Hélène, 865-S
LA CROYANCE A L'iMMORTALITÉ DE l'aME. 43
lure qu'un pied impie aura pu y laisser. Quel luxe de lustralions, quelles précautions infinies pour ne pas exposer sa sainle personne! Ce ne sont cependant pas de vaines simagrées. Elle reste chaste et vierge sans forfanterie : si elle ne cède pas à Cypris, loin de la braver, comme Hippolyte, elle supplie la déesse de lui être propice, et elle croit rendre service à son frère en desservant sa passion et en l'empêchant malgré lui de commettre une mauvaise action. Il y a loin de l'Idothéa homérique, celte bonne fille de Protée, compatissante au malheur d'un bel étranger, au personnage créé par Euripide, à la vierge inspirée, qui rappelle les grandes Pythagoriciennes de la famille des Diotima. Chez elle la pureté morale s'associe aux purifications extérieures; parmi les Orphiques, il y avait, sans doute, suivant le proverbe, beaucoup de Ihyrsophores, mais peu de vrais bacchants dignes du dieu.
Si la dévotion, les pratiques, les purifications et les abstinences étaient des titres à la délivrance et au salut, il faut ajouter qu'on y arrivait grâce à des peines salutaires. Sur une autre feuille d'or ', on lit ces paroles de bienvenue adressées à une âme délivrée : « Salut ! réjouis-toi d'avoir subi la souffrance que tu n'avais pas encore subie. De mortel que tu étais, tu es devenue dieu, chevreau tombé dans le lait. Salut I joie! prends la route de droite vers les prés et les bois sacrés de Perséphone. »