Platon, Bép., I, ch. v
LA CROYANCE A l'iMMORTALITÉ DK l'aME. 83
des preuves, une connaissance acquise {emaTr^ix-ri) . Des allusions aux chàtimenls d outre-tombe se trouvent jusque dans les plaidoyers politiques, ce qui achève de montrer combien les imaginations en étaient obsédées. Démosthène dit qu'il faut condamner à mort l'auteur d'une loi détestable, afin qu'il donne celte loi aux impies dans les Enfers'. Ailleurs, il présume qu'un vil sycophante sera un jour précipité par les dieux infernaux dans le lieu où sont les impies ^ Les supplices infligés aux ombres des criminels étaient un sujet familier aux peintres, comme on le voit par ce dernier passage et mieux encore par quelques vers des Captifs de Plante, comédie imitée d'un original grec ". Longtemps avant d'être exalté par Lucrèce, Épicure s'était proclamé lui-même le bienfaiteur du genre humain, pour l'avoir délivré de ces vaines terreurs. Ces terreurs avaient donc de son temps une grande prise sur les esprits. On dirait que les récompenses dues aux bons sont la contre-partie obligée du supplice des méchants; mais, en dehors des mystères, le peuple ne semble pas avoir eu une idée bien nette ni bien haute d'une félicité qui se conciliait mal avec l'image qu'il se faisait du sombre séjour. La dernière en date des oraisons funèbres athéniennes, celle d'Hypéride, exprime à cet égard une espérance discrète. Après avoir raisonné dans l'hypothèse de ceux qui croyaient
1. Démosthène, Timocrate, § 105. Cf. Hymne hoinêr. à Hermès, V. 259.