Cf. § 4 et
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« Je ne suis point parfumeur et je n'exerce pas XII d'autre industrie urbaine, mais je cultive le champ 26 que mon père ma donné pour ma subsistance'. Pourquoi donc, épris de l'enl'ant, me suis-je laissé entraîner à les acheter tous? Est-il à croire, Athénogène, que j'aie, moi, désiré ton industrie, dont je n'ai aucune expérience? ou bien que toi et ta maîtresse, vous ayez convoité mon argent ? Quant à moi, je crois que vous prononceriez équitablement, ô juges, en me déchargeant des dettes
[que les maux d'une obligation contractée] retombas- '-27 sent tous sur moi, et que les profits de la fourberie
fussent pour lui Et Midas qu'il assure avoir
cédé malgré lui Quant à l'enfant, il prétend tantôt me l'avoir offert gratuitement Acquitter par 28
votre sentence Être privé des droits civiques -
par Athénogène serait affreux pour moi, citoyens juges
(Il paraît que le plaideur résumait ici ses principaux griefs et demandait aux juges de ne pas acquitter Athénogène, en se servant de considérations qu'il reprendra avec plus d'insistance, après l'examen de la vie publique du défendeur, dans la péroraison définitive.) XIV
« Dans la guerre contre Philippe, peu de temps 29 avant la bataille, il quitta la ville, et, au lieu de com-
1. On doit supposer que le père du plaideur vivait encore. Autrement, Hypéride aurait écrit v.ix-zilnzBv , et non eSw/.ôv.
2. lxzl\>.]la<ir^vol.^. La YpacfJi èEo-jlrji;, intentée à la suite du présent procès, pouvait entraîner l'atimie du débiteur insolvable.
304 KTUDES SUR l'aNTIQUITK GRECQUE.
batlre avec vous à Chéronée, il émigra à Trézène, en dépit de la loi qui vcul que le déserteur émigré puisse, à son retour, être dénoncé et traîné en justice. En se conduisant ainsi, il pensait, apparemment, que la ville de Trézène survivrait, mais que la vôtre était condamnée à périr. Quant à ses filles, il ne les établit pas chez vous, il ne voulut point qu'elles élevassent des enfants dans noire pays, mais il les maria à l'étranger. De retour
XV *' Après avoir ainsi violé le pacte qui nous lie tous envers la cité, il insiste sur son pacte privé avec moi, comme si l'on pouvait faire crojire à personne qu'un homme qui ne tient nul compte de ses devoirs envers
3) vous se soucierait de justice envers moi. Voyez plutôt comme ce méchant homme est partout le même. Quand il était venu à Trézène et que les Trézéniens lui eurent donné droit de cité chez eux, il se prosterna devant Mnésias d'Argos et, après avoir obtenu de lui le gouvernement de Trézène, il expulsa les citoyens, comme ils vous en témoigneront euxmêmes : car c'est ici qu'ils vivent en exil. Et vous, ô juges, vous avez accUeilh ces exilés, vous leur avez donné droit de cité chez vous, vous les avez fait participer à tous vos avantages. Vous vous souvîntes après plus de cent cinquante ans du service qu'ils vous avaient rendu lors de l'invasion du Barbare S et
1. Quand les Athéniens durent abandonner leur ville avant la bataille de Salamine, ceux de Trézène offrirent une généreuse hospitalité à leurs femmes et à leurs enfants (cf. Hérodote, VIII, 11; Plutarque, Thé mis Iode, 10). Ces faits se placent en 480 ; le présent procès fut donc plaidé après 330.
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VOUS pensâtes que ceux qui vous avaient assistés dans le péril devaient, dans leur misère, être soulagés par vous. Ce misérable, au contraire, qui vous abandonna •^"et se fît inscrire à Trézène, n'y tint pas plus de compte de la constitution ni du peuple de la ville, mais traita si rudement les hommes du pays qui ^^ I
l'avait accueilli que Et à preuve que je dis la 33
vérité, le greffier a'ous lira, en premier lieu, la loi qui défend aux métèques d'émigrer pendant la guerre \ ensuite la déposition des Trézéniens, enfin le décret public que les Trézéniens rendirent en faveur de votre ville, et à cause duquel vous les avez accueillis et leur avez donné droit de cité. Lis.