Lysias, Contre Eralosthène
LA CROYANCIE A r'iMMOnTALlïÉ DK l'aME . 85
que moi ^ » On se souvient des petites images ailées si souvent représentées sur les monuments. Des revenants plus incommodes erraient parmi les vivants faute d'avoir été ensevelis d'après les rites. On les apaisait en leur donnant la sépulture. Faut-il croire que, de bonne heure déjà, on croyait à la possibilité de soulager d'autres âmes en peine, de délivrer, par la vertu de certains sacrifices, celles qui étaient torturées dans l'Hadès pour des crimes commis sur terre? L'orphisme charlatan aurait spéculé sur cette croyance, s'il fallait s'en tenir à l'interprétation usuelle d'un passage de Platon ^ J'ai peine à le croire : cela est trop isolé, et l'on ne voit rien de pareil chez les autres auteurs anciens ^ .le pense que ce passage peut s'entendre autrement. On y lit que certaines pratiques peuvent affranchir du châtiment les vivants et les morts*, ce qui veut dire, si je ne m'abuse, qu'ils peuvent faire que des méfaits ne soient punis par les dieux ni dans cette vie ni après la mort. Mais il est vrai qu'à la crainte de la mort, sentiment naturel à l'homme, s'ajoutaient des terreurs superstitieuses, qui allaient en augmentant depuis la fin du iv" siècle. La faiblesse d'esprit gagne de plus en plus. Cepen-
1. Euripide, Oresle, C7i : "Q uarpô; rj\j.-xi[j.z Ôôis, xbv y.a-rà /9ovb; I Trapôvr' ày.o-jîiv TâSs ôôy.et, 7roTW[ji£vr|V | •h'oyj^v itnep cto-j,