‹ Études sur l'antiquité grecqueChapitre 26 sur 121 · Homère, OJ., XI, 7s · texte numérisé non relu

Homère, OJ., XI, 7s

2. Alhen. MiLtheil., 1892, p. 272 :... TOiyàp, ôo-ot Bpo<ji.iw Jla:piri xz vÉot jj.îu.ÉXv'iaÔE, I S£'JÔtJ.£vov yîoàwv [iï) Tiapavcïo-Ôî xisov" | à/.).à •jîapa(TT£''y ovTS; 7] toÙ'vo(j.x /.Astvbv ôfiapTr; | pwTrpîîT' r, paôtvài; <7u;j.7ra'raY£iTïxÉpaç. — IlpoTEvvsTrw Stpi-wva xaltiixcâ xpÔTw. Vers cités par Rhode, p. 635.

K\ CROYANCi: A l/niMORTALITÉ DE l'aME. 79"

Un fait connu indique mieux que tout le reste qu'aux plus beaux siècles de leur histoire les Grecs n'avaient pas grande opinion du bonheur dont pourraient jouir les ombres. Le culte était alors religieusement observé, la famille accomplissait scrupuleusement tous les rites dans le cas même où la cité adoptait les défunts et les ensevelissait sous des monuments publics; et cependant, en ces occasions, les orateurs chargés de faire l'éloge des citoyens morts pour la patrie, quand ils adressaient des consolations aux familles en deuil, ne faisaient aucune allusion ni à un revoir, ni à une félicité d'outre-tombe. L'immortalité qu'ils promettent aux victimes de la guerre est celle du nom, de la gloire, du souvenir de la postérité. Toutes les oraisons funèbres, sauf une, à laquelle nous reviendrons plus bas, s'accordent sur ce point. Platon lui-même, dans son Ménexène, ne perd guère de vue le monde des vivants' ; c'est que, tout en donnant un modèle du genre, il veut se conformer aux traditions oratoires, qui répondent aux croyances de la majorité. Or, ces croyances étaient dominées par le tableau qu'Homère avait tracé de l'Hadès. Aucune autorité, aucune influence ne pouvait le disputer à l'influence et à l'autorité d'un poète dont les enfants apprenaient les vers, qui présidait à l'éducation delà jeunesse, dont tous les âges se nourrissaient et qui était devenu comme la Bible de la nation. Aussi les idées d'Homère s'étaient-elles emparées de tous les esprits, ses peintures étaient-elles présentes

1. On ne peut citer que p. 2 16 d : Tw Totojto) o-j^î rtvà àvôpwTrwv O'jTc Oïoiv oO.ov Eivat o'jt' eti\ yf,; ov6' ûuo yoç -£ÀcUTr|(Tav7t.

à toutes les imaginations. Tous les héros et toutes les héroïnes tragiques se souviennent des paroles de Tombre d'Achille ûansV Odyssée ei disenten mourant un mélancolique adieu à la lumière du jour. Sans doute, il y aura quelque douceur à retrouver des amis dont on partagera la terne existence. Les ombres ne se réunissent-elles pas dans la prairie des asphodèles? Antigone sera bien accueillie par des parents qu'elle a pieusement ensevelis. Œdipe s'est condamné à être aveugle pour ne pas voir, vivant, ses enfants, fruits de l'adultère, ni, après la mort, un père et une mère qu'il ne pourrait regarder sans se faire horreur à lui-même*. Glytemnestre lance au cadavre d'Agamemnon ce sarcasme, qu'Iphigénie s'empressera sans doute d'embrasser sur les bords de l'Achéron un père aussi tendre ^ Admète dit à sa femme mourante de préparer sous terre la maison où ils demeureront un jour ensemble ^ Plus passionnés étaient les amants dont parle Platon, qui se donnèrent la mort pour rejoindre plus promptement l'objet aimé. Socrate enfinrestetout à faitdansladonnéehomérique quand, causant avec ses juges après sa condamnation, il se promet un grand plaisir à causer dans l'Hadès avec Palamède et d'autres victimes de l'injustice des hommes*. Il ne faut pas s'y tromper; une affreuse tristesse n'en règne pas moins dans le séjour des ombres, et l'amant qui y descend volontairement fait

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