‹ Études sur l'antiquité grecqueChapitre 106 sur 121 · Histoire des Grecs, II, p · texte numérisé non relu

Histoire des Grecs, II, p

LES HERMOCOPIDES ET LE PEUPLE d'aTHÈNES. 285

nent pas plus de lumière : i^ La foule, dit M. G. Gilbert, considérait ce méfait comme le symptôme d'une conjuration contre la démocratie », parce qu'elle flairait partout des conspirations oligarchiques sur les moindres indices'. « Symptômes », c'est bien vague. L'explication de Curtius ne l'est pas moins. Les Athéniens, dit-il, étaient froissés dans leurs sentiments religieux, les esprits étaient montés contre les auteurs du sacrilège nocturne : « De pareils hommes, pensait-on, ne respecteraient rien de ce qui était constitué dans l'État ou consacré par la loi et les coutumes *. » L'auteur de l'histoire grecque la plus récente, M. Adolphe Holm, ne trouve rien de plus satisfaisant à dire. A l'entendre, l'excitation des Athéniens s'était exallée jusqu'au paroxysme : « Des hommes qui outrageaient impunément la religion ne pourraient-ils conspirer avec autant de succès contre la sûreté de l'État et contre la démocratie?^ »

Voilà un beau raisonnement, et si les Athéniens n'avaient pas de meilleure raison pour soupçonner une conspiration contre l'ordre de choses établi, ils avaient en effet perdu la raison, et se trouvaient dans un état de paroxysme voisin de la folie. Il y a longtemps que Roscher avait senti le vide de toutes ces explications qui n'expliquent rien : il supposait que le parti aristocratique haïssait l'Hermès plébéien *.

1. G. Gilbert : Beilrœtje zur inneren Geschichte Athens im Zeitalter des peloponnesischen Kriejes, p. 252.

2. Ciirlius : Histoire (jrecque, traduction française, III, page 331.

3. Ilolm : Griechische Geschichte, II, p. 535. [Depuis, M. Holm s'est rangé à notre explication.]

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