Roscher : Thukydides, p
Malheureusement, la supposition est gratuite, et, fût' elle fondée, elle laisserait subsister l'énigme d'une inconcevable folie, non plus, il est vrai, de la part du peuple, mais de celle des conspirateurs qui, de gaieté de cœur, auraient dénoncé eux-mêmes leurs aspirations secrètes.
Thucydide, sans se prononcer positivement sur les intentions des auteurs du délit, ne traite cependant pas les inquiétudes du peuple d'Athènes d'extravagantes ; il les indique en quelques mots, mais ces mots sont infiniment plus clairs et plus précis que les dissertations des historiens modernes. Il ne dit pas que les Athéniens, se voyant privés de leurs dieux protecteurs, tremblaient pour leur ville et pour leur constitution politique ; il ne leur prête pas non plus le raisonnement que les profanateurs des choses sacrées seraient capables d'attenter aux institutions établies ; il s'exprime très positivement. On prétendait, dit-il, que les Hermès avaient étaient mutilés pour renverser la démocratie, âm ty, toù oY|[xou xarx- A'jGti '. Cette locution ne désigne pas une relation vague entre le sacrilège et le complot politique, mais une intention précise et un but directement visé. C'est ainsi qu'un orateur dit chez Thucydide que les Athéniens prirent le commandement des Hellènes sous couleur de châtier le jNIède et prendre la revanche de l'invasion de Xerxès, u; ÊTtt toO M/jOou Ttpopia"-. Le sacrilège doit donc servir à un but politique. Les auteurs du sacrilège y avaient