‹ Études sur l'aménagement des forêts (volume 4)Chapitre 85 sur 112 · ET RE · texte numérisé non relu

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Règlement général des exploitations d’un taillis composé régulier et complet à conver.ir, lorsqu'on adopte une révolution gone et que la conversion est graduelle.

Si les observations contenues dans le paragraphe précédent sont justes, il en découle qu’on doit poser

comme principes fondamentaux de la transformation

d’un:taillis sous futaie complet et régulier, en futaie pleine : n' +

. 4°. La préparation des peuplements pendant assez longtemps, pour que le taïllis puisse concourir au

réensemencement naturel, et soit hors d'état de reje-

ter abondamment par la souche ;

2 La limitation de l’ancien mode d'exploitation en taillis, aux peuplements qui ne seraient pas susceptibles de rester sur pied, sans dépérir, jusqu'à l'époque fixée pour leur régénération en futaie dans la révolution principale, et qu’on ne pourrait avant cette époque remplacer par des brins de semence, sans occasionner de trop fortes pertes d’accroissement ; |

3° L'exploitation du taillis à un âge qui ne soit pas. inférieur à celui qui avait été adopté jusqu’alors, et qui permette dans tous les cas de trouver dans cetaillis les éléments d’un balivage satis- . faisant ;

h° Le maintien de la futaie sur taillis dans un

Tu

3ç8 * AMÉNAGEMENT DES FORÊTS.

état normal, c’est-à-dire dans un état de richesse aussi grend que le comportent les exigences de la reproduction et de la végétation du sous-bois.

Le premier de ces principes implique l’adoption d’une révolution préparatoire dont la durée sera . d’autant plus longue, que l’âge des bois dans les affectations à régénérer les premières, sera moins avancé : il n’est pas indispensable, mais il peut-être utile, comme mesure d'ordre, que cette révolution soit un multiple de la période de la révolution principale. s

En ce qui concèrne le deuxième principe, il semblerait au premier abord que s'il y a une affectation que l’on puisse à coup sûr, sans s’écarter de ce principe, continuer d'exploiter en taillis, c'est bien la dernière; cependant, en y réfléchissant, on voit qu'il y a un moyen de la rajeunir qui est préférable : c’est de la régénérer en futaie en même temps que la première affectation’, et après l'avoir préparée comme elle pendant la révolution préparatoire. À l’époque où la dernière affectation arrivera de nouveau en tour de régénération, c’est-àdire à la fin de la première révolution principale, elle n'aura pas encore atteint, il est vrai, l’âge correspondant à la durée de cette révolution ; mais il est présumable que, malgré la perte qui s’ensuivra, les produits seront encore plus considérables que ceux qu'on obtiendrait des coupes de taillis. Ainsi je suis d'avis que ces coupes de taillis doivent être arrêtées dans la première et dans la dernière affectation d’abord:

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site dans la deuxième, et j'irai: mndirie à Pau

. proposer d'y renoncer aussi dans la troisième, attendu

qu'il est sage de ne pas oeobanE “db sacrifices en vue d’un très-grand bien. : ; : Pour se conformer au troisième principe, sans se

‘mettre dans la nécessité d'interrompre les coupes de :

taillis dès le début de la transformation, il faut que la troisième affectation en contienne d'exploitables, et je n’y vois pas d'inconvénient , lorsque cela peut se faire sans ‘contrarier les règles d’assiette.

Quant au quatrième principe, il est toujours applicable, quelles que soient les combinaisons adoptées, et je me borne à dire que la conservation des vieilles réserves est d'autant plus utile dans une affectation, que celle-ci est plus près de son tour de

régénération.

L'application de ces quatre principes étant ainsi précisée, la formation du règlement général d’exploitation, soit pendant la révolution préparatoire, soit pendant la première révolution principale, n'exige plus'aucun éclaircissement et je prie encore le lecteur dese reporter pour le cadre à prendre aux pages

318 et 323.

La méthode que je recommande ‘ est donc une : transaction entre l’ancien système qui arrêtait immé-

‘ diatement les coupes de taillis sur toute l’étendue de

| 4: Ce’‘système est exposé avec béaucoup de clarté dans un article des Annales forestières (tome If}, article qui est le point de départ de toutes les conceptions qui ont'été basées depuis sur

la continuation des coupes de taillis.

la forêt et le nouveau système également radical, en sens contraire, qui ne les arrête que successivement, lorsque les peuplements arrivent en tour de régénération dans la révolution principale ; mais-elle se rapproche beaucoup plus du premier que du second, puisqu'elle tend, comme le premier, à utiliser autant que possible les peuplements existants, pour la régénération naturelle, tandis que le second système fai

peu de cas des ressources qu'on en pourrait tirer sous ce rapport ‘.

Il est incontestable qu’au point de vue éultral, la substitution des,-repeuplements artificiels, aux repeuplements naturels est regrettable. Les exigences du rapport soutenu et l’avantage d’une création plus rapide des classes d'âge qui constituent une forêt normale, ne la justifieraient pas suffisamment à mes veux; et d’ailleurs, puisque la méthode mixte de transformation que nous avons examinée en dernier, tient compte dans la mesure du possible, et de ces exigences, et de cet avantage, il ne saurait y avoir

d'hésitation à l’adopter. Comme celles qui ont été décrites auparavant, cette dernière méthode repose sur la supposition que le taillis composé à convertir, contient non-seulement de nombreuses réserves, maisencore un sous-bois vivace, riche en essences de bonne qualité, complet, susceptible de coopérer tôt

4. M. Puton, professeur à l’École forestière de Nancy, a fort bien expliqué et justifié cette méthode, qu’il appelle la méthode mixte dans son livre sur l’aménagement des forêts. (Rothschild, éditeur )

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ou tard, dans une forte proportion, à la régénération de la forêt par les semences. C’est cette dernière circonstance qui motive surtout les coupes préparatoires et la cessation la plus prompte possible des coupes de taillis. Lorsqu'elle fait défaut, les coupes préparatoires n’ont plus autant de raison d'être, et ce n'est plus dans le même but que l’on supprime les coupes de taillis. Or, tous nos taillis sous futaie ne

se trouvent pas dans des conditions satisfaisantes au double point de vue de la consistance de la réserve et de celle du sous-bois. L'application des combinaisons dont j'ai décrit le mécanisme rencontre donc souvent des exceptions. Je vais en examiner quel-

ques-unes :

Rè lement général des exploitations lorsque les taillis à convertir sont. irréguliers et incomplets.

-J'appelle irréguliers les taillis composés qui s’éloignent de l’état normal, soit parce que les réserves en chêne et en hêtres de toute catégorie, n’y sont point également réparties, soit parce que le sous-bois y est principalement formé d’essences secondaires. Ces taillis peuvent être complets ou incomplets + complets, quand ils ne présentent ni vides, ni clairières, ni peuplements ruinés ; RTE sv ils en présentent. | ë

Supposons que l’on ait à convertir un taillis com-

posé complet, mais dans lequel il y a les anomalies suivantes : :

Les réserves en essences d'élite, assez RATER dans quelques parcelles, sont rares dans les autres. Le taillis dont le charme et les bois blancs forment les essences presque exclusives, .surtout dans les coupes les plus âgées, sont. garnies dans les jeunes, et en assez grande quantité, de brins de hêtre et de chène qu'on pourrait encore sauver, en les dégageant des rejets qui les dominent. Le sol est d’ailleurs ns de bonne qualité.

En présence de cette situation, c'est surtout d'après l’âge et le nombre des réserves que contiennent les parcelles que l'on se sera guidé, toute satisfaction ayant été d’ailleurs donnée aux règles d’assiette, pour composer les affectations, et, par conséquent, on aura mis dans la première affectation les parties les plus riches en vieux arbres. Les jeunes coupes où il y a beaucoup de brins de hêtre et de chêne auront été placées autant que possible dans la dernière, et les autres coupes formeront les affectations intermédiaires.

Les affectations étant ainsi constituées, on adoptera une révolution préparatoire juste assez longue pour qu'à son expiration l’on puisse, avec les taillis de charme et de bois blancs de la première affectation, faire de bonnes coupes d’abri; et tandis qu’on se bornera jusque-là à exécuter dans cette affectation des coupes préparatoires, on s'efforcera de. dégager, au moyen de nettoiements fréquents, les brins de

chêne et de hêtre de la dernière, et on continuera de couper en taillis les autres affectations en commençant par la deuxième. Il n’y aurait en effet aucun avantage pour la régénération naturelle à soumettre immédiatement les affectations intermédiaires à des coupes-préparatoires, puisque l’on n’attend rien pour le repeuplement, des semences que pourraient donner les taillis qui les composent ; on aura le temps de préparer la deuxième affectation pendant qu’on ré-

générera la première.

Si les réserves étaient partout sites: à mais agées, les autres conditions restant les mêmes, on ne mettrait encore en préparation que la première affectation; mais il faudrait repéter les nettoiements dans lesautres et surtout dans les dernières très-fréquemment, ety conserver tous les brins d'essences d'élite, dût-on entraver la reproduction des rejets, compromettre par conséquent la conservation du taillis, et se condamner à raccourcir la durée de la première révolution principale; l'essentiel serait, d'utiliser les réserves avant leur complet dépérissement : ces réserves ne seraient abattues que lorsquelles menaceraient. de tomber de vétusté, ou lorsqu'elles surmonteraient de jeunes semis.

Si, au lieu d'un. taillis exclusivement composé d’'essences secondaires, on avait un taillis dans lequel ces essences seraient entremêlées de. bois précieux dominants par place ; alors il conviendrait, pendant qu'on préparerait la première affectation et qu’on dégagerait les jeunes brins dans la.dernière, de préparer

37à AMÉNAGEMENT DES FORÊTS.

aussi la deuxième, et peut-être même la troisième, ce qui n'empêcherait pas quand on y rencontrerait des taches de bois blancs à l’état pur, de receper à blanc étoc ces bois blancs, toutes les fois qu’il ne pourraient restér sur pied jusqu'à l’époque où l'affectation dont ils feraient parlie arriverait en tour de régénération. Ce recepage, qui ne serait qu'un pis aller, n’autoriserait pas à dire qu'il faut continuer le taillis dans ces affectations-là.

Supposons maintenant que l’on ait à convertir un taillis sous futaie irrégulier et incomplet en ce sens, qu’indépendamment de la mauvaise qualité des essences sur beaucoup de points, il présente des lacunes, des vides, des peuplements sans avenir. Ici, de nombreuses mais vieilles réserves recouvrent des cépées de bois blancs clair-plantées ; là, le taillis est assez serré et riche en bois durs, mais les souches sont usées, et les réserves font défaut; enfin, sur la plus grande étendue il n’y a que des vides, des clairières et des broussailles sur un sol appauvri.

Où voit tout de suite que la transformation d’une telle forêt n’exige pas de révolution préparatoire : il faut se servir sans délai des vieux arbres pour la régénération naturelle, se préoccuper d'utiliser les taillis de bois durs dans le même but, et donner le plus tôt possible au sol des parties ruinées, un couvert qui lui rende la fertilité qu’il a perdue. On assignera en conséquence le n° 4 à l’affectation la plus riche en réserves, et on y prescrira immédiatement des coupes de régéneration avec enlèvement des bois

blancs par extraction de souches. Les taillis de bois durs placés dans la deuxième et, s’il y à lieu, la troisième affectation, seront améliorés pendant la première . période, par les moyens qu'on jugera les plus convenables; les vides, les clairières, les broussaiiles, rejetés dans les dernières affectations, seront les uns repeuplés, les autres complétées ou régénérées avec des essences peu exigeantes et choisies en vue plutôt d'améliorer le terrain que de se procurer des produits. Les coupes de taillis arrêtées partout, seront remplacées par des recepages qui marcheront d’autant plus vite, que les moyens d'action dont on disposera pour les repeuplements artificiels, seront plus énergiques ; car les rapailles elles-mêmes ne devront être coupées, que lorsqu'on sera en mesure de les remplacer par un couvert plus utile. dé, Je pourrais faire beaucoup d’autres hypothèses qui motiveraient aussi des exceptions aux règles que j'ai posées, mais je ne le crois pas nécessaire. J'en ai dit assez pour montrer que dans la transformation d'un taillis irrégulier et incomplet en futaie pleine, les dispositions à prendre dépendent surtout du nombre, de l’âge, de l'état et de la répartition des réserves; que le sous-bois a généralement peu d'influence à ce sujet, et que son exploitation doit être subordonnée complétement aux exigences de amélioration du sol et à celle de la propagation des essences d'élite. On voit donc que le succès de l'opération repose beaucoup moins sur l’habileté des agents aménagistes, que sur celle dessus d'exécution.

En résumé, dans les conversions des taillis composés, comme dans les aménagements des futaies irrégulières en futaies pleines, le but que l’on se propose étant de créer les classe d'âge indispensables, pour que l’on puisse retirer d’une forêt le rapport annuel le plus avantageux, il importe tout d'abord, dans un cas comme dans l’autre, d’assigner à ces classes d'âge la place qu’elles occuperont plus tard; puis, les affectations étant déterminées, on doit chercher à régler leur exploitation de manière à accélérer autant que faire se pourra la régénération de la première affectation, et à accumuler dans les autres affectations, pour l’époque à laquelle elles arriveront en tour d’exploitation principale, le plus d'éléments possible de régénération naturelle. D

Qu'on s’occupe en outre à retirer d'ici là le ns grand produit de ces affectations, -rien de plus légitime, pourvu que le résultat essentiel à poursuivre ne soit pas compromis, et c’est dans cette condition que réside la difficulté de la transformation.

Les procédés de culture à appliquer aux’affectations, en attendant que leur tour de régénération en futaie soit arrivé, sont uniformes dans les forêts régulières : il n'y a que des nettoiements ou des éclaircies. à faire. Dans les taillis composés en conversion, surtout lorsque ces taillis sont irréguliers, ces procédés sont variables et multiples : suivant les circon= stances, on peut avoir à faire une coupe de taillis, un recepage, une substitution d'essence, un nettoiement, une éclaircie, une coupe préparatoire, une

simple extraction de vieux arbres. Mais cette diffé- renceentre le traitement d’une forêt régulière et celui d’un taillis sous futaie en conversion, quelles que

soient la consistance et la composition de ce dernier,

ne change rien aux dispositions essentielles du plan d'exploitation et à la forme des tableaux qui le résument. Ces tableaux, dont on a vu lesmodèles pages 318 et 323, peuvent servir à tous les cas. Toutes les fois qu'une aflectation devra être exploitée systématiquement en taillis pendant une ou plusieurs périodes, on la fera figurer, sur le tableau général, dans la colonne des coupes de taillis. Toutes les fois au contraire qu’elle ne devra être exploitée en taillis qu’exceptionnellement. et. incomplétement; que ce mode ne sera: qu'un pis aller, un expédient auquel il serait possible et désirable qu'on ne füt point obligé de recourir, on ne fera pas de distinction entre elle et les parcelles qui devront’ être améliorées, et on l’inscrira dans la colonne des coupes d'amélioration, afin d'éviter de lui * donner une destination qui pourrait être démentie par les circonstances. On se bornera à indiquer dans la colonne d'observations le traitement: dont il y a probabilité qu'elle devra être l’objet. Rien de plus simple, n'est-ce pas? mais cependant pour qu’il ny eût aucune confusion dans le tableau des exploitations ét que le roulement des coupes de diverses natures s'y reconnût, s’y distinguât clairement, il faudrait que la durée de la rotation pour, chaque catégorie de coupes, fût une partie aliquote de la période. Or il est difficile que cette condition puisse

être réalisée pour toutes les coupes, et qu’une rotation ne soit pas à cheval sur deux périodes. L'important est que cette irrégularité n'existe pas pour les coupes “les plus essentielles et surtout pour celles de taillis. Nous ‘avons déjà reconnu qe lorsque, cas trèsrare d’ailleurs, il était possible et il convenait de former une série de coupes de taillis par affectation, on ne pouvait guère se dispenser de donner à la période une durée au moins égale à la révolution du taillis. Lorsqu'on ne cherche point à former une série de coupes de taillis par affectation, l'utilité d’avoir une correspondance complète entre la durée de la période et la périodicité des coupes de taillis est moindre; mais il convient alors, sous peine de n’éviter une confusion que pour tomber dans une autre, d’exploiter les coupes de taillis à un âge qui soit divisible par le nombre des affectations dans lesquelles ces coupes seront assises. Dans tous les cas, on se rappellera que la durée de la période normale ne doit être subordonnée qu'aux exigences de la régénération en futaie qui en sont la raison d’être, et qu'il y aurait . de grands inconvénients à ce qu’on s’écartät de cette règle sans modération; de sorte que si le taillis devait êlre coupé à 36 ans, tandis que la période, eu égard aux exigences de la régénération, ne devrait embrasser. que 80 ans, il serait tout à fait irrationnel, pour satisfaire à. de pures et temporaires convenances de forme, de porter la période à 36-ans.

Ces principes trouvent leur application quand on dresse le tableau des exploitations à faire pendant la

révolution principale. En ce qui concerne le tableau des exploitations pendant la révolution préparatoire, les mêmes difficultés ne se rencontrent pas, puisqu'il n'y à à faire que des coupes par contenance et que la périodicité de ces coupes est la seule circonstanée qu'il y ait à considérer, quand il y a lieu de

partager la révolution en un certain sièhes de subdivisions.

ARTICLE IV

RÈGEEMENT SPÉCIAL DES EXPLOITATIONS PENDANT LA PREMIÈRE PÉRIODF, QUELLE QUE SOIT Li péusee ADOPTÉE POUR LA TRANSFORMATION.

… Si le règlement général des exploitations par période est plus ou moins compliqué et exige -des explications particulières, suivant l’état des peuple- . meniset la rapidité que l’on veut imprimer-à la conversion,.il n'en est pas de même du règlement spécial qu'il est nécessaire de dresser pour les coupes à faire dans le cours de la première période, soit de la révolution préparatoire, soit de la révolution princi-. pale quand il n’y a pas de révolution préparatoire,

Le règlement pour les coupes de régénération doit être basé sur le volume, toutes les fois que le matériel existant dans l'affectation à régénérer, es susceptible d'être cubé avecune exactitude suffisante; parce qu'alors il n'y a aucune différence à établir:

entre la forêt à transformer et une futaie irrégulière quelconque à aménager. Il est au contraire basé sur la contenance, lorsque ledit matériel se compose de rejets ou de brins de très-faibles dimensions dont on ne pourrait faire le cubage avec une suffisante exactitude, sans y consacrer beaucoup de temps et des soins minutieux. Dans ce dernier cas, d’ailleurs, la régénération devant avoir lieu en grande partie artificiellement, il est possible d'imprimer à cette régénération, sans la compromettre, une marche régulière de proche en proche; mais dans aucune circonstance, on ne doit combiner la possibilité par volume avec celle par contenance, car elles sont véritablement inconciliables. Si donc on adopte la possibilité par volume, alors il n’y a pas de distinction à faire entre les coupes de régénération : elles prennent chacune, chaque année, une part plus ou meins forte de la possibilité, suivant l'état des peuplements. Si au contraire on adopte la possibilité par contenance; comme elle n’est évidemment applicable qu'aux coupes d’ensemencement, les bois qui restent après ces coupes doivent être considérés comme étant en dehors de la possibilité, et c’est aux agents locaux qu’il appartient d’en proposer l'extraction, sans s’astreindre à aucune règle prévue d'avance, là où le besoin s’en fait sentir. On comprend bien, en effet, que l’on ne pourrait prescrire de revenir à des époques fixes, par forme de coupes secondaires ou de coupes définitives, sur les coupes d'ensemencement précédemment faites, sans s’exposer à entraver

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la régénération ou le développement des ‘jeunes plants; car on ne saurait prévoir à quelle époque et sur quelle étendue le repeuplement s’eflectuera dans une coupe donnée. Tout ce qu'on peut faire utilement, c'est d'ordonner aux agenis d'exécution de proposer le repeuplement artificiel de tout ou partie d’une parcelle si, un certain nombre d'années après la coupe d'ensemencement, elle n'était pas repeu-

Je connais des aménagements dans lesquels la possibilité, pour l’ensemble des coupes de régénération, ayant été fixée. par volume, on a cru pouvoir néanmoins régler les coupes d'ensemencement par

. contenance. Ce système reposait sur l'hypothèse que le volume de la coupe d’ensemencement, ainsi déli- mitée, ne s’élèverait jamais au-dessus du chiffre de la possibilité. Or cette hypothèse gratuite ne s’est pas toujours vérifiée et les agents d'exécution se sont trouvés dès lors dans l’alternative :ou de dépasser le chiffre de la possibilité, ou de donner à la coupe d’ensemencement une étendue moins grande. que celle qui avait été fixée. En outre, il s’est présenté souvent

* des cas où il était plus urgent de faire une coupe secondaire ou définitive qu’une nouvelle coupe d'ensemencement, et cependant il y avait obligation de procéder à celle-ci pour obéir aux prescriptions de l'aménagement. Il faut donc, on le voit, adopter l’une ou l’autre deS deux possibilités; mais ne pas chercher à les faire marcher ensemble, car on n’y réussirait pas.

Quant aux coupes soit de taillis, soit d’éclaircie de nettoiement ou de recépage, soit préparatoires, à faire dans les autres affectations que celle qu’on régénère, elles sont toujours basées sur la contenance; cela ne fait pas question.

Nous avons reconnu, quand nous nous sommes occupés du règlement spécial des exploitations à faire dans la première période de la révolution applicable aux forêts à régulariser, qu'il pouvait être utile de dresser deux tableaux : l'un pour les coupes par volume, l’autre pour les coupes par contenance. S'il s’agit des conversions, ces deux tableaux sont encore plus utiles, parce que les procédés de culture qu'impliquent les conversions, sont plus variés. Ces tableaux - ne présentent du reste que le développement des indications du tableau général qui se rapportent à la première rotation de la révolution préparatoire ou à la première période de la révolution principale quand il n’y a pas de révolution préparatoire , et on en retrouvera les modèles aux pages 322 et 323 de ce volume.

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