‹ Études sur l'aménagement des forêts (volume 5)Chapitre 32 sur 61 · RÉSUMÉ ET CONCLUSION · texte numérisé non relu

RÉSUMÉ ET CONCLUSION

Résumons-nous :

L'abatage à l'âge d'exploitabilité ,

L'application des règles sur l'assiette des coupes ,

La réalisation d'un rapport annuel et soutenu ,

Tels sont les résultats que l'on doit se préoccuper d'assurer dans la formation du plan d'exploitation du taillis simple.

Plusieurs causes peuvent s'y opposer :

1^ La situation relative des parcelles d'âges différents;

2* La différence des âges d'exploitabilité des peuplements de ces parcelles;

3*" Le défaut de gradation dans les âges ;

4° L'inégalité dans les puissances productives des parcelles*

Les deux premières causes contrarient l'obtention des deux premiers résultats ; le fâcheux effet de l'une

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d'elles, la seconde, est irrémédiable : lorsque Texplpitabilité n'est pas la même pour toutes les parcelles , il n'est pas possible de les faire arriver en tour d'exploitation à l'époque correspondant à cet âge, sans s'écarter des prescriptions des règles d'assiette, et vice versa; aussi, doit-on s'abstenir de comprendre dans le même aménagement des peuplements exploitables à des âges différents. Quant aux obstacles qui proviendraient de la situation relative des parcelles, on les surmonte en se condamnant à une perte temporaire d'accroissement; et comme, dans les taillis., la* révolution n'est pas assez longue pour que cette perte soit jamais bien considérable, on néglige ordinairement de la répartir sur plusieurs révolutions , à moins que l'intérêt de la reproduction ne le réclame.

Les autres causes qui intéressent particulièrement le rapport soutenu, exigent aussi des sacrifices d'accroissement r ainsi, pour rétablir dans les âges la gradation convenable , il est nécessaire d'exploiter, une ou plusieurs fois, un nombre plus ou moins grand de parcelles, soit avant, soit après Tâge d'exploitabilité ; mais, par la raison que je viens de donner, il est rare que l'on ne puisse pas , à cause des pertes qui en résulteraient, procéder immédiatement à rétablissement de Tordre définitif.

Pour ce qui est de l'inégalité dans les puissances productives des parcelles, elle tient à plusieurs circonstances plus ou moins dignes d'attention, et qui se partagent en deux catégories bien distinctes :

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Les unes sont occidenlelles el temporaires, les autres sont permanentes.

Si 1 on tenait compte des premières , on nuirait infailliblement à la régularité dés exploitations, laquelle est très-importante à obtenir; on retarderait la réalisation de rétat normal, résultat non moins désirable. On ne doit donc, en principe, attacher de Timportance qu'aux différences qui porteraient sur la nature des essences, sur leur exploitabilité, sur la qualité du sol, sur la nature du climat, et qui seraient susceptibles d'entraîner des variations sensibles dans les produits annuels. Pour les taillis, ces variations sensibles se présentent rarement, et quand elles se présentent, la division de la forêt en séries permet presque toujours d'y obvier et de se dispenser des calculs très-incertains que nécessiterait la détermination de contenances inversement proportionnelles à la puissance productive. — De sorte que, en définitive :

Lorsqu'on veut régulariser l'exploitation d'une forêt traitée en taillis simple, on se borne ordinairement à la partager en coupes régulières, d'égales contenances, exploitables de proche en proche, dans le sens prescrit par les règles d'assiette.

C est en cela que consiste l'opération essentielle de l'aménagement, et mes lecteurs, qui ne l'ignorent pas, auront été peut-être surpris des combinaisons plus ou moins applicables , des hypothèses plus ou moins vraisemblables, et des détails plus ou moins importants dont j'ai fait précéder cette conclusion ; ils se seront dit

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plus d'nne fois : Est-ce que l'on se donne tant de peines pour former le plan d'exploitation d'un taillis? esl-ce qu'en y met tant de £aç(ms?

le dois répondre à ces objections :

Les diverses combinaisons que j'ai exposées ne sont pcunt restées à l'état de pures spéculations; on les a pratiquées, on les pratique encore, même dans les taillis. Toutefois, leur utilité, pour les peuplements de ee genre, est souvent contestable, et si, malgré cela, je les ai étudiées avec une attention qui peut, au premier abord, paraître superflue, c'est parce que je me préoccupais de leur application dans les forêts soumises aux autres modes de culture. En traitant de Taménagement des futaies , nous retrouverons les exigences que nous avons rencontrées dans celui des taillis. Nous les retrouverons agrandies^ et nous reconnaîtrons que pour y satisfaire , dans la formation du plan d*exploitatioo , il est souvent nécessaire de recourir aux combinaisons dont il s'agit.

Parmi les suppositions qui auront probablement le plus éiasxùé ceux de. mes lecteurs qui ne considèrent que le côté pratique des choses, il en est deux surlout qui ont dû les frapper :

J'ai, par exemple, admis la possibilité de distinguer dans la description spéciale et dans le parcellaire qui l'accompagne, les peuplements dont Les âges ne diffèreirt que d'«n an. J'ai admis, en outre, que le parcellaire pouvait êtreiafisez détaillé pour que chaque coupe conlîirt plusieurs parcelles.

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Ces suppositions, évidemment forcées, avaient pour but de faciliter mes démonstrations, de rendre plus intelligible, en le complétant, le mécanisme de la formation du plan d'exploitation. Pour faire comprendre ce mécanisme, il ne fallait pas seulement le réduire à la plus simple expression» en l'étudiant dans les taillis, il fallait supposer toutes les conditions propres à mettre en évidence jusqu'aux plus petits de ses rouages.

En théorie, on est absolu, on ne recule devant aucune hypothèse, lorsqu'elle est utile à une démonstration , et qu'elle n'est pas d'ailleurs manifestement contredite par la nature des choses.

En pratique, on fait ce que Ton peut, dans Tordre des choses réellement utiles; mais pour ne point se tromper dans le choix des choses possibles et utiles, il est indispensable d'être pénétré de tout ce que comporterait l'application rigoureuse de la théorie.

En réalité, on ne s'attache pas, dans la division d'une forêt en parcelles, à ces nuances à peine perceptibles qui résulteraient de l'accroissement d'une année en plus ou en moins. En réalité, on fait ordinairement ces parcelles assez grandes pour que Ton puisse en former plusieurs coupes; on néglige, enfin» beaucoup de détails auxquels je me suis cependant arrêté. Ai-je eu tort d'agir ainsi? — Je ne le pense pas.

Il serait peu rationnel de voir la preuve d'un esprit minutieux dans les soins apportés à l'étude d'une question. Tous les préceptes petits ou grands que l'on déduit de cette étude, apprennent, en supposant qu'ils ne

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trouvent pas leur application sur le terrain, à observer avec méthode et avec fruit, et à ne négliger dans ses investigations aucun point essentiel. — C'est un précieux avantage.

Ce n'est pas dans la théorie que Ton doit craindre les détails; ils ne sont jamais inutiles quand ils sont mis à la place convenable, et ils sont même nécessaires pour Tenchainement logique des idées, la force du raisonnement. C'est dans la pratique seulement que les détails peuvent être regrettables ; mais je crois que c'est précisément quand on s'est appliqué à ne pas les négliger dans le premier cas, que l'on s'en affranchit avec le plus d'à-propos dans le second.

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