CHAPITRE DEUXIÈME
rexpMtoMlIt^ éamm amm r«ff rta mwee les ealy — — Je I» Tég^taileB et de I» evltare.
Nous ayons raisonné , jusqu'ici , sur Texploitabilité, comme si rien ne s'opposait à ce qu'elle pût être fixée, à Tune quelconque des années comprises dans la durée de la rie végétale.
Cette hypothèse n'était pas vraie.
II y a dans la nature des choses, des exigences qui sont indépendantes de la volonté de l'homme, et qui renferment le choix de l'âge d'exploitabilité dans des limites plus étroites.
L'un des principaux buts que l'on poursuit, en sylriculture, est, personne ne l'ignore, la régénération naturelle.
Toute méthode d'exploitation des forêts, disent les auteurs du Cours de Culture des Bois^ doit satisfaire aux deux conditions fondamentales suivantes :
119 DE L'EXPi:^lTàBIL|TÊ.
1' Régler la quotité des coupes annuelles de manière à procurer un rapport soutenu.
2® Assurer, par ces coupes mêmes, la régénération naturelle.
Or, les bois ne se régénèrent naturellement que par les semences ou par les souches (1); ils ne portent de semences fertiles qu'à un certain âge, qui varie selon les espèces , mais qui est au moins de cinquante à soixante ans ; ils cessent de repousser par les souches à un âge également variable, mais qui ne dépasse guère quarante ans; enfin, il y en a qui se refusent absolument à ce dernier mode de reproduction.
De là on est amené à conclure , qu'avant de fixer l'âge d'exploitabilité d'un massif, la première chose à faire est de choisir le mode d'exploitation applicable à ce massif.
ARTICLE PREMIER
CHOIX DU MODE 1>*BXPL0ITATI0N.
Ce choix ne saurait être douteux pour les essences qui sont privées de la propriété de repousser par la souche. Il est évident que le mode de la futaie est le
(1) Je ne tiendrai pas compte des drageons et des marcottes qui ne sont que des exceptioni.
DB L'BXPIAITàllIUTi. lit
seul qui leur soit applicable ; mais les bois ieuillus jouissent tous, à un degré plus ou moins grande de la faculté de produire de^ rejets quand op les a coupée par le pied ; ils peuvent par conséquent être exploités soit en taillis, soit en futaie ; et suivant qu'ils seront eipleités d'après Tun ou l'autre mode, leur exploitabilité devra être ou très-^vapcée ou très-reculée*
Les considérations d'après lesquelles on se guide, dans le choix du mode d'exploitation, sont comme toujours, en économie forestière, de deux sortes : êuU turales et écono(nii^9.
Je vais comparer, à ces deux points de vue, le taillis simple à la futaie, et je m'occuperai ensuite du taillis composé.
Vu UÂ\i\9 simple et de U futaie au point de vue enUural.
H. Parade a parfaitement démontré, daqs son examen comparé des trois principales méthodes d'exploitation, les inconvépients du taillis et les avantages de la futaie. Je ne veux pas refaire cet examen. Je me bornerai à mettre en relief les principales conséquences qui en décoiilent , et à les accompagner de quelques réflexions.
Ces copséquenoes se résument dans les quatre propositions suivantes :
V La méthode de la futaie a pour résultat d'amélio^ rer le sol; celle du taillis tend à le détériorer.
12f m t'npioiTABUiTfié
2^ La méthode de la futaie permet de garantir la vi' gétation contre les intempéries du climat; celle du taillis la livre sans défense à ces intempéries.
3"* La méthode de la futaie est beaucoup plus faoorable à la régénération que celle des taillis.
4"" La méthode de la futaie favorise la croissance des sujets qui composent un massif; celle du taillis fenirace.
V Influence du mode d'exploitation sur le soL
Le sol, pour la culture des bois, emprunte surtout ses éléments de fertilité à Thumus. Il peut rigoureuseinent s'en passer quand il est constitué physiquement d'une façon particulièrement avantageuse. Il n'en a jamais trop et il devient stérile quand, à la mauvaise qualité de ses composants minéralogiques, il joint l'absence complète de substances organiques.
Mais rhumus ne se forme» on le sait, que sous l'influence de rhumidité, de la chaleur et d'un air calme. Cette influence est grande et durable dans les futaies; elle est faible et courte, au contraire, dans les taillis dont le sol est, à des périodes rapprochées, exposé à l'action xlesséchante du soleil et des vents.
Avec le temps, le sol s'enrichit donc de plus en plus dans le premier cas ; avec le temps, il s'appauvrit donc de plus en plus dans le second.
Je crois que cet appcuvrissement n'est plus contesté aujourd'hui parpersonne; il devient plus ou moins grave suivant le climat , la situation et la nature de la base minéralogique.
DB L'EXPlOITABJLITt. 121
Si le climat est humide, les inconvénients du taillis seront moindres quant à la fertilité du sol, que s'il est sec ; si le terrain est en plaine, moindres que s'il est en pente ; s'il est en pente septentrionale, moindres que s'il est en pente méridionale ; s'il est imperméable, moindres que s'il ne l'est pas (1).
S"" Influence du mode d^exploUatian sur Vaetion des intetnpéries»
La possibilité de défendre les bois contre les intem-
(1) On pourrait fournir de nombreuses preuves à l'appui de ces propositions, si cela était nécessaire. C'est le mode d'exploitation en taillis qui a amené en France la dégradation d'une grande partie du sol forestier, dégradation à laquelle on ne peut obvier aujourd'hui qu'en cultivant des pins sylvestres dans des terrains où le chêne prospérait autrefois. C'est ce mode qui a dépeuplé la forêt d'Orléans, celle de Fonuinebleauy celle de Saint-Germain, celle de Compiègne ; foréte dont le sol sablonneux aurait eu besoin d'un couvert épais et constant. Je dte ces forêts parce que tout le monde les connaît au moins de nom, qu'elles sont à la porte de la capitale, et qu'il est facile d'aller y véri6er l'exactitude de mes assertions. J'ai, d'ailleurs, mes cartons remplis de notes qui ont été recueillies dans d'autres forêts , et qui constatent les mêmes faits; mais je ne crois pas que la ruineuse influence du taillis sur le sol soit nulle part aussi évidente , aussi palpable que dans une forêt des envinms de Clermont (Oise), la forêt de Hez. Cette forêt appartient, par portions à peu près égales , à l'Étal et à la famille d'Orléans. La portion de l'État se compose d'une très-belle futaie de hêtres et de chênes; la portion de la famille d'Orléans se compose, au contraire, d'un taillis dont la consistance et la végétation sont souvent plus que médiocres. Les deux portions sont pourtant enchevêtrées l'une dans l'autre, et leur sol, identique quant aux éléments minéralogîques, est formé d'une mince couche de sable reposant sur un banc impénétrable aux racines ; partout à côté de la croissance rapide de la futaie, qui annonce un sol fertile , on est frappé de la croissance languissante du taillis qui accuse un sol appauvri, et tandis que la futaie ne renferme que des bois durs, le taillis es» déjà rempli de bois blancs et de mortsboîs.
132 I» l'bxploitabilité*
péries dépend, jusqu'à un oertain point, de !a durée de la révolution, en ce sens que plus cette demiàre est longue, plus puissante est la barrière opposée par l'application des règles d'assiette, soit fiui vente, soit aux autres météores. Les futaies, par la hauteur et la con* sistance des massifs qu'elles renferment, offrent pour les parties d'une forêt qui ont besoin d'être abritées, une protection bien autrement efficace que les taillis.
Les procédés d'eiploitation que comportent les futaies permettent, en outre, de ne livrer le jeune repeuplement aux influences de l'atmosphère, que lorsqu'il est assez robuste pour les supporter; tandis qu§, dans les taillis, rien ne garantit le recrû contre les effets de la sécheresse ou de la gelée.
Depuis leur naissance jusqu-au terme fixé pour leur abattage , les massifs traités en futaie sont maintenus dans un état serré, et peuvent, par l'appui mutuel que se prêtent les brins dont ils se composent, supporter le poids du verglas et des neiges. Il n'ep est pas ainsi pour les taillis qui sont formés de cépées irrégulière- K^ent espacées. Aussi, le v^rgls^s et les neiges y causeptils de grands et fréquents dommages.
3** Influence du, rnode d'exploitation sur la régénération.
11 n'y a de régénération complète et véritable que celle qui g' opère par les semences.
Dans ce cas, le plant nouveau, qui est le produit de la régénératipn,réu?)it toutes Jescon4i tiens nécessaires à un développement normal ; il est doué d'une virtua-
ùt L'fiKPtOITâBIUTÉ. 12S
lité propre, dîstinete, indépendante de oelle qui lui a donné naissance. L'arbre qu'on coupe par ]e pied, et qui repousse, ne produit pas des êtres nouveaux, il continue de vivre. Après un certain nombre d'exploitations, sa vie s'éteignant, ii ne donnera plus de rejets. Celui qui se régénère par la semence peut, au contraire, se régénérer ainsi éternellement. La futaie a donc sur le taillis un avantage considérable au point de vue de la perpétuation de l'espèce.
D^un autre côté, quelque favorables que soient les conditions de régénération dans lesquelles un massif se trouve placé, cette régénération n'en est pas moins une crise très-chanceuse dont il importe de retarder au* tant que possible le retour. Une futaie, dans laquelle elle ne se présentera qu'une fois par siècle, sera bien préférable,.à ce nouveau point de vue, à un taillis.
Enfin, c'est dans leur jeunesse que les bois sont le plus exposés à être envahis par les essences secondaires et les morts-bois. Dans les taillis, les dangers de cet envahissement sont beaucoup plus redoutables que dans les futaies ; non*-seulement par le motif que je viens d'indiquer, c'est-à-dire à cause de la fréquence plus grande des époques de régénération, mais aussi parce que, quelque complet que soit un taillis à l'époque de son exploitabililé, il présente de nombreux vides aussitôt après son exploitation.
V Influence du mode d* exploitation sur la croissance.
Pour qu'un massif végète dans les conditions les plus favorables, il faut que (es sujets dont il se compose
12t DE i'EXFtOITABItITt
soient espacés régulièrement, et de manière à participer également aux influences de l'atmosphère. H est possible de réaliser ces conditions dans un massif de futaie formé de brins de semence. Cela n'est pas possible dans un taillis où les rejets sont disposés nécessairement par groupes, et en constituent autant qu'il y a de souches dans le peuplement ; ces groupes plus ou moins distants les uns des autres, suivant que la durée de la révolution est plus ou moins longue, ç'étalent inévitablement, au début de leur croissance, pour remplir les vides qui les séparent : trop serrés sur certains points, trop espacés sur d'autres, tels sont les inconvénients inévitables que présentent les massifs crûs sur souches. — Leur croissance en souffre et la qualité du bois s'en ressent.
Sous le rapport cultural, le mode d'exploitation en taillis est donc un mauvais mode, et s'il n'y avait que les convenances culturales à consulter en sylviculture, il faudrait le rejeter sans hésitation; mais ce mode, quelque vicieux qu'il soit, est encore, à force de soins coûteux, cpnciliable avec les strictes exigences de la conservation des massifs, et s'il se recommandait par des motifs économiques, il pourrait être permis de l'adopter.
1^ taillis simple et de la futaie au point de vue économique.
Les considérations économiques applicables à l'ex-
DE L'EXPLOrrABItlTÊ. 125
ploitation des bois sont tirées, nous Tarons vu, soit de la quantité des produits, soit de leur utilité, soit de leur valeur absolue, soit de leur valeur relative.
Comme quantité, c'est une vérité traditionnelle que les taillis ne donnent pas ce que donnent les futaies. Toutefois, des expériences très-concluantes manquent à cet égard. La reproduction par rejets modifie profondément les phases de la végétation : elle rend celle-ci beaucoup plusr active dans la jeunesse, à ce point, qu'un rejet de vingt ans, par exemple, toutes conditions égales d'ailleurs, est de moitié au moins plus volumineux qu'un brin du même âge. Une conséquence de ces modifications, c'est que l'époque du plus grand accroissement moyen se présente beaucoup plus tôt dans les taillis que dans les futaies. Un taillis est-il susceptible d'un accroissement moyen plus considérable qu'une futaie placée dans les mêmes conditions de végétation î — Telle est la question que Ton n'a pas résolue rigoureusement, qu'il faudrait résoudre, et sur laquelle pourtant il ne s'est jamais élevé le moindre doute ; c'est que jusqu'à présent le maximum de la production, par hectare, que l'on a constate dans les taillis, ne dépasse pas six stères, tandis que dans les futaies il s'est élevé jusqu'à douze et quinze stères.
Comme utilité, la supériorité de la futaie ne se discute pas; nous avons vu en effet que sauf de rares exceptions, l'utilité des bois est généralement proportionnelle aux dimensions qu'ils présentent, attendu que plus ces dimensions sont fortes, plus grand est le
i2A DE L'EXPLOITàBILITË*
nombre des usages divers auxquels ils peuvent servir. Ajoutons que dans les futaies, les produits accessoires, tels par exemple que ceux qu'on retire du panage, de la glandée, du piturage, sont plus nombreux et plus importants que dans les taillis.
Comme valeur absolue, le produit du taillis étant probablement moins considérable et eertainement moins ulile, doit nécessairement être beaucoup moins précieux que celui de la futaie;
Comme valeur relative, au cOntraire> le rapport entre le revenu et le capital superficie , étant d'ailtant moins grand que la révoludon est plus longue; il est évident que le taillis peut fournir un produit plus avantageux que la futaie, puisqu'il comporte une révolution beaucoup plus courte.
GoDétusioa des deux pard^aplies préeédeiits.
Ainsi, parmi les considérations cul1ui*ales et économiques que Von doit interroger, quand il s'agit d'arrêter le mode d'exploitation applicable à une forêt, il n'y en a qu'une, celle de la rente, qui puisse faire préférer le taillis à la futaie.
Je vais eiaminer maintenant jusqu'à quel point la réserve, dans les taillis, d'un nombre plus ou moins grand de baliveaux, est de nature à modifier cette conclusion ; je vais examiner quelle est Finfluence de ces
DE L*ttl»L01TAl»LlTi 127
bdliYeatii, tatit iious le rapport cultural que sous le rapport économique.
Des réserves dans tes taillis.
Pour tous ceux qui ne jugent des choses qu'au cabihety le taillis bous futaie est un mode d'exploitation fort ingénieux et très-àvantageux» parce qu il parait susceptible de se plier à toutes les convetianees de Texploitabilité. Si on recherché, par exemple^ la rente la plus élevée, on la réalisera au moyen du sous-bois ; tandis qu'on pourra, au moyen des futaies exploitables à des âges différents, rechercher et réaliser tantôt lés produits les plus utiles^ tantôt les plus considérables^ élever ici des essences d'une grande longévité et a côté des espèces de courte durée* Voilà ce que disent les gens superficiels ; mais ceux qui ont étudié les choses de près ne sont pas du même avis, et iroici ce qu'ils pensent des baliveaux sur taillis :
La première condition, la condition essentielle afin que les arbres se portent bien^ c'est qu'ils soient en massif: C'est la condition naturelle ; dès qu'on la supprime, on place les végétaux dans un état anormal dont ils souffrent toujours beaucoup, quels que soient les moyens artificiels dont on se serve pour en corrigei* les inconvénientSi Mais si l'isolement est défavorable aux arbres, en principe générai, et lorsqu'il est permanent, il leui' devient bien plus doiUmageable en-^
128 DE L'£XPL0ITABIUTÊ.
core lorsqu'il est intermittent. Isoler un arbre, c'est comme si on le transportait d'un climat dans un autre. En tout état de cause, ce changement ne peut que lui être nuisible; il le sera d'autant plus qu'il s'eflFectuera à un âge moins avancé.
L'homme est de tous les êtres organisés celui qui supporte le plus facilement les changements de climat; cela doit être, puisque la nature Ta doué de la faculté de se mouvoir, et de la possibilité d'approprier son régime, c'est-à-dire son alimentation, son vêtement, au milieu dans lequel il est obligé de vivre ; et cependant ce n'est jamais sans danger pour sa santé, qu'il passe subitement d'un climat froid dans un climat chaud, et vice versa. On comprend donc a priori qu'un arbre destiné par l'imperfection de ses organes à rester sta- tionnaire, ne puisse pas, sans le plus grand risque, être transporté brusquement d'un milieu dans un autre.
En fait, les baliveaux qu'on réserve dans les taillis, privés subitement de l'appui de leurs semblables, sont souvent inhabiles à se supporter. Us tombent au moindre vent; c'est le premier danger qui les menace. Ensuite, quand ces baliveaux sont, du pied à la tête, exposés à l'influence de la lumière, ils se couvrent de bourgeons, lesquels absorbent une partie de la sève au préjudice de la cimte qui se dessèche en tout ou en partie. Enfin, cette écorce, qui jusqu'alors avait pris son développement à l'ombre, a une consistance lâche; mise brusquement à découvert, elle est facilement endommagée, soit par la gelée» soit par le soleil, et occa-
DJ5 L*EXPLOITABILITÊ. 129
sionne ainsi des vices intérieurs qui rendent les arbres plus ou moins impropres à une destination indus* trielle.
Voilà pour ce qui regarde les baliveaux eux-mêmes; pour ce qui est de leur influence sur le taillis, le raisonnement et Texpérience prouvent qu'ils sont loin de compenser les inconvénients qu'on vient de leur reconnaître.
Bufl^on a observé que la gelée faisait beaucoup de tort aux taillis surmontés de nombreuses réserves. Il a constaté que, toutes circonstances égales d'ailleurs, un taillis débarrassé de réserves en avait distancé un autre, de cinq ans sur douze, par suite d^ la gelée qui avait endommagé ce dernier.
Un fait plus facile à expliquer, c'est qu'en entravant l'effet de la lumière, les baliveaux, quand ils sont trop nombreux ou trop gros, nuisent nécessairement au développement du taillis ; le vide se fait donc peu à peu autour de leur tronc, et quand on les abat, ils occasionnent de grands vides qu'il faut repeupler artificiellement.
On pourrait croire que par les semences qu'ils fournissent, les baliveaux contribuent au moins à la régénération du taillis. Il n'en est rien, et cela se comprend : les jeunes plants produits par leurs semences, exposés à toutes les intempéries, s'ils naissent au moment de Texploitation, enfouis dans l'ombre dans le cas contraire, sont exposés à mourir soit par Texcès, soit par i'insufûsance de la lumière. C'est à cette der-
iM BB L'BXPLOITIBILLTÊ.
nière c&use qu'il faut attribuer la disparition des chênes dans nos taillis sous futaie; disparition constatée dans tous les pays sans exception.
D'après ce que nous Tenons de voir de Tinfluenee des réserves sous le rapport cultural, il est permis d'affirmer qa'il ne peut pas y avoir une grande différence entre le rendement des taillis composés et celui des taillis simples, lorsqu'on ne considère que la quantité de matière produite annuellement; mais les taillis composés fournissent sans contredit des produits plus utiles , et par conséquent plus précieux que les taillis 1 simples» et, sous ce rapport, ils offrent un avantage, i ils ont un mérite qui n'est point à dédaigner. On | estime que dans un taillis soumis au balivs^e normal, I la futaie entre environ pour un tiers ou un quart dans le produit total de l'exploitation, et que la moitié de cette futaie est propre à l'industrie. Ces chiffres, que je crois plutôt au-dessus qu'au-dessous de la vérité, montrent en même temps que Tintroduction des réserves dans les taillis^ est bien loin de racheter le désavantage que j'ai essayé de mettre en évidence, lorsque j'ai ^T'omparé ce mode d'exploitation à celui de la futaie : car^ dans une futaie bien conduite» la part du produit afférente au bois d'œuvre, peut s'élever aux trois quarts et quelquefois aux quatre cinquièmes.
DE L'EXPLOITABILITÉ. 131
ARTICLE II
DE L'BXPLOITABILIT^ |UN8 LES TAILLià 81H9>LBS,
La recherche de l'exploitabilité dans les taillis simples ne présente pas d'insurmontables difficultés, bien qu'il n'existe point de tables d'accroisBemenl pour la faciliter. Il est presque toujours possible de trouver, à proximité de la forêt que Ton aménage et dans des conditions semblables de végétation, des massifs suffisamment complets de bois d*âges divers, ei de se procurer, par des places d'essai, les élémentl d'appréciation tiéce ssaires , pour déterminer l'âge tl'etplôitabiiité, suivant la nature des produits que Toti veut se procurer.
En remplissant le tableau ci-contre, oA aura sous les yeux les diverses solutions dont le problème est susceptible.
DE L'EXPLOITABIUTÊ.
CAPITAL d'une rente
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lente i U
valeur
Ut
YALBUR nette du matériel
a EJ J S
tn
DE L'EXPLOITABILITÊ. ISS
Les recherches, les expériences que comporte ce tableau, ne sont d'ailleurs utiles, en général, que lorsque l'on veut déterminer l'âge d'exploitabilité correspondant, soit aux produits les plus utiles, soit à la rente la plus élevée. Quand on a pour but de retirer d'un taillis les produits les plus considérables, il faut pousser sa révolution aussi loin que possible, c'està-dire jusqu'à l'âge où les bois cessent de repousser par la souche. En effet, l'expérience démontre que l'époque du plus grand accroissement moyen pour 4es rejets, ne se présente que longtemps après qu'ils ont perdu leur faculté reproductive. Le terme de l'exploitabilité dans ce cas, est donc fixé par une circonstance physiologique.
ARTICLE m.
DB L'EXPLOITABaiTli DANS LES FUTAIM.
Nous avons déjà vu que les exigences de la régénération renfermaient le choix de l'exploitabilité, quelle qu'elle fût d'ailleurs, dans de certaines limites. En deçà de l'âge auquel les arbres portent des semences fertiles , il n'y a pas d'exploitabilité possible , à moins qu'on ne soit disposé à recourir, pour la régénération, aux repeuplements artificiels. Mais depuis l'âge où ils portent des semences jusqu'au terme de leur existence, il y a un long temps à courir; et pour trouver
18& DE L'BXPLOITABIilTÉ.
dans ce laps de temps» le point précis qui correspond à une exploitabilité donnée, il faudrait des expériencas qui malheureusement ne sont guère possibles dans Tétat actuel des choses.
L'exploiiabilité se détermine donc « dans les futaies, par des considérations plus ou moins vagues basées principalement sur la tradition et sur la longévité des essences.
En thèse générale^ toutes les fois que Von veut appliquer Texploitabilité absolue, ou Texploitabilité relative aux produits les plus utiles et au revenu le plu9 grand, on pousse les révolutions aussi loin que possible eu égard à la longévité des espèces. Lorsque » au cqn*traire, on veut se procurer la rente la plus élevée , on avance le terme de ces révolutions autant que le comportent les exigences de la régénération.
Les raisons qui, justifient cette manière d'opérer sont les suivantes :
1** Toutes les expériences faites sur des arbres isolés, et elles sont nombreuses, prouvent que le plus grand accroissement moyen de la plupart de ces arbres ne se réalise qu'à un âge très-avancé , lorsque déjà ils commencent à être altérés dans le cœur, et qu'ils ont perdu une partie de leurs qualités industrielles. Pour ce qui concerne ces arbres envisagés individuellepient , on peut donc regarder comme certain , qu'en les coupant au moment où ils entrent en retour, on gagne plus pour la qualité et la valeur qu'on ne perd pour 1q volume.
m L'BXPlOITABItITt. i(f
Il est vraî que, ainsi que je Tai déjà fait remarquer, ce n'est pas par des expériences individuelles que Ton doit essayer de déterminer les phases de Taccroissemei^t d'un massif; mais par des expériences qui embrassent des massifs tout entiers. En opérant ainsi, ce qui, nous Tavons vu, est difficile, on trouve que Tépoque du plus grand accroissement se présente avant celle du dépérissement. Ce fait, qui pourrait paraître au premier abord anormal, et qui est dû à la quantité, souvent considérable, de bois que les nettoiements et les éclaircies enlèvent à T accroissement, ne saurait être admis sans explication.
Les nettoiements et les éclaircies ont pour but principal de favoriser l'accroissement; on peut dès lors supposer que si, au moment où op les pratique, ces opé^ rations enlèvent des éléments à Vaccroissement futur, elles rendent d'autant plus puissants ceux qu'elles respectent ; et que, en conséquence, si on les opérait chaque année, chaque mois, chaque jour, le volume de boit qu'elles emporteraient, serait moindre que celui dont elles provoqueraient Taccroissement. Gomment se fait-il donc que ces opérations aient cependant pour effet, nonseulement de modifier le rapport entre Taccroissement futur et raecroissement passé, mais encore d'avancer l'époque du plus grand accroissement moyen ? — C'est parce que lorsque les massifs sont arrivés à un âge avancé, on ne se borne pas à en extraire tous les sujets nuisibles à leur développement; on enlève aussi ceux qui pourraient entraver l'amélioration de la qua-
iW DE L'EXPLOlTABaiTt,
lité du bois ; en sorte qu'il arrive un moment où la quantité de bois tombant dans Téclaircie est plus grande que celle qu'on peut espérer de T accroissement ulté* rieur. On comprend fort bien alors que les éclaircies aient pour résultat de hâter le terme de Texploitabilité absolue. Dans tous les cas, cette influence sur le rapprochement de répoque du plus grand accroissement moyen, ne saurait modifier sensiblement la loi naturelle qui veut que l'apogée de l'accroissement ne soit atteint généralement, que lorsque les bois ont déjà éprouvé un commencement de dépérissement. C'est donc, en définitive, l'état de santé des arbres qu'il faut surtout consulter, et d'après lequel on doit se guider, quand il s'agit de fixer Texploitabilité d'une forêt dont on veut retirer les produits les plus considérables; et il en est de même, presque toujours, lorsqu'on recherche les produits les plus utiles ; car sauf des exceptions peu nombreuses, l'utilité, on se le rappelle, est proportionnelle aux dimensions.
La détermination de l'exploitabilité relative soit aux produits les plus considérables, soit aux produits les plus utiles, dans les futaies comme dans les taillis, repose, on le voit, sur la constatation d'un fait matériel, constatation toujours possible, quoique cependant elle ne soit pas susceptible d'une précision parfaite.
Quant à l'exploitabilité relative à la rente la plus élevée, le raisonnement a montré que l'accroissement des capitaux pécuniaires, suit une marche progressive telle, qu'il y a presque toujours avantage à raccourcir
DB L'BXPLOITABILITÉ. 137
autant que possible la révolution des massifs, dont on veut retirer la plus forte rente. Dans la plupart des cas, répoque de cette exploitabilité correspondra donc à Tâge, auquel les bois sont susceptibles de se régénérer naturellement par les semences. Néanmoins, il sera utile, toutes les fois qu'un doute pourra s'élever à ce sujet, par suite de la valeur extraordinaire des bois de certaines dimensions, de faire des expériences afin de s'assurer que cette valeur ne demande pas qu'on fixe Texploitabilité à un âge plus avancé ; et ces expériences sont suffisamment indiquées par le tableau cicontre qui, bien exactement rempli, renfermera tous les éléments nécessaires, pour se fixer sur Tâge correspondant à une quelconque des exploitabilités applicables à un massif.
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