulèvent aucune objection pour l'affectation qui ne doit plus être coupée en taillis, qui contient ordinairement les bois les plus vieux, et dans laquelle il n’est plus temps, il n’est plus possible de songer à améliorer le peuplement en brins de franc-pied par de fréquents nettoiements et des plantations faites après la coupe ; mais pour les autres affectations elles paraîtront, je le prévois, moins fondées. On fera sans doute remarquer que; si l’on prend soin de dégager tous les brins de semence qui se révéleront'après la coupe du taillis, et de faire quelques
plantations, on se procurera les moyens, à la coupe süivante, de constituer la jeune réserve avec des sujets de franc-pied et par conséquent d'avenir; et que, si l’on porte en outre cette réserve à 150 baliveaux et même au delà, il ne faudra pas plus de deux révolutions de taillis pour réunir les éléments d’une régénération naturelle complète. A cela je répondrai que les coupes dites de taillis, dans lesquelles on conserve autant de baliveaux, ne sont en réalité que des coupes préparatoires, sous une forme particulière, et qu’on a tort de leur donner une qualification qui n’est plus justifiée, qui est même tout à fait démentie par le. balivage serré dont elles sont l’objet, puisque ce balivage à pour conséquence inévitable de nuire de plus en plus au développement des rejets de souche. Je suis d’ailleurs persuadé qu’on se fait illusion, si l’on croit qu’il est facile, par des nettoiements répétés, de dégager les brins de semence qui apparais- . sent souvent en abondance, j'en conviens, immédiatement après l’abatage des taillis. Ce dégagement n’est point aussi commode qu’on le pense, car il faut y revenir fréquemment et quelquefois tous les ans. Enfin, si les taillis composés présentent l’inconvénient de ne pouvoir former que des futaies irrégulières dans lesquelles, au milieu de jeunes massifs sur souche, homogènes par places, sont disséminés des arbres d’âges et de grosseurs très-différentes, je ne m'explique pas que l’on veuille gratuitement aggraver cet inconvénient, en mettant dans les jeunes bois les inégalités qui sont dans les vieux,
et en ajoutant ainsi d’autres étages à ceux qui existent déjà. 11 me semble que de tels procédés s’écartent des principes de la culture, soit en ce qui concerne le taillis, soit en ce qui concerne la futaie, etque, fâcheux pour la production du taillis, ils le sont également pour la formation de la futaie.
Continuation des coupes de taillis. — S'il est vrai, comme tous les auteurs s'accordent à le dire, que le mode d'exploitation en taillis soit compromettant pour la conservation de la qualité du sol et pour celle des essences les plus précieuses, surtout pour le chêne, toute combinaison tendant à ajourner la suppression des coupes faites d’après ce mode, doit être considérée comme fort regrettable ; mais si l'on renonce à cet ajournement, ilest clair qu’on rend d'abora la transformation très-longue, puisqu'on n’arrivera à la compléter qu'après plusieurs révolutions transitoires de futaie; et qu’on se condamne ensuite à une diminution immédiate et très-sensible dans la production annuelle. La continuation des coupes de taillis, en maintenant jeunes certaines affectations, tandis qu’on régénère ou qu’on prépare les autres, avance évidemment l’époque de la constitution définitive des classes d'âge, et pare en même temps à une diminution trop brusque des produits.
On peut donc admettre cet expédient, pourvu que d’ailleurs le sol.soit bon et le taillis vivace ; mais , même alors, il convient d’en user avec modération, et d’y renoncer dès que le peuplement, qu'il aura servi à rajeunir, paraîtra susceptible de rester
sur pied jusqu'au moment où viendra son tour de régénération en futaie. En outre, bien que cette continuation des coupes de taillis ait surtout pour but d'éviter une trop forte baisse dans la production, ce n'est point une raison pour que le taillis soit exploité avant l'âge où il fournit tout à la fois et les meilleurs produits et le plus de ressources pour un balivage satisfaisant ; de sorte que si les plus vieux peuplements avaient été classés dans les afféctations qu’il ne serait point nécessaire de rajeunir, il vaudrait mieux interrompre les coupes de taillis au début de la transformation, que d’abattre des bois trop jeunes. Enfin, ce que j'ai dit plus haut, à propos des coupes de taillis dans lesquelles on a proposé de forcer le balivage au delà des limites indiquées par les exigences de la reproduction des souches, est encore applicable ici. Les coupes ainsi faites ne sont plus des coupes de taillis : ce sont des coupes d'amélioration ou des coupes préparatoires ; | tandis que les méthodes de transformation que nous étudions en ce moment, sont basées sur la continuation des coupes de taillis traditionnelles et dans lesquelles, par conséquent, le taillis ne doit pas être sacrifié complétement à la futaie. :
Extraction des vieilles réserves. — Assurément, c’est une règle très-raisonnable en théorie que celle qui autorise à enlever les vieux arbres dans les affectations, conservées temporairement en taillis, toutes les fois qu'ils paraîtraient hors d’état de rester sur pied, sans dépérir, jusqu’à l’époque où
ces affectations arriveront en tour de régénération en futaie; mais cette règle .est pleine de dangers : D'abord, il ne faut point se dissimuler que tant qu’un peuplement continue à être traité en taillis, sa conversion reste douteuse, et que ce n’est point parce qu’elle figure sur le papier qu'on doit la regarder comme assurée. Les flots et les destins sont changeants ; les plans d'exploitation le sont aussi, et il est prudent de prévoir le cas où la conversion, bien qu’ordonnée par un décret, ne serait point exécutée; or, dans ce cas, si l’on avait dépouillé cette affectation de toutes les vieilles réserves ; au lieu d'un taillis composé susceptible de fournir des produits à l’industrie, on n'aurait plus qu’un taillis simple. Ensuite, on doit se rappeler que c’est surtout en utilisant les semences qui tombent en abondance des vieux arbres, qu’on peut maintenir les taillis dans un bon état de consistance et de vitalité. Je pense donc qu'il convient de ménager beaucoup ces vieux arbres, tout en reconnaissant qu’on peut en extraire d'autant plus que l’affectation, dont ils font partie, est moins près d’être régénérée en futaie.