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giqiie, le texte du discours, établi et complété d'après ses vues, avec sa traduction, son commentaire et les excellentes observations et corrections de MM. Blass et Diels. Pour ce qui est de la leçon du papyrus, j'ai contrôlé au Louvre beaucoup d'endroits qui me laissaient des doutes, et M. Théodore Reinach a fait une nouvelle copie du manuscrit tout entier. C'est sur cette copie et mes collations partielles que reposent la présente édition et la traduction française qui l'accompagne. [.Je supprime ici le texte et les notes critiques, l'édition de Blass, qui a paru depuis, étant dans toutes les mains. J'ai profité des nouvelles collations de ce savant et de quelques-uns de ses suppléments pour la traduction du discours.]
Comme l'exorde et la première partie de la narration n'existent plus, il convient d'exposer en quelques mots la cause, telle que nous la comprenons. Le client, à l'usage duquel Hypéride avait écrit ce discours, est un homme simple, un campagnard, qui, par inexpérience des affaires et pour satisfaire une aveugle passion, s'est laissé persuader de signer un contrat rédigé par le défendeur avec autant d'habileté que de mauvaise foi. Ce dernier avait un commerce de parfumerie, qu'il faisait gérer par son esclave Midas. Le commerce marchait mal, le passif dépassait l'actif et cela de beaucoup. Il voulait s'en défaire avantageusement, trouver un acquéreur assez simple pour prendre à son compte une mauvaise affaire, non contre indemnité, mais en payant luimême une somme ronde. Il trouva dans le demandeur une dupe facile à jouer, et il avait, pour le seconder
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dans ce jeu, un compère des plus habiles, sa maîtresse Anligona. C'était une courtisane, une hètère, et la désinence de son nom, partout conservée dans le plaidoyer, indique qu'elle n'était pas d'Athènes, mais d'un pays dorien, peut-être de Corinthe. En son temps, elle avait été une femme extrêmement dangereuse ; sur le retour de l'âge, elle se mit à élever de jeunes beautés dans sa maison, et dans ce nouveau métier elle montra la même virtuosité, la même adresse malfaisante : plus d'un fils de famille fut ruiné par elle. La courtisane émérite assiste Athénogène, lui amène et lui livre la proie. On entrevoit qu'elle avait pris notre plaideur dans ses filets en feignant de s'intéresser à lui et de favoriser la passion qui l'aveuglait. Quel était l'objet de cette passion ? La vieille Antigona elle-même? il n'y a pas d'apparence. Une des jeunes esclaves qu'elle exploitait? rien ne l'indique. 11 faut croire à un de ces amours dont il y avait alors tant d'exemples dans Athènes, et que l'opinion publique ne flétrissait pas : le client d'Hypéride s'était épris de l'un des deux fils de l'esclave Midas. L'idée en était venue à M. Th. Reinach, et l'étude du texte m'a convaincu qu'il avait raison. J'ai pu, en suivant cette piste, compléter avec assez d'évidence deux passages mutilés'. Notre homme voulait acheter le jeune esclave ou payer sa mise en liberté; il voulait, avant tout et à tout prix, avoir l'enfant à lui. C'est par là que les deux larrons le tenaient, et ils jouèrent si bien leurs rôles, l'un fai-