I. Inscr. gr. Sic. et Itnl., n
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]\I. Dietericlî a très bien interprété ces vers. L'unie est félicitée d'avoir passé par l'expiation définitive, celle qui ne lui impose plus, comme les précédentes, l'obligation de reprendre un corps. On voit que la peine purifie; le châtiment, pour qui sait comprendre sa vraie nature, est un bienfait, un passage douloureux à l'innocence reconquise et à la félicité.
On reconnaît ici le germe de la doctrine développée avec tant de force et d'éloquence dans le Gorgias de Platon. Le philosophe établit que faire le mal est un malheur ; le faire impunément, un malheur plus grand encore; enfin, qu'il vaut mieux pourThomme subir la peine de ses fautes que de ne pas les expier. Si rOrphisme s'est élevé à des conceptions pareilles, il faut sans doute y reconnaître l'influence de l'école de Pylhagore.
Faut-il attribuer à la même influence la doctrine de la métempsycose ? Cela est assez vraisemblable; d'après une tradition très répandue dans l'antiquité, Pythagore le premier enseigna cette doctrine parmi les Grecs. Cependant l'Orphisme et le Pythagorisme se sont pénétrés de si bonne heure, qu'il est malaisé de faire le départ des éléments et de déterminer les apports. Que l'àme passe successivement par toutes sortes de corps, soit d'homme, soit de botes, cette croyance ne répugne pas à l'esprit humain autant
LA CROYANCE A L IIVIMORTALITE DE L AME. 4d
que nous sommes aujourd'hui disposés à le penser ; on l'a trouvée chez un grand nombre de peuples. Mais il n'y en a pas de trace en Grèce avant la seconde moi lié du vi" siècle, et Ton a posé la question de savoir où les Grecs l'avaient prise. M. Rohde estime qu'elle fut importée de Thrace avec le culte fanatique de Dionysos ; M. Gomperz, dans une remarquable Histoire de la philosophie antique ', dont il n'a encore donné que les trois premiers fascicules, émet l'hypothèse que cette doctrine est venue aux Grecs du fond de l'Inde par une infiltration latente. L'opinion la plus ancienne, celle d'Hérodote, qui croyait la métempsycose empruntée aux Égyptiens, n'a plus guère de partisans aujourd'hui. C'est que la science n'a pas, jusqu'ici, découvert cette doctrine dans les vieux documents égyptiens. La faculté, attribuée à des êtres privilégiés, de prendre toutes sortes de formes ou d'apparences, n'est pas la migration des âmes. Les Grecs l'admettaient depuis longtemps. Les métamorphoses passagères, fréquentes dans les poèmes homériques, y sont réservées aux dieux ; la mythologie grecque accordait le même don à des mortels : exemple, le Périclyménos des Catalogues hésiodiqucs -. Ajoutez les fables connues de Progné, de Philomèle, d'Arachné, de Daphné et de tant d'autres femmes changées en oiseaux ou en arbres. Ces derniers confesse rapprochent déjà de la métempsycose et pouvaient y préparer l'imagination des Hellènes. Les systèmes des philosophes