‹ Études sur l'antiquité grecqueChapitre 104 sur 121 · LES IIERMOCOPIDES ET LE PEUPLE D ATHENES · texte numérisé non relu

LES IIERMOCOPIDES ET LE PEUPLE D ATHENES

les procès de Socrate, d'Anaxagore, de Diagoras de Mélos, de Protagoras, enfin la condamnation à mort d'une femme qui initiait à des cultes étrangers, la prêtresse Ninos, dont le nom doit être rétabli dans le texte ^ Tous les renseignements fournis ici par l'historien juif sont des plus exacts et puisés aux meilleures sources; on remarquera d'autant plus l'omission du procès des Hermocopides. Le témoignage de Cornélius Népos est plus direct : en parlant de la mutilation des Hermès et de la profanation des mystères d'Eleusis, il dit positivement -.hlque non ad veligionem sed ad conjurationem pertinere existimabalur '.

Les vieilles images d'Hermès, très nombreuses dans Athènes, avaient été toutes, ou presque toutes, outrageusement mutilées en une seule nuit. Le fait était extraordinaire, il semblait évident que plusieurs personnes y avaient concouru en obéissant à un mot d'ordre. Mais les auteurs du méfait étaient inconnus, le peuple soupçonnait un complot politique, une conspiration des oligarques pour renverser la démocratie. Pourquoi ces soupçons, quel lien peut-il y avoir entre un acte sacrilège et une conspiration politique? Voilà ce qui a intrigué nos historiens modernes. Thirhvall avouait sa perplexité : « Nous voyons,

1. Josèphe, Contre Apion, II, ch. xxxvii. 11 faut écrire : Nt'vov -{ap Tr,v îÉpciav àTir/.Tîtvav. La leçon des manuscrits vjv yâp, qui impliquerait une allusion inadmissible à un l'ait contemporain de Josèphe, est encore reproduite dans l'excellente édition de B. Niese (1889). Quanta Ninos, cf. Démosthène, Contre Bœotos, I, 2 ; II, 9 ; Ambassade, 2S1, avec la scholie ; Denys d'Halicarnasse,-Dmarque, XI.

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