‹ Études sur l'antiquité grecqueChapitre 105 sur 121 · Vie d'Alcibiade, ch. m · texte numérisé non relu

Vie d'Alcibiade, ch. m

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écrivail-il, si peu de connexion entre des actes d'une impiété audacieuse et des desseins contre l'Etat, que nous avons de la peine à comprendre comment ils ont pu être associés ensemble, comme ils l'étaient dans l'esprit des Athéniens. » Et il ajoutait : « Il se peut que la difficulté ait, non sans raison, paru beaucoup moindre aux contemporains d'Alcibiade, qui étaient plutôt disposés parleurs conceptions de la religion à les regarder comme inséparables. » Grote cherche à préciser ces « conceptions ». Suivant lui, les Athéniens, en voyant une dévastation aussi générale, <( durent croire que^la ville avait été, pour ainsi dire, dépouillée de ses dieux ; or, c'est de la protection des dieux que dépendait toute leur constitution politique; ils tirèrent donc de la mutilation des Hermès la conclusion, non moins naturelle que terrifiante, qu'un grave malheur public menaçait la ville et que la constitution politique à laquelle ils étaient attachés était dans un danger imminent d'être renversée ^ ».

J'estime que la plupart des lecteurs ne comprendront pas trop en quoi cette conclusion pouvait être naturelle. M. Duruy explique les choses par l'affolement du peuple : « La ville sembla aux dévots menacée de grands malheurs... On répétait que les briseurs des saintes images, les profanateurs des mystères respecteraient moins encore le gouvernement que les dieux ^ « Les historiens allemands ne nous don-

1. Grote, V, page 147, du X, page 132, de la traduction française. On y trouve aussi la citation tirée de Thirhvall.

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