II, TD-Te
4. Tel est le sens de xpt'oSoç, Gortj., p. 424 a. Dielerich (p. 120) s'y est trompé.
des récompenses et des peines. Des marques servent à indiquer ces degrés ; elles sont attachées aux bons par devant, aux méchants sur le dos. Rien de plus populaire que ce symbolisme. Quant aux peines, elles finiront pour les uns et dureront éternellement pour les autres ; les premières doivent purifier, amender, ceux qui les subissent ; les secondes, méritées par desfautesirrémissibles, serventd'exemplesefîrayants. Cette distinction, qui répond au purgatoire et à Tenfer, n'est pas l'invention de Platon. On se souvient d'Ixion, dont le châtiment et les paroles donnent, d'après Pindare*, une leçon aux mortels. Ce qui appartient plus particulièrement à Platon, c'est que les criminels incurables se recrutent surtout parmi les tjTans, les puissants, les heureux de ce monde. Lui aussi est d'avis qu'un riche entre difficilement en paradis. Aux catégories de damnés répondent les catégories d'élus, distinction qui doit remonter aussi à quelque poème orphique, puisqu'elle se retrouve chez Pindare et qu'elle tient à la doctrine de la migration des âmes. On a vu dans Pindare des hommes, jugés dignes de la félicité suprême, passer de l'Elysée souterrain aux îles Fortunées; c'étaient les héros, les rois illustres, les athlètes, les grandspoètes. Platon réserve la félicité finale aux âmes purifiées et éclairées par la philosophie, et comme ses élus du premier degré vivent dans un séjour qui répond aux îles Fortunées, il fait monter les plus parfaits aux régions supracélestes.